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RÉACTIONS DES MOUVEMENTS DE L’AILE SUR LE CORPS DE

l’oiseau.

Réactions des mouvements de l’aile. — Réactions verticales chez différentes espèces; réactions horizontales ou changements de vitesse du vol; étude simultanée des deux ordres de réactions. — Théorie du vol de l’oiseau. — Partie passive et partie active de l’aile. — Reproduction du mécanisme du vol de l’oiseau.

Pour suivre, dans l’étude du vol de l’oiseau, le plan qui a guidé nos recherches sur les autres modes de la locomotion, nous devons déterminer quels sont les effets qui se produisent, à titre de réactions sur le corps de l’animal, à chacun des mouvements de ses ailes.

Deux effets distincts sont produits pendant le vol : d’une part, l’oiseau est soutenu contre la pesanteur; d’autre part, il est soumis à une force propulsive qui le transporte d’un lieu à un autre. Mais l’oiseau soutenu dans les airs y gardet-il un niveau sensiblement constant, ou bien subit-il des oscillations dans le plan vertical? N’éprouve-t-il pas, par l’effet intermittent du battement de ses ailes, une série de remontées et de descentes dont l’œil ne saurait saisir la fréquence ni l’étendue? — D’autre part, dans son transport horizontal, 1 oiseau n’est-il pas animé d’une vitesse variable? Ne trouvet-il pas dans l’action de ses ailes une série d’impulsions qui donnent à son transport un mouvement saccadé?

Ces questions peuvent être résolues expérimentalement, et voici de quelle manière :

Puisque nous disposons d’un moyen qui permet d’envoyer à distance et d’écrire des mouvements, lorsque ceux-ci produisent une pression sur la membrane d’un tambour plein d’air, il faut chercher à ramener les mouvements que nous voulons connaître à une pression de ce genre.

Il faut que les oscillations que l’oiseau peut exécuter dans e plan vertical produisent, sur la membrane d’un tambour, des pressions alternativement fortes ou faibles, suivant que oiseau monte ou descend. La même marche devra être suivie dans la recherche des variations de la vitesse horizontale.

Pour les réactions verticales^ la question a déjà été résolue, à propos de la locomotion terrestre, au moyen de l’appareil représenté fig. 28; une légère modification permettra d’employer la même méthode pour chercher s’il se produit des oscillations verticales pendant le vol.

Fig. 112. — Appareil destiné à transmettre à l’enregistreur toutes les oscillations verticales de l’oiseau.

La fig. 112 montre la disposition que nous avons adoptée. La masse de plomb est directement appliquée sur la membrane ; un grillage protège la face supérieure de l’appareil contre les frottements des plumes de l’aile qui, sans cette précaution, altèrent quelquefois la forme du tracé.

Après s’être assuré que l’appareil transmet fidèlement les mouvements qui lui sont communiqués, on le met en rapport, par un long tube, avec l’enregistreur et on l’applique sur le dos d’un oiseau qu’on laisse s’envoler.

Des expériences faites sur différentes espèces : pigeon, canard, buse, busard, chouette, ont montré qu’il existe des

le vol. — Ligne 3, oscillations du busard. — Ligne 4, chouette effraie. — Ligne 5, buse.

types très-variés du vol, au point de vue de l’intensité des oscillations dans le plan vertical.

La figure 113 montre les tracés fournis par ces différentes espèces d’oiseaux. Tous ces tracés, recueillis sur un cylindre qui tourne avec une vitesse constante, et rapportés à un diapason chronographe de 60 vibrations par seconde, permettent d’apprécier la durée absolue et la durée relative des oscillations du vol chez ces différents oiseaux.

Il ressort de cette figure, que la fréquence et l’amplitude des oscillations verticales varient beaucoup suivant l’espèce d’oiseau qu’on étudie. Pour mieux faire connaître la cause de chacun de ces mouvements, enregistrons en même temps les oscillations verticales de l’oiseau et l’action des muscles de l’aile. Si l’on fait cette double expérience sur deux oiseaux très-différents entre eux par leur manière de voler, tels que le canard sauvage et la buse, on obtient les tracés représentés figure 114.

Fig. H4. — Dans la moitié supérieure, on voit, superposés : le tracé musculaire (Voyez p. 242) et celui des oscillalions verticales chez un canard sauvage. Au-dessous de l’ondulation a, qui signale l’élévation de l’aile, on voit une oscillation verticale; oû en voit une autre au-dessous de b, tracé de l’abaisseur de l’aile. — Dans la moitié inférieure de la ûgure, sont les tracés recueillis sur une buse ; l’oscillation qui se trouve en a, et correspond à l’élévation do l’aile, est moins marquée que chez le canard.

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