‹ La maçonnerie canadienne-française [microforme]Chapitre 5 sur 71 · PRÉSENTATION AUX LOGES · texte numérisé non relu

PRÉSENTATION AUX LOGES

Pour être admis à / Zuitiation, le candidat doit

présenter par écrit, une demande dont voici la teneur :

‘ Au Vénérable Maître... Officiers et Frères de la Loge... No...

‘ Québec.

‘ Moi... de la ville de... comté de... âgé de. ans, libre par naissance et d’un âge mûr, déclare cue, sans avoir été influencé par des amis, ni poussé puï aucun motif mercenaire ou autre semblable ; librement et volontairement, je me présente comme candidat aux mystères de la Maçonnerie. Je suis attiré par la bonne opinion que je me suis formé de la société, et par le désir de la science. Je me onformerai avec plaisir à tous les anciens usages et aux coutumes établies de l’ordre.

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‘ En foi de quoi j'ai signé. ce... du mois de. en l’an du monde.

‘ Recommandé par...

‘ Signature.”

(Constit. de la Grarde Loge de Québec, chap. : Des individus maçons, sect. rer.

Si la demande est agréée, l’on conduit le candidat à la chambre aux réflexions et l’on procède alors à la toilette maçonnique.

Dans les loges, en effet, il y a une toilette de rigueur tout co ime, au bal, on exige une tenue obligatoire, et cette toilette ne manque ni de pittoresque ni de couleur locale.

Toilette maçonnique du xer degré.

Après avoir dépouillé le candidat de son ‘“ métal,” c’est-à-dire de l’argent qu’il porte sur lui, on le déshabille complètement de la tête aux pieds, sauf le caleçon et la chem'se. S'il n’a pas de caleçon, la loge lui en fournit un, à l’usage commun des aspirants. (&) Puis on lui bande les yeux, on lui met à découvert le bras droit, le sein gauche et le

(a) Morgan p. 6.

SH

genou gauche, tandis que le pied droit est chaussé d’une pantoufle acculée.

Pour achever la toilette du candidat, on lui passe au cou une corde à nœud coulant, une vraie corde de pendu. Dans le langage maçonnique, cela se nomme le ‘câble de remorque.”

Le Tuileur prend le bout de cette corde et mène notre homme vers la porte de la loge comme autrefois le sacrificateur menait à l'autel le bœuf ou le veau destiné au sacrifice.

Le Tuileur frappe trois coups à la porte :

On lui demande à l’intérieur : Qui est là ?'

Le Tuileur répond: “Un pauvre candidat aveugle. Il vient de son plein gré, solliciter humblement son admission aux mystères et privilèges de la Franc-Maçonnerie.”

Couvreur Int. — “ Comment espère-t-il obtenir ces privilèges ? ”

Tuileur. — Par l’aide de Dieu et d’une bonne réputation.”

Couv. Int. — ‘Halte! jusqu'à ce que je fasse rapport, (Se tournant v rs le Vénérable): Vénérable Maître, un pauvre candidat aveugle, bien recommandé, régulièrement proposé et accepté dans une loge ouverte, vient, de son plein gré, solliciter hurnblement son admission aux mystères et privilèges de la Franc-Maçonnerie,”

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Vénérable.—‘ Comment espère-t-il obtenir ces privilèges ?

Couv. Int.—‘* Par l’aide de Dieu et d’une bonne réputation.”

Vén.—‘Sa bonne réputation est déjà connue, mais le candidat est-il bien préparé? frère gardien intérieur, l’affirmez-vous ?

Couv.—‘ je l’affirme.”

Vén.—‘ Admettez-le en bonne forme.”

Couv. Int.—" Entre, candidat libre et de bonne réputation.”

L’assistant conduit alors le candidat au jeune diacre et celui-ci l’introduit en loge, en lui tenant la pointe d’une épée sur le sein gauche.

Æntrée en loge.

LeVénérable s'adresse alors au candidat :—‘“Personne ne peut devenir maçon à moins d’être né libre et d’avoir atteint l’âge de majorité. Je vous

demande donc : êtes-vous né libre? avez-vous 21

ans P ” Candidat.—‘ Je réponds affirmativement aux deux questions.”

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Vénérable.—"‘ Agenouillez-vous, nous allons prier le ciel de bénir nos travaux.”

‘ Père tout-puissant, Suprême Gouverneur de l'Univers, daigne bénir nos travaux. Accorde à ce candidat maçon de dévouer sa vie à ton service et de devenir parmi nous un frère bon et fidèle. Donnelui ta sagesse divine, pour que, grâce aux secrets de notre art maçonnique, il puisse montrer les beautés d’une sainteté véritable pour l’honneur et la gloire de ton nom. Ainsi soit-il.”

Nous verrons bientôt sur quelles indignités le Vénérable ose appeler la bénédiction du Très- $ Haut.

Vénérable (au candidat).—M. X. dans les difficultés et les dangers, en qui vous confiez-vous P

Candidat.—‘ En Dieu.”

Vèn.—Fort bien ! puisque votre confiance est 4 \ en Dieu, levez-vous et suivez votre guide sans 1 craindre aucun danger.” (Carlisle, Manuel du 1er

degré p. 5.)

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La promenade en loge. .

Le jeune diacre tenant le candidat par le “ cable ke: de remorque,” c’est-à-dire par la corde de pendu,

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le promène autour de la loge du sud à l’ouest, du second surveillant au premier.

Prenant la main du candidat, il en frappe trois fois l'épaule des surveillants, et ceux-ci de demander: “Qui va là?”

Le candidat répond: “Un pauvre candidat aveugle. qui sollicite admission aux mystères et privilèges de la maçonnerie.”

Les surveillants reprennent: ‘Passe, homme libre et de bonne réputation !” Et il passe.

Durant ce temps, les frères s'amusent à faire rouler des boules sur le plancher ; parfois le candidat est atteint, mais il faut faire bonne contenance, D'autres frappent du maillet sur l’enclume de marbre. Le candidat tressaille, puis se remettant de son émotion, il poursuit sa promenade sentimentale :

‘ Passe, homme libre et de bonne réputation !” Beau spectacle en vérité, que celui de ce pauvre diable de candidat en caleçon et en chemise, les yeux bandés, le bras droit, le sein gauche et le genou gauche à découvert, le pied droit . passé dans une pantoufle acculée, le cou orné de sa corde de pendu ! Charmant tableau digne de l'admiration des profanes !

Si quelque Notman photographiait dans cet équipage un bon gros anglais tout fier d’être maçon,

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