‹ La machine de Gramme, sa théorie et sa description: sa théorie et sa descriptionChapitre 8 sur 18 · III.>- Influence réciprocpxe des aimants et des courants · texte numérisé non relu

III.>- Influence réciprocpxe des aimants et des courants

15. Arrêtons-nous un instant pour mesurer le chemin que nous avons déjà parcouru. Je viens de soumettre l'étude des courants à la même méthode qui m'avait servi pour exposer les propriétés des aimants, et c'est grâce à la considération des lignes de force que j'ai pu le faire. Les mômes lois m'ont

servi dans- les deux cas; rien n'a distingué la seconde étude de la première, comme procédé d'investigation. Par là, nous avons été naturellement amenés à nous représenter les courants électriques comme des aimants d'une espèce particulière. On a même pu remarquer que les attractions et les répulsions des courants parallèles et les attractions et les répulsions des aimants étaient respectivement des conséquences immédiates des mêmes principes. — C'est en effet la loi de la contraction d'une ligne de force qui fait marcher l'un vers l'autre deux aimants ainsi que deux courants. — Et c'est la loi de la répulsion des deux lignes de force parallèles qui les oblige à s'écarter les uns des autres.

16. Lorsqu'il s'agit de comparer et d'étudier dans leurs rapports deux phénomènes en apparence dissemblables, ce qu'on doit tout d'abord chercher à leur appliquer, c'est une commune mesure. Jlfaut donc, à Taide d'hypothèses convenables et justifiées, envisager ces phénomènes sous un même aspect. C'est ce que les principes de Faraday m'ont permis de faire. Un courant, un aimant n'existe, pour nous, que par ses lignes de force^ et à ce titre nous n'aurons pas plus de peine à comparer un aimant et un courant que nous n'en avons eu à comparer les aimants entre eux et les courants entre eux, puisque dans tous les cas cela revient à comparer entre elles des lignes de force.

, C'est de cette comparaison, c'est de l'influence

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réciproque des champs magnétiques des courants et des aimants que je vais dès à présent m'occuper. 17. Nous reconnaissons le fantôme de la fig, 8 ; mais à la partie supérieure se trouve un courant perpendiculaire au papier dont il n'a pas été encore

Fig.8.

question. Ce courant repousse, comme on le voit, au-dessous de lui la plupart des lignes de force de l'aimant, et celles-ci, pour résister à cette déformation, vont alors solliciter le fil conducteur à s'éloigner au-dessous d'elles ; puis les nouvelles lignes de force influencées continueront l'effet des pre-

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mières, si bien que le courant se trouvera sans cesse renvoyé vers le bas de la figure. Au contraire, si le sens du courant était renversé, le déplacement s'effectuerait de bas en haut. Par conséquent, si, à des intervalles de temps convenables, le signe du

Fig. 9.

courant était changé, on verrait le conducteur exécuter une série de mouvements de va-et-vient de part et d'autre de la ligne médiane.

Il est aisé de transformer ce mouvement rectiligne en un mouvemeùt circulaire, comme nous le verrons plus loin.

18. Passons à un second exemple de rotation électro-magnétique. Prenons un vase rempli d'eau; au moyen d'un axe métallique central, on fera passer dans le liquide un courant qui le traverse du centre à la circonférence. Nous aurons ainsi comme un rayonnement, comme un épanouissement de courants à partir du centre. Au-dessus du vase et en son milieu, se trouve un aimant vertical. Les lignes de force de l'aimant et celles du courant vont s'influencer, dans ces conditions, de manière à fournir un champ magnétique semblable à celui qui est représenté {fig, 9). Ces lignes de force, tordues en spirale, vont chercher à se redresser pour résister à la déformation que leur fait éprouver le courant électrique. La nappe liquide prendra donc un mouvement de rotation sous cette influence. Selon l'extrémité de l'aimant qui se trouve en présence du liquide, le mouvement s'eflectuera dans un sens ou dans l'autre.

Les études précédentes ont dû montrer combien la considération des lignes de force présente d'avantages. Si j'avais défini les aimants par leurs pôles,j'aurais été fort embarrassé de dire ce que l'on doit entendre par les pôles d'un courant. Qu'est-ce, en efiTet, que les pôles d'un aimant ? Ce sont les régions où les lignes de force pénètrent dans la masse d'acier et en ressortent. Rien de semblable ne se rencontre dans les courants, puisque les lignes de force sont toutes à l'extérieur du conduc-

teur. Un courant n*a donc pas de pôles. Il s'ensuit que la considération des pôles ne fournit pas de trait d'union entre les aimants et les courants. On pourrait, il est vrai, définir les aimants par les courants élémentaires d'Ampère, mais cette méthode n'aurait pas l'avantage de parler aux yeux comme le font les fantômes magnétiques.

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