Méthode graphique, p
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lui présente sa résistance d’inertie. La réalité de ce fait peut être démontrée de diverses manières.
Un appareil mécanique actionnant une paire d’ailes à la façon d’un oiseau et dépensant à ce travail une force constante, donne aux ailes des mouvements d’une grande amplitude si l’appareil est immobile, d’une plus faible amplitude
si l’appareil est animé d’une translation. Cette diminution . d’amplitude lorsque la force motrice reste la même ne peut s’expliquer que par une augmentation de la résistance de l’air, sous l’influence de la translation de l’appareil.
D’autre part, un même ressort tendu provoquant l’abaisse-
ment d’une paire d’ailes mécaniques, le temps d’abaissement de ces ailes sera de 1/3 de seconde si l’appareil n’est pas animé de translation ; il sera de plus de 1/2 seconde avec une translation de 3 mètres par seconde; d’une seconde entière pour une translation de 5 mètres 50, etc.
La figure 132 représente 6 séries d’expériences graphiques dans lesquelles la durée d’abaissement de l’aile par un même ressort est mesurée au chronographe électrique d’après la longueur de la phase où la ligne a occupe un niveau élevé ; cette durée se rapporte à celle qui correspond à une seconde, représentée au bas de la figure. Dans chaque série, la ligne inférieure h exprime par ses inflexions le nombre d’unités de chemin parcourues. On voit que pendant l’absence de toute translation (ligne supérieure), l’abaissement de Faile est très bref et que dans les lignes suivantes, à mesure que la translation est plus rapide, la durée de l’abaissement de l’aile s’accroît. Dans toutes les expériences, c’était la détente d’un même ressort qui produisait l’abaissement de l’aile.
L’influence du vent est identique à celle de la translation, c’est pourquoi les oiseaux qui s’envolent s’orientent autant que possible pour se diriger contre le vent L
Enfin, la photographie instantanée traduit en quelque sorte d’une manière visible la résistance de Tair sous faile de l’oiseau en montrant que, pendant la phase d’abaissement des ailes, les pennes s’incurvent fortement de bas en haut par l’effet de cette résistance.
La nécessité d’une vive lumière pour analyser photogi aphiquement les mouvements rapides retarde beaucoup les expériences que nous nous proposons de faire sur le mécanisme du vol. Il nous sera peut-être nécessaire d’aller chercher dans un autre climat une lumière intense qui s’observe si rarement dans notre pays.
Les exemples qui précèdent ont pour but de montrer que la mécanique animale entre dans une phase nouvelle, que
1. Travaux du Laboratoire dJQJiQt, p. 215 à 253). Paris, G. Masson, 1875.
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les hypothèses, autrefois trop nombreuses quand les moyens d’observation étaient insuffisants, doivent céder la place à des notions précises. Autrefois, en effet, l’observation directe était presque toujours insuffisante, car les actes de la locomotion, trop rapides et trop complexes, échappent ordinairement à nos sens. Ce fut déjà un grand progrès que de saisir avec les appareils inscripteurs un grand nombre de ces actes, mais quelques-uns restaient encore rebelles à la méthode graphique; on a vu comment l’analyse en devient facile par les photographies successives. De même, l’inscription des efforts mécaniques, des températures, des quantités de chaleur, des variations électriques, a rendu accessibles un grand nombre de questions relatives à la nature des forces physiques et à leurs transformations chez les êtres vivants. Tous ces perfectionnements, en élargissent le champ de l’expérience inquiéteront sans doute ceux qui croyaient la science arrivée à son terme; ils encourageront, au contraire, ceux qui voient dans l’insuffisance des moyens d’observation l’obstacle principal au développement des sciences naturelles.