‹ La machine de Gramme, sa théorie et sa description: sa théorie et sa descriptionChapitre 7 sur 18 · II.— Gourants · texte numérisé non relu

II.— Gourants

10. Dans cette première partie, on a compris le rôle des lignes de force pour ce qui regarde le magnétisme des aimants. Il nous reste à présent à mettre en évidence le magnétisme des courants, afin de pouvoir examiner les actions qui s'exercent entre les uns et les autres, entre les aimants et les courants.

Les fantômes magnétiques des courants diffèrent de ceux que l'on vient de voir. Que Ton jette de la limaille de fer autour d'un conducteur vertical traversé par un courant, et l'on verra aussitôt cette limaille se disposer en circonférences concentriques autour du fil {fig, 4). Ce sont bien là des lignes de

force; il est donc établi qu'un courant exerce des actions magnétiques. Ici, les lignes de force sont des courbes fermées, et ne sont interrompues par aucune substance solide. Leurs propriétés sont

Fig. 4.

identiques à celles des lignes de force des aimants. Elles obéissent aux mêmes lois.

11 Si le courant, au lieu d'être vertical, est parallèle au plan du tableau, les lignes de force obtenues dans œ cas coupent toutes le conducteur à angle droit; ce sont les projections, les profils des circonférences de tout à l'heure {fig. 5). Or, nous savons que les lignes de force parallèles se repous-

sent; nous devons en conclure que le courant est sollicité à s'allonger. C'est là une des propriétés des courants qui a été découverte par Ampère et que nous venons de retrouver par un autre procédé,

Fig. 5.

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12. Examinons maintenant l'influence de deux ' courants voisins et parallèles. S'ils sont de même direction, leur fantôme magnétique est celui de la fig, 6. Les lignes de force de ces deux courants -trouvent avantage à se réunir et à faille route ensemble, tant que la longueur de cette nouvelle

courbe est inférieure à la somme des deux circonférences que chacune d'elles décrirait autour de son propre conducteur en l'absence de l'autre. H convient de remarquer que cette couAe qui enveloppe les deux courants tend, d'après nos principes

Fig. 6. .

fondamentaux, à se raccourcir, c'est-à-dire à se contracter. Par conséquent, si les deux conducteurs sont libres de se mouvoir, ils marcheront l'un vers l'autre, ils s'attireront.

13. Si au contraire les courants sont de direction opposée, ce sont des lignes de force de

même sens qui se trouvent en présence (fig. 7). D'après le second principe de Faraday, ces lignes se repoussent, et par cette raison les deux conducteurs ont tendance à s'écarter l'un de l'autre; ils se repoussent. Nous avons ainsi retrouvé, par la con-

Fig. 7.

sidération des lignes de force, les célèbres propositions d'Ampère :

Deux courants parallèles et de même sens s'attirent.

- Deux courants parallèles et de sens contraire se repoussent.

14. On n'aura pas grand'peine à admettre que les lignes de force aient d'autant plus de facilité à se former qu'elles se trouveront comprises dans des milieux plus magnétiques. Il faut en conclure que le môme courant qui mettrait en liberté 100 lignes de force dans l'air, en dégagerait, si je puis employer ce terme , un bien plus grand nombre si ces lignes pouvaient se loger en tout ou en partie dans une masse de fer voisine. De là un procédé pour exalter l'intensité d'un champ magnétique produit par une source électrique donnée. On loge dans l'intérieur d'une sorte de bobine constituée par le courant un barreau de fer doux, et c'est la présence de ce fer qui permet au courant de produire une bien plus grande quantité de lignes de force. Celles-ci sont mises à profit pour effectuer des attractions énergiques. Tel est le principe sur lequel repose la construction des électro-aimants, qui rendent tant de services dans toutes les applications de l'électricité.

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