VIII PRÉFACE DE L'AUTEUR
Elle a exigé de très minutieuses recherches et des observations méticuleuses avant de se condenser en des résultats simples et immédiatement applicables à la prédétermination des machines. La théorie ici exposée diffère de celle donnée dans la dernière édition des « Enroulements et Construction des induits » surtout par la considération de Tinduction mutuelle des sections en court circuit et par l'introduction du calcul de la différence de potentiel entre les becs d'entrée ou de sortie des balais et le collecteur en fonction des dimensions de la machine. Cette dernière quantité jouant un rôle prépondérant au point de vue de l'apparition des étincelles au collecteur, sa prédéterminalion est de la plus haute importance.
On verra en outre comment la courbe qui représente les différences de potentiel entre balais et collecteur pour l'épaisseur totale des balais, et qu'on peut facilement déterminer expérimentalement, permet de déduire par le calcul la courbe de cowant de court circuit. Cette dernière, en raison des indications qu'elle fournit sur les défauts de la commutation, est un guide sûr pour leur correction.
La déduction des formules applicables au calcul des limites décharge imposées par les étincelles^ qui est en même temps fonction du calcul des coefficients d'induction, occupe dans l'ouvrage une grande place qui pourra, à première vue, paraître exagérée. Il est bon de faire observer à cet égard que Tindication du processus suivi pour l'obtention des formules données s'impose en ce qu'elle permet au lecteur de s'assurer de leur degré d'exactitude et de se rendre compte des conditions dans lesquelles elles ont été établies.
Sans une connaissance exacte des circonstances dans lesquelles s'effectue la commutation et des quantités qui influent sur ce phénomène complexe, il est impossible, notamment dans les cas difficiles et où l'on n'a aucune donnée spéciale,
PRÉFACE DE L'AUTEUR ix
de trouver par le calcul les dimensions les plus favorables d'une machine, car, indépendamment des formules obtenues, il est toujours nécessaire de faire intervenir une série de considérations des plus minutieuses pour réaliser la meilleure solution économique.
La théorie de la commutation n'est donc pas simplement un intéressant problème mathématique; elle est d'une grande importance au point de vue du prix de revient des dynamos. La puissance maxima d'une machine à courant continu est en effet limitée tant par la production d'étincelles que par réchauffement admissible, et Ton aura réalisé la meilleure utilisation des matériaux quand, même pour des machines bien ventilées, la limite de production d'étincelles sera assez reculée pour que réchauffement entre seul en ligne de compte.
Cette théorie est complétée par l'étude et la discussion des divers modes d'enroulement des inducteurs et des induits et par celles des machines compound. Ce premier volume se termine par l'étude des caractéristiques et le calcul des pertes, du rendement et de réchauffement des machines à courant continu.
La construction, le calcul, les épreuves et le fonctionnement de ces machines font l'objet du second volume.
Malgré tout le soin apporté au contrôle des théories émises et à la vérification des calculs donnés, l'expérience peut encore fournir de nombreux développements et perfectionnements en vue desquels l'Auteur, en terminant cette préface, sollicite la communication de tous les résultats pratiques susceptibles de compléter les unes et de consacrer les autres.