LE NOUVEAU MAÇON VOIT LA LUMIÈRE
Secrets du premier degré.
Quant le postulant a prononcé le serment maçonnique, le Vénérable lui adresse ces paroles :
‘ Monsieur, après avoir été si longtemps dans les ténèbres, quel est maintenant le plus ardent désir de votre cœur ? ”
Le postulant répond : ‘“ Voir la lumière.” Ce désir est légitime. Il y a plus d’une heure en effet
3 que le malheureux porte son bandeau sur les
yeux.
Le Vénérable dit alors au jeune diacre :
‘{ Faites voir la lumière au candidat.” ‘Tous les membres forment cercle autour du postulant. Ils frappent des mains et du pied droit le plus fort qu’ils peuvent pendant qu’on enlève le bandeau du candidat. Celui-ci, après avoir été si
longtemps dans les ténèbres, se trouve tout-à-coup
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| en face d’une lumière éblouissante, et parfois, cela | produit les effets les plus alarmants. J'.: °onnu, dit Morgan, un homme qui s’évanouit en ce moment, et l’on eut bien de la peine à lui faire reprendre ses sens. Depuis ce jour, il ne remit plus jamais le pied dans une loge.” (Morgan, | p. 20.) | Dans d’autres loges, les frères entourent le postulant avec des épées nues dont la pointe est | dirigée vers sa poitrine. ‘“ Ces épées, dit le Vénérable, protègent le maçon fidèle, mais aussi elles punissent le traître. Tremblez ! ” | ‘ Monsieur, continue le Vénérable, par votre || conduite douce et candide, vous avez échappé ce soir à deux grands dangers, maïs il en est ur troisième qui vous menacera jusqu’à la dernière heure de votre existence.” ‘ A votre entrée en loge, on présenta cette
épée à votre sein découvert. Si vous vous étiez “4 sprécipité témérairement en avant, vous vous donniez la mort sur ce glaive. Le frère qui tenait | l'épée n’eût pas été responsable de cet acte, il { n’eût fait qu’accomplir son devoir.” (ll ‘ De plus, la corde à nœud coulant que vous portiez au cou, vous interdisait toute tentative de retraite. Elle vous eût étranglé, si vous eussiez voulu reculer.”
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“Voilà les deux dangers auxquels vous avez échappé.”
Il en existe un troisième, et celui-là vous menacera jusqu’à la dernière minute de votre existence : c’est la pénalité de votre serment: Z'avoir la gorge coupée si vous révéles les secrets de la Franc-Maçonnerie.” (Carlisle, p. 7.)
Voilà, certes, une étrange déclaration.
Que signifiaient alors les paroles du Vénérable ? ‘“ que la Maçonnerie est libre, qu’elle demande une inclination libre pour ses mystères.” Ce n’était donc là qu'hypocrisie et mensonge ?
Dès qu’on entre aux loges la liberté disparait. Il faut aller de l'avant, se soumettre, obéir.
Le Vénérable continue :
‘Maintenant que vous avez prêté le serment solennei de la Maçonnerie, je puis vous apprendre qu'il y a différents degrés dans l’ordre. Chaque degré à ses secrets particuliers. Ces secrets ne sont pas communiqués à tous sans distinction, mais on les donne au candidat selon sox mérite et ses aptitudes.”
“Je vais vous instruire du signe de votre degré et des marques qui nous servent à nous connaître les uns les autres et à nous distinguer des profanes.”
“ Avancez vers moi d’un pas, partant du pied
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gauche, et portant le talon droit dans le creux de l’autre pied.”
“ C’est le premier pas maçonnique, et c'est aussi dans cette position que sont communiqués les secrets du premier degré.”
* Secrets du premier degré.
Ces secrets consistent en # signe, un attouchement, un mot de passe.
Le Signe : Placez ainsi votre main droite —(horizontale, le pouce tendu en équerre, s'appuyant sur le côté gauche de la gorge.)
Le signe est donné en tirant vivement la main d'un côté à l’autre de la gorge, et en la laissant tomber le long du flanc. C’est une allusion à votre serment: ‘comme homme d'honneur et comme maçon vous préféreriez avoir la gorge coupée plutôt que de révéler nos secrets.” Voilà le signe.
L'attouchement se fait en pressant le pouce de la main droite sur la première phalange ( à partir du poignet,) du premier doigt de la main droite de votre interlocuteur, et en saisissart ce doigt avec la main.
Cet attouchement demande #7 mot. Ce mot, les maçons le tienne en haute estime, car il garde
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leurs privilèges, Ils ne sauraient donc prendre trop de précautions, quand ils le communiquent. Il ne faut jamais le donner en entier, mais seulement par lettres ou par syllabes.
Ce mot, c’est PBoaz.
Le jeune diacre va vous enseigner la manière de le dire.
Le jeune diacre vient alors donner l’attouchement au maçon et lui demande : ‘“ Qu'est-ce que cela ? ”
Le maçon répond: ‘“l’attouchèment de l’apprenti.”
Jeune diacre : ‘“ Que demande cet attouchement ?P ”
Frère .… “ Un mot.”
Jeune diacre : “ Quel est ce mot? ”
Frère … “A mon initiation, l’on m'a recommandé la prudence. Je vous dirai ce mot en l’épelant avec vous. Commencez :
Jeune diacre : “ B’”
Frère … PO
Jeune diacre : ‘“ A”
Frère … eZ"
Jeune diacre: “C’est le nom de la colonne
gauche du temple de Salomon. Il signifie Force.”
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Le premier surveillant présente alors au nou veau frère le tablier maçonnique “ plus ancie que la Toison d’or ou l’Aigle Romaine, plus hono rable que l’ordre de l'Etoile ou de la Jarretière c’est l'emblème de l'innocence et de l'amitié.”
Ensuite on apprend au maçon que ‘ /a charit est la vertu caractéristique de l’ordre.”
Les maçons se trouvent répandus dans tou l'univers, les uns sont riches, mais d’autres son pauvres. On invite donc le nouveau frère à fait immédiatement la charité.
Le maçon de répondre: “L'on m'a dépouill de tout mon argent, sans cela je donnerais libér: lement.”
Le Vénérable l'invite à quêter parmi les frère Il va de l’un à l’autre demander l’aumône, mai sans succès... On lui explique alors la signif cation symbolique de cette cérémonie.
C'était d'abord pour éprouver ses principes!
puis pour montrer qu'au moment de l'initiation,
n'avait aucun argent sur lui, autrement l’initiatio eût été nulle ; enfin pour l’engager à secourir se frères: ‘se souvenant qu'il a été reçu dans I Maçonnerie, päuvre et sans ressources.”
‘“ Maintenant, continue le Vénérable, vou pouvez vous retirer et reprendre vos habits. A votre retour en loge, je vous instruirai de l'ex
lors au nou Fplus ancie , plus hono a Jarretière ’amitié.”
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d'a dépouill erais libér
mi les frères imône, mañ rs la signif e.
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rable, vou s habits.
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EURE: | ess
llence de notre ordre et des devoirs de ses embres.”
Quand le nouveau frère revient en loge, le Véérable lui donne l'instruction maçonnique du emier degré. Cette instruction est longue. Elle
comprend, pas moins de sept différentes bctions, et chaque section renferme trois clauses chapitres.
“ C'est là, dit le Vénérable, que l’on dépeint la
rtu sous les couleurs les plus magnifiques, et que
n enseigne tous les devoirs de la plus stricte joralité. Les principes de la science sont imrimés dans la mémoire par des images saisishntes et de nature à influencer la conduite dans accomplissement de nos devoirs sociaux.” (Care.)
Nous verrons plus loin ce que vaut la doctrine -ligieuse et sociale de la maçonnerie.
Un banquet solennel termine l'initiation au remier degré.
Le Vénérable recommande aux frères qui vont > livrer à ‘une joie innocente ” d'éviter les excès. s discours obscènes et l’intempérance.
Pour des hommes ‘sages et‘ vertueux,” ces pnseils sembleraient inutiles. |
Pourtant le Vénérable est le meilleur juge des is convenables à donner à ses subordonnés.
Puis il leur enjoint le silence vis-à-vis des profanes.… de la famille et des amis, et 1] les exhorte à “cultiver l'amitié fraternelle, le fondement, la clé de voûte, le ciment £t la gloire de cette ancienne fraternité... afin que le monde voit encore comme 1l x vu et comme il verra tonjours la bienfaisante influence de la franc-maçonxerie.”
Amen, so mote it be.
(Carlile, Manual of Freemasonry, p. 38.)