CHAPITRE YII
Nouveaux mystères et emblèmes introduits che z les Lévites peu* dant la captivité de Babylooe. —-Légende de Salomon et d'Hii*am. -— Fête de la parole innomînable. — Pâque conservée. *— Mystères juifs expliqués par les synd>oles pratiqués dans la Maçonnerie. — • Vision d'Amos. — La Bible explique les épreuves de l'initiation juive. *— La Bible est écrite du temps de l'esdavage deBabylone. — * Privilèges anciens des Lévites. —Initiation lévitique, son premier ordre. —«Le Soleil , base des mystères anciens. — Mort et résurrection d'Hiram , analogues aux solstices et aux éqninoxes. — Sainteté de la parole innominable. — ICram , allégorie du bon principe ; ses assassins du mauvais. -— Institution de l'emblème de l' Acacia. Usage de cette branche mystérieuses chez les anciens. — Pourquoi les Lévites durent choisir Hiram pour le symbole du Soleil ; ex]^cation de cette allégorie dans différens rites maronniques. «— Pierre cubique et pierre angulaire.
J. o u T x)orte à croire que les Sacrificateurs et les Lévites y lors de leur esclavage en Babylone, tout en conservant les anciens mystères et dogmes apportés d'Egypte par Moïse y voulurent transmettre à la postérité les sentences de Samuel, leur deuil, et l'espoir qu'ils avaient d'une future rédemption. A cette fin ils instituèrent des nouveaux mystères, qu'ils réunirent à ceux qu'ils pratiquaient , en se proposant particulièremlent de cultiver les sciences que Moïse et Salomon leur avaient
prescrites « conyaincus que c'était le seul moyen de pouvoir se remettre à la tête de leur gouyernement^ une fois qu'ils auraient eu le bonheur d'être libres et de rentrer dans leur pays.
Ils choisirent donc un sujet et des emblèmes analogues à ces nouveaux mystères , afin qu'ils pussent leur servir de commémoration de leurs libertés et de leurs biens perdus par l'institution des Rois , qui causèrent leurs malheurs et leur esclavage ; ils se proposèrent dans ces nouveaux travaux la réédification mystique du Temple deSalomon.
Aux anciens emblèmes apportés de l'Egjrpte, ils en ajoutèrent de nouveaux ; ils établirent pour les premiers grades que les apprentifs ou les nouveaux initiés devaient dégrossir et ébaucher les pierres brutes avec des marteaux , comme en agissaient les Egyptiens ; ce quon déduira par le document qui existait dans le cabinet du père Albert que Montfaucon indique être une prêtresse égyptienne , et que nous croyons être une Isis , soutenant sur ses genoux , comme si elle tenait un enfant , la pierre brute à dégrossir. (Voyez let. plane. II, n.** lo.)
Quelques écrivains pensent que les marteaux qui , dans nos travaux , s'appellent maillets , rappellent le marteau de métal dont se servaient les Grands-Sacrificateurs pour frapper la victime ; d'autres croient qu'ils représentent cette croix baphométique tronquée des Gnosticiens , cette clef tautique et cruciforme qu'on découvre dans
les symboles égjrptienay que les diirinités portaient; au bout de ces croix , on y avait attaché un anneau par lequel les perscmnages des hiéroglyphes la tenaient. (Y. la Table lêiafue , planche III ). Ce signe indiquait leur immortalité ; on le yerra ci-après. Comme tout devait se rapporter à la réédification du Temple , on d&t éta« blir y pour être élevé d un ordre supérieur , le passage de réqueire à l'aplomb , que nous conservons aussi dans le grade de compagnonnage. L'astronomie devfitft toujours représenter aUégoriquement tous les mystères ; aussi Hiram , qui était la figure du Soleil et de r Architecte^ devait y comme le Soteil, raoïHÎr et ressusciter y ce qui devint le sujet des ordres^ supérieurs au compagnonnage. Aux anciennes épreuves de passer par les élémens y ils ajoutèrent des cérémonies pour rappeler qu'eux seuls avaient le droit exclusif de foire les sacrifices; ainsi , ils préparaient le néophyte comme une victime^ à l'instar des Egyptiens ; ce qui se pratique également dans notre institution.
Ces nouveaux mystères , cérémonies et emblèmes devaient rappeler Tépoque la plus brillante de la nation juive y celle où Salomon avait relevé le culte du Grand- Jéhovah ; ils servaient aussi à retracer la gloire^ qui rejaillissait pour lui de ce qu'il avait accordé lés biens et l'autorité aux Sacrificateurs et aux prêtres, et d'avoir établi la marche des mystères ; ce qui a été trèsbien expliqué par D, F. Bagot , 4.« édition , Paris, p. 5g , où il donne la légende du Temple :
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« Salomon rassembla ses chefs de travaux et leur » proposa d'édifier , en l'honneur du Grand-Architecte de » rUniyers , un Temple semblable en tout à celui qui » Tenait d'être bâti. Tous y consentirent , et les ouvriers » manuels, hommes instruits et pieut, devinrent ou- )» vriers spirituels; comme il importait de marquer la » différence qui existe entre les dispositions aux vei^ » tus et à la possession de cette même vertu , Salomon » caractérisa les grades.
» Le i^'y l'apprentissage, renfermait toutes les épreu- )» Tes corporelles des mystères égyptiens; lé 3"», de » compagnonnage, comprenait les institutions données » par les prêtres, et les conférences de ces prêtres avec » l'aspirant dans la dernière partie de l'initiation ; le 5"^, » la maîtrise , était la connaissance totale des mystères, » mais il convenait à la prudence de Salomon , d'adapter » i son système moral Tincident du maître assassiné » par les vices attaquant, et quelquefois altérant la » vertu. )»
Ces mystères nouveaux , établis paît les Lévites dand Babylone, devaient entretenir chez la nation le désir de rentrer dans ses foyers , pour y Irebâtir réellement le Temple Saint et recouvre!* l'autorité et les biens perdus par Tambition des derniers rois de Juda et d'Israël.
Les Lévites, dans ces mystères, conservèrent la fête duiodeThischri,oulemystère de la Parole perdue $ ce
qui est coniy cré dans la maçonnerie de nos joura« Le seul
Grand-Prétre, une fois par annéç, retrouvait et prononçait cea mots sacramentels (tQus les rites en agissent encore de même), et si le rite français ^ pour se tenir à la valeur du mot irmommoMe^ a écarté dans sesmystères cette parole, il la conserve dtggus.sa voûte sacrée, et y a substitué les mots Schem^ Haaam^ /^Aora#> qui- signifient nom bien prononcé.
. Les Lévites chargés des mystère, criaient, aussi au peuple ces mêmes mots, après que le Grapd*>Pontife avait prononcé la parole sacrée , iunominable.
A la.suite di^ cette, liturgie., les Isiaâiitas fêtaient leur PÂq}ift(i), qu'ils levaient empruntée, comme on Ta. dit, des Egyptiens, chez lesquels elle avajt lieu à la pleine Itt^ç, dans l!équjino3;e4H priatemps.
J^^, pirêtrjQS de Memphis l'avaient établie en reooniiu^ie^f%]ric.Q d^s. avantages produits par la retenir, de. la fprc^ dii Sçlfil, sçus Iç sy^tA^ et mystère dudieu Qsifift» qw reên^fiUf, et triampl^. des ténèbres et du mauvais principe , ou des frimas ; ils rappelaient, le paysjéirft dç la^ jRiêfdrreflfipn ;, o^delfkRédé.mpihn.JLes OhrétiepS; qnt a\i§si4ç^FKl^ÂqUfe^ et la. résurrecliop de J^s^i^s. iinflge, du Sc^eiL
Quant au ^pjsupje .l^^breu , il a, rçgw;dé cette fête qoimou^ la çompéi?cipriajlflpnî d^ sa sortjie. d*Egypti> ejtde la des^ t^i^ction^.des.p^^^iniers nés deS: Ëgyptieos^ lei^rs^auçij^ns maîtres , qu'ils regardaient , cqmm^ de$ , barbfO^Si.:
'(t) PAcpM veàt dire passage ; il faisait alhtsîOir k cclm du Solcfl.
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Il est à observer que Moïse ordonna, comme cérémonie essentielle à cette fête , un banquet dains leqtiel on devait servir simplement un agneau mâle d'un an. Exode , ch. xxn, V. 5. C'est par cet eiïiblèMe que Moïse voulut rappeler aux prêtres Israélites VÀrieê, signé du' Zodiaque égyptien ; différens rites maçonniques' suivent encore cet usage; nous en parlerons lors des cèréniônies.
Ces institutions mystiques étaient coihlntines â toutes les religions de l'antiquité , et les prêtres des différentes nations les tenaient soigneusement secrètes.
Néanmoins les écritures sacrée» des Juifs soulèvent de teiàps i autre le voile , et font voir qtî^ils célébraient leurs mystères sous la forme maçonniqâe. Il est dit, Pêâùnie' cjiXsii : « Si TEtemel ne bâtît la maison / cein: qui' la bâtissent y travaillent en vain. » Et dans les Propbéties d'Amos, au cA.vn , t?. 8, on lit un entretien ft>rt curieux sur ces mystères entre le Seigneur éternel et ce prophète.
L'Éternel se présente à Amos soùs la transfiguration analogue aux mystères que les prêtres hébreux devaient avoir établis et pratiqués, c'est-à-dire sous la figure d'un Maître Maçon; il demande à Amos :
« Çwfrftncfe*.^ Que voyez-vous?
Et le prophète répond :
« Je vous vois, ô mon Seigneur, avec une Truelle à la main (i )«
(i) Cet emblème fait partie des rites mar.omiiques , et on pout
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Le Seigneur lui réplique :
<i Eeee ponam trullam in medio populi mei IsraSl, » non adjieiam super inducerê eum, »
Le prophète dit par-là allégoriquement , que le grand Jihovah ne voulait plus , à cause des péchés des Israélites, s'occuper à l'avenir de la réédification des murailles de Jérusalem, de son Temple saint, de ses mystères, ni de sa régénération future.
Ce texte mérite la plus haute considération de nos Frères éclairés.
Un autre texte autographe prouve les initiations établies chez les Juifs ; elles sont les mêmes que celles des Maçons. (Voyez la BibU de Lauvam^ i55o; Eeele-siaete, eh, iv , v. Lit, c. ) : « Elle marche i>ar des chemins » douteux avec lui , l'ayant Jlu entre les premiers. Elle » fera naître en lui crainte , peur et appréhension , et » se tourmentera pour lui communiquer sa doetrine » jusqu'à ce qu'elle le tienne dans sa manière de penser, » et qu'il croie en son ame , et elle l'affirmera et con- » duira par le droit chemin de la eageeee , et le rassurera , » lui découvrira eee secrets , et le fera riche en science » et entendement. » Il est hors de propos d'avertir que ce texte se réfère à l'initié et à l'initiant.
Les critiques de la Bible prétendent que , pendant
dire qu'après cette légende , il doit occuper la première place. Il sert dans l'Ecossais , dans le Gh.*. d'orient, et dans les grades de perfection. (Planche l.^ , n.« 28. )
cette captivité, les Lévites avec les autres Israélites avaient appris la langue et l'écriture chaldéennes; car c'est dans cette langue que la Bible est écrite ; ils supposent aussi avec raison , ce que les curieux pourront trouver dans la lecture des écrivains par nous cités (i) , que ce livre est tout-à-fait mystérieux et allégorique ; qu'il fut composé par les prêtres israélites du temps de leur esclavage à Babyloné , ou après leur retour à Jérusalem. Us regardent comme impossible qu'on puisse admettre que ce livre fût écrit du vivant de Moïse f car il donne l'histoire des Juifs bien postérieure à Moïse même , et à ce qu'on lui attribue y et ils disent même qu'après les lois de Moïse, les prêtres devaient connaître les écritures sacrées et profanes, et qu'ils ne pouvaient et ne devaient en connaître d^autres que celles des Egyptiens et leurs hiéroglyphes;
car leur captivité en Egypte avait compté douze pa-
triarches, qui s'étaient succédé, c'est-à-dire douze générations. L'histoire des Egyptiens dit qu'ils condamnaient aux travaux les criminels (2) et les esclaves.
(1) Frëret a mis en défaut la Ghrotaxilagie bMque ; Boulanger, Voltaire , Dupuis , Leblond , ont remarqué ses erreurs géographiques et historiques. Aux yeux de ces écrivains , la Bible est bien loin de prouver le caractère de divinité qu'on prétend lui avoir été imprimé.
(a) Les lois égyptiennes condanmaient les criminels à des travaux inutiles, comme à remplir des tonneaux percés. et à porter des pierres sur le sommet d'une hauteur , et ensuite à les rouler eu