RÉACTIONS DU \OL
seau. C’est une preuve, puisque les indications de la courbe sont inverses du mouvement réel, que l’oiseau, à ce moment, se portait en arrière, ou du moins ralentissait sa vitesse.
Cette figure résume donc tout ce que les expériences pré- ^ cédentes nous ont appris sur les mouvements de l’oiseau dans l’espace. On y voit que l’animal exécute, à chaque révolution de son aile, deux montées suivies de descentes ; que ces oscillations sont inégales : la grande, comme on sait, correspond à l’abaissement de l’aile, la petite à son élévation. On voit, enfin, que l’ascension exécutée par l’oiseau pendant la remontée de l’aile , s’accompagne de ralentissement de sa vitesse, ce qui justifie la théorie par laquelle cette remontée a été considérée comme faite aux dépens de la vitesse acquise par l’oiseau.
Mais ce n’est pas tout ; la figure 115 nous fait voir encore que les mouvements de l’oiseau ne sont pas les mêmes au commencement qu’à la fin du vol. Nous avons déjà vu (fig. 95 et 100 que les coups d’ailes, au départ, sont plus étendus ; nous voyons ici qu’au départ, c’est-à-dire à gauche de la figure, les oscillations produites par la descente de l’aile sont aussi plus étendues. Mais la théorie fait prévoir que l’oscillation de la remontée de l’aile étant empruntée à la vitesse de l’oiseau doit être très-faible au début du vol, quand l’oiseau n’a encore que peu de vitesse. La figure nous montre que c’est bien ainsi que les choses se passent et qu’au début du vol, la secondé oscillation de l’aile (celle qui forme la boucle) est très-peu prononcée.
Nous voici donc en possession des notions principales sur lesquelles peut s’établir la théorie mécanique du vol. D’après toutes ces expériences, c’est pendant la descente de l’aile que se crée tout entière la force motrice qui soutient et dirige l’oiseau dans l’espace.
Théorie duvol de V oiseau, — Sur ce sujet, comme sur tous ceux qui ont beaucoup prêté à la discussion, presque tout a été dit ; de sorte qu’il ne faut pas s’attendre à voir sortir des expériences qu’on vient de lire une théorie entièrement neuve. C’est dans Borelli qu’on trouve la première idée juste
sur le mécanisme du vol de l'oiseau. L’aile, dit cet auteur, agit sur l’air comme un coin. En développant la pensée du savant physiologiste de Naples, on dirait aujourd’hui que l’aile de l’oiseau agit sur l’air à la façon d’un plan incliné, pour produire contre cette résistance une réaction qui pousse le corps de l’animal en haut et en avant. Confirmée par Strauss-Durkheim, cette théorie a été complétée par Liais qui signale une double action de l’aile : d’abord celle qui, dans la phase d’abaissement de cet organe, soulève l’oiseau en lui imprimant une impulsion en avant ; ensuite faction de f aile remontante qui s’oriente à la façon d’un cerf volant et soutient le corps de foiseau en attendant le coup d’aile qui va suivre.
On nous a reproché d’aboutir à une théorie dont l’origine remonte à plus de deux siècles ; nous préférons de beaucoup une ancienne vérité à la plus neuve des erreurs, aussi nous permettra-t-on de rendre au génie de Borelli la justice qui lui est due, en ne réclamant pour nous que le mérite d’avoir fourni la démonstration expérimentale d’une vérité déjà soupçonnée.
Mais les théories sommaires qui avaient été émises jusqu’ici négligeaient bien des points importants que l’expérience révèle et que nous allons essayer de faire ressortir.
Ainsi, l’orientation du plan de faile avait besoin d’être connue à chaque instant du vol pour expliquer les réactions qui tendent toujours à soulever le corps de foiseau, tantôt en accélérant la vitesse de son vol, tantôt en la ralentissant (1). La fig. 111 a montré ces changements de plan.
1. Nous devons faire remarquer au lecteur que les inclinaisons représentées fig. 111, sont relatives à une ligne qui probablement n’est point horizontale pendant le vol. En effet cette ligne ne correspond point à ! l’axe du corps de l’oiseau, car l’animal suspendu au manège par un corset placé en arrière de ses ailes avait son centre de gravité en avant du point de suspension, ce qui le tenait un peu penché la tête en bas. Dans le vol libre, au contraire, l’axe du corps de l’oiseau est horizontal, sinon relevé de l’avant. Ramenée à cette position réelle, la figure 111 présenterait une nouvelle direction pour chacune des positions de l’aile qui toutes changeraient d’un même nombre de degrés. Alors, probaÙement, on verrait que l’aile présente toujours à l'air sa face