‹ La maçonnerie canadienne-française [microforme]Chapitre 71 sur 71 · NN · texte numérisé non relu

NN

Chevalier D’Estimauville, Grd Mtre des cérémonies.

Vallières de St Réal, Mtre de la loge 23 (1882).

Germain Fluet, Grd Régistrateur.

A. M. G. Thompson, Grd Diacre.

Pierre Laforce, Grd Intendant.

Narcisse Duchesnay, Grd Mtre des cérémonies.

Chs de Léry, second Grd Diacre.

Puis le correspondant de la Minerve continue : “ Depuis 1825, la franc-maçonnerie a vu son ‘ influence diminuer dans la société canadienne et

‘ bientôt elle en a été complètement exclue e/ pour ‘€ joujours.”

Voilà, certes, une étrange assertion !

Le Canada, depuis trois quarts de siècle, at-il donc, par privilége spécial, échappé complètement à ces terribles attaques de l’ennemie ächarnée des pays catholiques, la Franc-Maçonnerie ?

Les a-t-il repoussées, sans même se laisser entâmer par les puissants moyens qu’elle emplole ?

En 1819 il n'y avait que 13 loges dans toute la province, En 1883, il y en a 65.

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> Céré- Sont-elles donc exclusivement composées d’anglais protestants, sans qu'aucun Canadien ne se 382). soit fourvoyé dans cette direction ?

S'il en était ainsi, il faudrait louer la Providence

d’avoir fait en faveur du Canada une exception

unique parmi les nations chrétiennes de l'Univers.

ones. .) Mais, malheureusement, les faits donnent un démenti formel à cette assertion.

% atinue : Le Correspondant H. V de la Minerve ne saitru son il donc pas qu’en 1837 bon nombre de jeunes gens snne et influents à Montréal entrèrent dans les loges? ne et pour | sait-il donc pas qu’en 1854 la loge des Francs- Frères comptait au sein de l’Institut Canadien, et .

parmi les sommités du parti libéral, plus de 200 membres? ne sait-il pas que l'Histoire de la loge

, at-il St. Paul de Montréal mentionne les noms de pluement sieurs Canadiens bien connus en cette ville et, Le dés entr’autres, celui d’un ancien ministre fédéral cana-

dien français reçu à St. Paul, le 27 déc. 1861 (a). er eh- Ne sait-1l donc pas que les Pères du IVe Conble ? cile de Québec signalaient en 1868 la présence de ute la beaucoup de Canadiens-catholiques dans les sociétés

(a) V. Histoire de la loge St. Paul ; liste des membres,

secrètes.(a) Dira-t-il que l'Eglise canadienne, par la . bouche de ses pontifes, dénonçait alors un péril imaginaire, et se battait contre des moulins à vent ?

Ne sait-il donc pas encore qu’en 1871 la Maçonnerie fondait à Montréal une loge exclusivement française et que cette loge vit et prospère ?

Les maçons du Haut-Canada inanifestaient alors quelqu’appréhension sur ce projet de propagande parmi les catholiques, mais le Grd Maitre de Québec, le F.". Graham les rassurait en ces termes.

‘... Il n’y a aucune raison pour que des loges travaillant en français ne puissent pas exister ‘ dans cette province aussi bien qu’en France et “ailleurs. La Grd Loge de Québec, avec l’aide des ‘ frères du pays et de l'étranger, se sent très capable ‘de se défendre contre les attaques imaginaires ‘“ ou réelles de l’ecclésiastique et des autres.

Voici le bilan de cette loge française.

&) IVe Cow, de Québec, Déce 31.—Dres sociétés sectes : # C’est an sujet d’accablante douleur gu’»n grand nombre “ de pseudo- MANS sous divers prétextes, entrent dans & de telles sociétés”?

ne, par la “un péril $ à vent ?

, Maçonsivement ) ent alors pagande aitre de s termes, es loges exister ance et aide des capable vinaires

eofètes :

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Loge des Cœurs-Unis.

Ils étaient 33 membres pour la fonder en 1871. 1872 initiés 10 m.a 41 retirés 2 morts.

(a) Initiés 127 Retirés 38 Morts 5

Donc, en 12 ans, 127 catholiques sont entrés dans cette loge française de Montréal. Depuis lors, 5 Sont morts maçons, 38 se sont retirés (Withdrawn,) (ë) mais il y en a encore 84 d'inscrits sur la liste des Cœurs-TTnis. (c)

(a) V. Ann. Maç. de Québec, 1871 à 1883.

(ë) V. page pour la signification de ce mot maçonnique.

{c) 38 se sont retirés.... c’est-à-dire, ont quitté le service actif de la maçonnerie, mais la maçonnerie les at-elle

Ce correspondant de la Minerve ne sait-il pas que l’on trouve des catholiques dans nombre de loges de la province, à la campagne aussi bien que dans les villes? N’a-t-il donc jamais feuilleté les Directoires de Montréal, Québec et Trois-Rivières, ni parcouru les annuaires maçonniques publiés par l'Ordre depuis 1869? S'il l’eût fait, il eût relevé les noms de plus de 250 catholiques mentionnés dans ces publications. |

Et pourtant, ce n’est là que le menu fretin des loges. Les trois quarts de ces hommes, en effet, n’ont eu leurs noms imprimés que pour non paiement de cotisation annuelle.

Les maçons ‘comme il faut ” ne font pas cet oubli.

abandonnés pour cela ? Nullement. Exemple : En 1851, un avocat de Montréal entrait à la loge St. Paul. ‘ Il se retirait en 1855, et en 1876 la loge, dans une histoire qu’elle publiait, réclamait comme une de ses gloires cet homme qui occupe aujourd’hui une haute position sociale, (V. Hist., de la loge St. Paul, 1876, p. 98 et 190.)

Autre exemple : En 1878, un maçon des Cœurs-Unis mourait réconcilié avec l'Eglise, ce qui n’empêcha pas la loge de mettre son nom sur l’ann. de 1879, p. 56.

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Ne sait-il pas que, durant les 20 dernières années, des maçons catholiques, anciens ou actifs, sont parvenus à plusieurs des plus hautes dignités de la province ?

On en connaît dans l'administration publique, à Ottawa et à Québec ;

Dans la députation fédérale et locale ;

Dans les compagnies de chemins de fer et de navigation ;

Dans les bureaux de la province ;

Dans la Magistrature ;

Dans les professions libérales ; .

Dans le journalisme ; (a)

Dans le Haut Commerce ;

Veut-il des noms?

Qu'il obtienne la permission de l’Ordinaire et l’on publiera ces noms avec preuves à l’appui.

Ne sait-il pas enfin que l’enquête ordonnée par l'Ecclésiastique a fait connaître nommément #rois cents maçons enrôlés dans les loges en 1883.

(a) Encore le 21 février, 1882, M. G. B., M. D., était

reçu à la loge Corinthian, Montréal, le 15 mars, 1882, Mr.

M. H., avocat de.. venait se faire recevoir maçon aux Cœurs- Unis.

Or, beaucoup de maçons actifs ont sans doute échappé à cette enquête, car selon, la judicieuse remarque de Mgr Taschereau, à un prêtre qui lui demandait le nombte des maçons de l’Archidiocèse : ‘ Comme ces gens là ne publient pas leurs noms sut les journaux et ne viennent pas se faire enrégletrer à l’Archevêché, il m'est impossible de vous dqnner les renseignements que vous me denändez” (a)

Vraiment, Mr. H. V., par sa correspondanôt, entrait pleinement dans les vues du Grd M. de Québec qui disait en 1876 :

“La Maçonnerie vit en paix et prospère dans ‘ tout le Dominion. Les rapports que je reçois me ‘ montrent qu'il en est ainsi aux Etats-Unis, dans ‘ l'Amérique du Sud et en Angleterre. Il y a en- ‘ core quelques coins de l'univers où, il est vrai, ‘ nos frères sont éprouvés par l’ingérence peu sage “ de Z'ecclésiasticisme, dont nous sommes mainte- ‘ nant si heureusement délivrés. Cette situation ‘ satisfaisante ici continuera, espérons-le, d’exister ‘ pour toujours.

(a) Québec, 9 mars 1883, Arch., de Québec D. F. KR. I flèche, St, Winceslas.

1s doute “Les chefs civils et ecclésiastiques apprennent dicieuse “ vite que notre société répandue dans le monde qui lui “ entier est l’amie loyale de la religion, de l’homme diocèse : ‘ et du bien public.” (a) rs noms ire enré- % de vous me de- En face de ces faits et d’autres encore que je pourrais citer, venir, en 1884, affirmer que, depuis 1825, la Franc-Maçonnerie a vu son ixffuence diminuer dans la société canadienne, ‘et que bientôt ndarrôt, elle en a été exclue pour toujours,” c'est faire d M. de preuve ou d’une ignorance totale de la question, ou d’un optimisme inexplicable ou enfin d’un parti ère dans pris que rien ne peut justifier.

eçois me ais, dans %k j lyaennu Ce n’est pagen niant l’existence d’un cancer qui PEU RAGE onge la poitrine, qu’on peut arrêter ses progrès. HAE PA faut appliquer le fer, au risque de faire crier le situation Patient pendant l’opération, C’est le seul moyen de d'exister } de sauver. :

n 8 Le peuple canadien jouit d'un tempérament ro- RER !} ouste; c’est un peuple encore profondément catho-

| [ae] Grd master Graham's adress : ann, maç. 1886, p. 33,

lique, grâce à Dieu. Mais le cancer de la Maçonnerie s’est attaqué à lui comme aux autres peuples du monde, et vite il ruinerait sa constitution si on n’y appliquait le remède indiqué par le souverain Pontife Léon XIII : ‘“‘Arrachez à la Franc-Maçonnerie le masque dont elle se couvre, et faites la voir telle qu’elle est.” —L’Encyclique, 20 avril 1884. Nos Seigneurs les Evêques, en publiant l’encyclique du Pape, ont commenté avec éloquence ces paroles du Souverain Pontife, et Mgr de Montréal, en particulier, mettait ses ouailles en garde contre la propagande maçonnique par ces remarquables paroles de son Mandement du 22 mai 1884.

Mandement de Mer de Montréal.

“Ze mal existe (la Franc-Maçonnerie) ef i/ cherche à se répandre. Xoin donc de nous assoupir, nous devons faire tous nos efforts pour étouffer dans sa racine cet arbre de mort qui cherche à s'implanter au milieu de nous. Cest /à votre devoir le plus sacré. C'est le devoir des pères de familles, qui doivent veiller à ce que leurs enfants n’aient aucun rdpport avec les embaucheurs des sociétés secrètes, quelles qu’elles soient ; c’est le devoir des ministres

, Maçonpeuples ion si on ouverain -Maçonfaites la vril 1884.

nt l’ency-.

lence ces Montréal, de contre rquables

/ cherche ir, nous dans sa planter le plus es, qui aucun icrètes, nistres

| du sanctuaire, des pasteurs des âmes, qui doivent | déployer tout leur zèle à bien faire comprendre à leurs ouailles les dangers de ces associations ténébreuses, leurs tendances irréligieuses et les décrets solennels que les Papes ont lancés contre elles. Tous les ans, le jour de la solennité de St. J. B., N.T.C.F., on vous met en garde contre les socittés secrètes, et le décret du premier concile de Québec, publié dans toutes les chaires du diocèse, vous inculque votre devoir.” :

Pour entrer dans les vues du Souverain Pontife et de nos évêques, j'ai écrit ce petit opuscule.

Que les Canadiens y voient, non une attaque contre la bonne renommée d’un pays qui est mon ays, contre des hommes qui sont mes compatriotes, nes amis, mes frères ; mais bien plutôt une preuve de l’amour que je porte à notre commune mèrepatrie, en lui signalant un ennemi qui, laissé en paix, détruirait l’œuvre de nos pères et briserait dans son élan un peuple appelé par Dieu à de ma-

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