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Analyse du tracé. — Au commencement de la figure, l'animal est suspendu au-dessus du sol; puis, arrive la bat-
tue PG qui annonce que le pied postérieur gauche touche terre. C'est le pied diagonalement opposé à celui duquel le cheval galope en avant, et dont la battue AD s'effectuera la dernière.
Entre ces deux battues, et sensiblement au milieu de l'intervalle qui les sépare, s'exécute la battue simultanée des deux pieds du bipède diagonal gauche. La superposition des notations AG, PD, montre bien ce synchronisme.
Dans cette série de mouvements, l'oreille a donc entendu trois bruits, à peu près à intervalles égaux. Le premier bruit est produit par un pied d'arrière ; le second par un bipède diagonal; le troisième par un pied d'avant.
Entre la battue simple d'avant, qui constitue le troisième bruit, et la première battue du pas de galop qui va suivre, règne un silence dont la durée est sensiblement égale à celle des trois battues prises ensemble ; puis la série des mouvements recommence indéfiniment.
A l'inspection des courbes, on voit que la pression des pieds sur le sol doit être bien plus énergique dans le galop que dans les autres allures déjà représentées, car la hauteur des courbes est notablement plus grande que pour le trot, et surtout pour le pas. En effet, l'animal doit nonseulement supporter le poids de son corps, mais lui imprimer de violentes impulsions. C'est à la première battue que semble appartenir l'énergie la plus grande. A ce moment, le corps, un instant détaché du sol, retombe et c'est un seul pied qui soutient ce choc.
Fig. 50. -Galop à trois temi.s. A, indication des trois temps; B, indication du nombre des pieds qui forment Tappui du corps à chaque instant du galop à trois temps.
Si l'on veut se rendre compte des appuis successifs qui oouliennent le corps pendant chacun des pas de galop, il
suffit de partager la durée de ce pas en instants successifs dans' lesquels le corps est tantôt supporté par un ou plusieurs pieds, et tantôt suspendu. La notation figure 56 permet de suivre, en A, la succession des battues et montre, en B, la succession des membres qui viennent à l'appui.
Si l'on cherche quelles sont les réactions qui se produisent au garrot, on les voit représentées figure 55 (ligne supérieure R). On constate un soulèvement onduleux qui dure pendant tout le temps où l'animal touche le sol ; dans ce soulèvement, s'entrevoient les effets des trois battues qui y impriment une triple ondulation. Le minimum d'élévation de la courbe correspond, comme dans le trot, au moment où les pieds ne touchent pas le sol. Ce n'est donc pas non plus une projection du corps en l'air qui constitue le temps de suspension dans le galop. Enfin, en comparant les réactions du galop à celles du trot, figure 45, on voit que, dans le galop, les soulèvements et abaissements se font d'une façon moins brusque. Ces réactions sont donc moins dures au cavaUer, quoiqu'elles puissent, d'une manière absolue, présenter une amplitude plus grande.
Piste du galop à trois temps. — D'après de Gurnieu cette piste est la suivante.
Fig. 57. — Piste du galop à trois temps raccourci. Les pieds postérieurs dont les empreintes ont la forme d'un U prennent terre en avant des empreintes des pieds d'avant. On a représenté ces dernières avec la forme d'un O.
La piste du galop varie suivant la vitesse de cette allure. Dans le galop raccourci des manèges, les pieds d'arrière laissent leur empreinte en arrière des pieds antérieurs ; dans le galop rapide, au contraire, ils viennent en avant des empreintes des pieds antérieurs. Tel cheval, dans l'allure de manège, galope presque sur place, qui, lancé au galop de course, couvre un espace énorme. D'après de Curnieu, le fa-
meux Eclipse couvrait 22 pieds anglais. Voici la piste que laissait sur le sol ce galop si rapide.
Fig. 58. — Piste de gaiop d'Eclipsé d'après de Curnieu. Les empreintes des pieds d'arrière se portent très-loin en avant de celles des pieds antérieurs.
Représentation du cheval au galop. — Pour cette représentation, nous donnerons trois attitudes très-différentes les unes des autres et correspondant à peu près aux trois temps de cette allure.
Fig. 59. — Cheval au le' temps du galop à droite. Appui exclusif du pied gauche postérieur. Le point blanc, dans la notation, correspond à l'instant pendant lequel le cheval a été représenté.
Au 1" temps, fig. 59, appui exclusif du pied postérieur sur lequel le cheval vient de retomber.
Au 2mc temps, fig. 60, le bipède diagonal gauche vient d'effectuer sa battue, le pied antérieur droit va se poser sur le sol, le postérieur gauche vient de se lever.
L,c 3* temps du galop a été, comme les autres, dessiné,
Fig. 60. — Cheval au 2e temps du galop à droite.
d'après la notation, par M. Duhousset, le moment choisi est celui où le pied droit seul repose sur le sol et va s'enlever à
Fig. QU — Cheval au 3^ temps du galop à droite.
son tour. La figure qui le représente est assez étrange ; l'œil est peu habitué à voir ce temps du galop qui est sans doute très-bref. En présence de cette figure disgracieuse, on est tenté de dire avec de Curnieu : « le domaine de la peinture est ce qu'on voit et non ce qui a lieu réellement. »
Le galop à quatre temps ne diffère de celui qui vient d'être décrit que sur ce point, que les battues du bipède diagonal,