UNITÉ DE LA FORGE
rapidité de leurs mouvements, accroît ou affaiblit la sensibilité et la force motrice. La science, aujourd'hui, se montre plus exigeante, et déjà, la détermination rigoureuse de l'intensité et de la durée de certains actes, de la forme des différents mouvements, des rapports de succession de deux ou plusieurs phénomènes, l'estimation précise de la vitesse du sang et du transport de l'agent nerveux sensitif ou moteur ; toutes ces mesures exactes introduites dans la physiologie font espérer que, de mensurations plus rigoureuses, sortiront bientôt des lois mieux formulées.
Dans la comparaison que nous allons faire entre les forces physiques et celles qui animent l'organisme animal, nous supposons connues les notions fondamentales récemment introduites dans la science et par lesquelles toutes ces forces tendent à se réduire à une seule : celle qui engendre le mouvement. Aussi nous bornerons-nous à esquisser rapidement la théorie nouvelle.
La valeur d'une théorie dépend du nombre des faits qu'elle embrasse ; celle de l'unité des forces physiques tend à les absorber tous.
Depuis l'atome invisible jusqu'au corps céleste perdu dans l'espace, tout est soumis au mouvement. Tout gravite dans une orbite immense ou infiniment petite. Maintenues à une distance définie les unes des autres , en raison même du mouvement qui les anime, les molécules présentent des rapports constants qu'elles ne perdent que par l'apport ou la soustraction d'une certaine quantité de mouvement. En général l'accroissement du mouvement des molécules agrandit leurs orbites et les éloignant les unes des autres , accroît le volume des corps. A ce titre, la chaleur se montre comme une source de mouvement. Sous son influence, les molécules, s'écartant de plus en plus, font passer les corps de l'état de solide, à celui de hquide, puis de gaz. Ces gaz eux-mêmes se dilatent indéfiniment par l'apport de nouvelles quantités de chaleur. Mais cette force qui imprime une rapidité extrême au mouvement des molécules, cette force que la théorie fait admettre, on la rend saisissable par l'expérimentation s on en mesure l'intensité en opposant à la dilatation d'un corp;
un obstacle qu'elle devra sunnonter. C'est ainsi que les molécules des gaz ou des vapeurs, captives dans le cylindrs des machines^ communiquent aux parois et au piston cette presâon si considérable qu'on emploie à produire du travail mécanique. Ce travail mécanique, à son tour, se transforme en chaleur ai l'on renverse les conditions de l'expérience : si, par exemple, une force extérieure, refoulant le piston d'une pompe h. gaz, entrave les mouvements moléculaires par une violente compression.
La théorie nouvelle est venue éclairer certaines hrpothèBes, celles, entre autres, qui faisaient admetttrelacbaleur latente de fusion ou de vaporisation des corps, la chaleur latente de dilatation des' gaz. Elle en a supprimé d'autres, c'est ainsi que la découverte delà pression atmosphérique a banni l'hypothèse aujourd'hui ridicule de l'horreur de la nature pour le vide.
Bien que la théorie se plie moins facilement k TinterpriJtation des phénomènes lumineux et électriques, elle permet, d'après les grandes analogies de ces phénomènes avec la chaleur, de supposer qu'ils ne sont eux-mêmes que des manifestations du mouvement. Du reste , la transformation du mouvement en chaleur, en électricité, en lumière, peut se prouver expérimentalement.
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La figure 1 représente la disposition de l'expérience. *