En résumé
1* La ligne de force est donnée en un point par la direction et le sens de la position d'équilibre d'une aiguille aimantée infiniment courte et réduite à son axe magnétique ;
2* L'intensité en un point du champ est représentée par la densité des lignes de force en ce point, c'est-à-dire par le rapport du nombre des lignes de force qui coupent un petit cercle décrit autour du point comme centre à la surface de ce cercle, lorsque celle-ci tend à devenir nulle.
On sait maintenant tout ce qu*il est nécessaire de connaître sur les lignes de force pour prévoir la majeure partie des phénomènes magnétiques.
Quelques exemples serviront à vérifier la grande fécondité de cette manière de voir.
' Fig. 2.
7. Ls. fig. 2 représente deux aimants parallèles et de même sens. On saupoudre le plan sur lequel ils reposent de limaille de fer. Tout à l'heure [fig A), le champ magnétique était le même de part et d'autre de Taimant. Ici, il ne présente pas la même symétrie. Les arcs qui se trouvent au-dessus de
raimant supérieur s'étendent plus loin que les arcs inférieurs, et ce sont les lignes de force du second aimant qui repoussent celles du premier, les concentrent dans un espace relativement resserré et accroissent, par conséquent, leur densité dans cette région*
Et puisque nous savons que deux lignes de force parallèles et de même sens se repoussent, nous en concluons que les deux aimants, dont les lignes de force sont solidaires, ont une tendance h s'écarter l'un de l'autre, à se repousser.
8. Passons à un second exemple. Voici deux , aimants dont les extrémités contraires se font visà-vis (fig, 3). Les directions de leurs lignes de force intérieures se trouvent dans le prolongement l'une de l'autre. Il est alors tout naturel que deux lignes qui appartiennent chacune à un aimant diiïérent se réunissent pour faire route ensemble, en vertu de la première loi ; mais cela, à la condition que leur nouvelle longueur soit plus courte que la somme de leurs longueurs primitives. C'est ce qui nous explique pourquoi, dans cette figure, un certain nombre de lignes de force se ferment sur un seul barreau, tandis qu'il en est d'autres qui traversent les deux barreaux de part en part.
Nous pouvons maintenant comprendre en vertu de quoi et dans quelles conditions deux aimants s'attirent ou se repoussent. S'ils s'attirent, c'est pour rendre encore plus courtes les lignes de force
qui les réunissent l'un à Taulre. S'ils se repoussent, c'est pour résister à la déformation que chacun d'eux fait subir aux lignes de force de l'autre. Ainsi, selon les directions relatives de leurs lignes
de force, on obtiendra une attraction ou une répulsion.
9. Une autre expérience va fournir un exemple d'attractions et répulsions combinées. Dans un vase rempli d'eau, flottent de petites aiguilles verticales, supportées par des morceaux de liège. Ces aiguilles sont aimantées et disposées de manière à
se repousser toutes les unes des autres. Au-dessus du centre du vase, on place un aimant, qui, lui, attirera tous les flotteurs. Sous son influence, ceux-ci vont chercher à se placer au milieu du liquide, pour être aussi^près que possihle de l'aimant. Mais leurs répulsions réciproques les en empochent, si hien que, suivant leur nombre, ils présenteront des figures caractéristiques différentes. Deux aiguilles se placeront de part et d'autre du centre, trois formeront un triangle équilatéral, quatre un carré, cing un pentagone, et ainsi de suite. C'est là une expérience curieuse et facile à répéter pour tout le monde.