‹ La maçonnerie canadienne-française [microforme]Chapitre 70 sur 71 · LES RÉSULTATS MAÇONNIQUES · texte numérisé non relu

LES RÉSULTATS MAÇONNIQUES

Les résultats de ces manœuvres maçonniques sont déjà fort sensibles en Canada.

J'Autorité a beaucoup perdu de son prestige et de ses droits au respect et à l’obéissance des catholiques. La vigueur des principes chrétiens s’affaiblit et baisse. Les idées modernes font vite leur chemin surtout parmi la jeunesse et bon nombre de citoyens appartenant aux professions libérales de la société. Les catholiques sont devenus hési-

tants, timides, peureux. Ils n’osent plus affirmer hautement leurs principes, ni soutenir les droits de Dieu et de son Eglise. Ils craignent d’être taxés d’exagération, de fanatisme ; de passer pour des esprits chagrins qui voient tout en noir et veulent à tout prix s’ériger en censeurs de leurs frères. Pour échapper à cette situation pénible, plusieurs fléchissent et commencent à faire des concessions. Or, quand un catholique fait à ses ennemis acharnés des concessions de principes ou de doctrine, il est perdu. Ou s’arrêtera-t-1l en effet ? Concéder un point de la doctrine de l'Eglise, c'est s'engager logiquement à concéder le tout, dès que l’ennemi l'exigera.

Il y a du malaise dans notre société canadienne, Les catholiques sentent d’instinct la présence et l’action d’un énnemi invisible, à l'œuvre au milieu d'eux. Ils s’'aperçoivent qu’il mine peu à peu les bases de leurs institutions religieuses et nationales, et qu’il prépare en secret des ruines qui ne pourront plus se relever,

Cet ennemi, ils le nomment d’un mot: C’es/ /a Franc-Maçonnerie, non pas audacieuse, provocatrice, violente comme en Europe ; on pourrait alors lutter corps à corps avec elle et la vaincre, mais

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insidieuse, cachée, tortueuse ; on la voit dans bien des endroits, on ne parvient à la saisir nulle part, on veut arracher des masques, et ces masques retombent plus impénétrables que jamais.

Vrai serpent venimeux, qui distille son poison en silence, dans l'ombre dès qu’on veut l’approcher, il se dérobe et fuit.

L'hypocrisie est le trait caractéristique du francmaçon canadien.

En commençant sa besogne impie et sacrilège, il fait pieusement son signe de la croix.

Il se courbe plus profondément que qui que ce soit sous une bénédiction d’évêque.

Il crie à tout venant son respect pour l'autorité ecclésiastique, sa soumission aux moindres désirs dn Pape,.son obéissance à tous les points de la doctrine de l'Eglise, à toutes les décisions de sa discipline. Ce pharisien des loges ne cesse d’énumérer les services qu'il prétend rendre à la religion et à ses institutions catholiques. Or, ces services sont des insultes véritables. Cette protection est une injure sanglante, capable de compromettre à tout jamais ceux qui auraient l’imprudence de l’accepter et de la prendre comme auxihaire dans la lutte.

On sait en effet, ce que sont les franc-maçons, le but qu'ils poursuivent, et les intentions qui les animent : s'ils feignent d'offrir leur alliance aux catholiques, c’est un baiïser de Judas ; ils n’embrassent que pour trahir.

Voir de la Maçonnerie partout en Canada, c’est exagération regrettable ; n’en voir nulle part, c’est aveuglement fatal, ou trahison détestable.

Le mal existe, il faut être aveugle pour ne le point voir. Il fait des progrès inquiétants, surtout dans les grands centres. Nous avons donc, nous catholiques, à être vigilants et à le combattre par tous les moyens en notre pouvoir. La masse du peuple, dans notre province de Québec, est encore foncièrement catholique,il est vrai ; les églises sont trop étroites pour contenir la foule qui s'y presse, je l'accorde. Mais il en était ainsi en France, quand la Révolution de 1789 éclata. Le peuple allait à la messe et, quatre ans plus tard, il dansait la Carmagnole autour des échafauds.

La corruption dans les sociétés part d’en haut puis elle descend vite jusque dans les plus basses couches sociales ; et, quand on s’est assuré de la tête, l’on peut, à coup sùür, compter sur le cœur, le bras et la volonté, c’est-à-dire, sur l’homme tout entier.

ns, les Lux CHAPITRE V. M - | ALORS ET AUJOURD'HUI est Alors, c’est-à-dire vers 1820, bon nombre de est canadiens appartenant aux hautes classes sociales étaient devenus francs-maçons.

le Un correspondant qui signe H. V.a publié, out dans Za Minerve, des détails fort intéressants sur us cette période maçonnique de l'Histoire du Canada. par Donnons-en quelques extraits :

du ‘ En 1819, les Canadiens âgés de 30 à 40 ans ore sont parvenus aux grades les plus élevés. Les ont noms seuls des grands officiers ont été publiés. se, Comme ils appartiennent à l'Histoire, je crois ce, pouvoir les rappeler sans inconvénient :

le Claude Dénéchaud, Grand Maître, loge 77.

ait Pierre Plamondon, Mtre de la loge 23.

Chev Chs de Tonnancourt, Grd Trésorier.

ut Chs C. Oliva, Grd Intendant, loge 23.

ses T. F. X. Perreault, député Grd Mtre, 1821.

la J. B- D’Estimauville, («)

le mr

ut (a) Le nom de Geo. Farribault F,. Grd Diacre en 1821 a

été oublié par le correspondant ( V. Hist de la loge St Paul, p. 135).

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