‹ La Maçonnerie considérée comme le résultat des religions égyptienne, juive et chrétienne. Tome premierChapitre 18 sur 38 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

La ville natale de Jésus ne croit pas à ses mirades ni à ses doctrines. Les sacrificateurs juifs demandent sa mort. -— Origine du dogme de la résurrection; son antiquité. — Jésus interprète la Bible. — De la sanctification du sabbat. — Les prêtres juifs obtiennent la mort de Jésus. — S.^ Pierre et S.* Paul enseignent là résurrection. — Origine des idées de la fin du monde. *— Dogue de la résurrection chez différentes nations. Explication de la résurrection par S.* Epîphane. -* Les résurrections opérées par de simples Gkrédens infirment cdttes de Jésus. •—< S^* Jean établit la divinité de Jésus.— Mdange des premiers Chrétiens avec les Juifs. — Les Empereurs romains s'élèvent au pontificat; causes. — Destruction de Jérusalem. — Opinions diverses sur les Evangiles; celle de S.^ Irénée.

v^N lit dans l'Evangile de S.^ Luc , chap. ii y que Jean étant en prison par ordre d'Hérode, quelques-uns de ses Disciples se présentèrent à Jésus ^ sur la renommée de ses miracles , et d'après les avis de Jean même , pour savoir s'il était le Messie. Jésus j sachant que les Disciples de Jean « avaient quelque jalousie contre lui , » évita de rien dire de lui-même qui pût paraître trop » avantageux. » Il paraît par ce texte que ni Jean ni ses Disciples n'avaient une grande confiance en Jésus. Mais les Disciples de Jean-Baptiste n^étaient pas les seuls qui fussent sans foi pour notre Divin Maître ; car on lit dans

l'Evangile de S.^ Marc ^ cAop. ¥i , que la -viUe de Nazareth, lieu de la naissaiice et domicile de Jésus jusqu'à ce qu'il eût trente ans, témoigna une incrédulité prononcée , et une obstination semblable i celle du reste de la Judée pour tous les. miracles qu'il opérait.

Jésus fit bien des miracles dans sa patrie pour fortin fier la crojance de ses concitoyens, les Evangiles le disent i chaque page ; mais ce fut en vain : ni ses miracles, ni ses prédications ne purent les convertir (i) , et il finit par s'éloigner pour toujours de cette ville inerédnle. D est mi^e dit dans l'Evangile de S.^ Marc , que les Nazaréens s^étaient proposé de jeter Jésus en bas du rocher sur lequel leur ville était bâtie.

La même incrédulité, la même obstination ont été décrites par S.^ Luc , ehap, vm, v. 4i-49 , dans la fiUe de Jaïre , que Jésus ressuscita , et dont le père était prince de la Synagogue. Ni la fille, quoique de l'âge de douze ans, ni le père , ni les personnes qui se trouvaient présentes à ce .miracle , ne montrèrent le moindre

(i) n paraît que c'est d'après ce fait qu'on a adopté cet adage : Nemo propheto in patricL Remarquons à ce propos Texenif^ de modération que donna notre Divin. Maître à si^^ incrédules concitoyens; il ne fait pas pleuvoir le feu du ciel sur la ville coupable. Ennemi de la persécution , il ne l'ordonna jamais pour opinions religieuses ; il se borne à dire à ses Disciples , quand ils rencontreix)nt un incrédule : Sit tïbi sicut ethnicus et pubUcanus^$ ou bien, il leur prescrit ce de les quitter^ en secouant la poussière de leurs souliers.» Vbîlà la seule peine civile qu'il ait jamais infligée.

étonnement, la moindre reconnaissance; on y lit même qu'ils se moquèrent de Jésus y disant qu'ils ne croyaient pas à la résurrection des morts, et traitant tous ces miracles de contes de revenans.

Les doctrines de Jésus étaient libérales ; elles firent dire i quelques détracteurs , qu'il n'aimait pas le pouvoir étranger, qui était alors celui des Césars. Cette opinion a été adoptée encore par Milton , dans son Paradis reconquis; au premier chant, il met dans la bouche du fils de Marie un discours sublime et profond : Jésus ne veut que la liberté de ses frères; il ne prêche que droits de l'égalité, il projette aussi la destruction de la théocratie juive. Le jeune enfant est indigné de la tyrannie des Romains ; il se propose de briser les^ters de sa patrie^ de donner des lois basées sur l'égalité, de terrasser V insolente audace du Sacerdoce de ce temps-là. Rien n'échappe i sa pénétration ; il sait unir le passé au fu^r pour donner une haute destinée à ses frères.

On lit dans S.^ Mathieu > chap. xvm, que ceux qui levaient les impôts , demandèrent un jour à l'apôtre Pierre, lorsqu'il entrait à Çapharnaum> si son maître ne payait point de tribut : Pierre, en homme prudent, répondit néanmoins affirmativeHient , et se tira ainsi d'afiaire. Cependant, arrivé au logis, il demanda à Jésua si on devait , d'après les institutions mosaïques et d'après sa doctrine libérale , payer le tribut. Si Jésus eût répondu afBbrmativement, il aurait été en opposition avec

sa doctrine et avec la loi mosaïque, qui déclaraient le peuple hébreu libre et indépendant ; s'il eut répondu négativement , il était rebelle à l'autorité des Césars , qui alors dominait. C'est pourquoi , sans attaquer les lois anciennes ni sa prédication, il répondit par une interrogation , et s'écria : « De qui les Princes de la terre )> exigent-ils le tribut? Est-ce de leurs enfans on des » étrangers? » Malgré cette réponse, qu'on pourrait croire évasive, il enseigna au même instant à l'univers qu'il faut se soumettre aux lois de ceux qui gouvernent.

Le Nouveau-Testament est rempli de paraboles et d'allégories. Jésus n'ayant pour Disciples , selon cet écrit , que de pauvres ouvriers et des pêcheurs , auxquels il enseignait sa doctrine libérale, conmiandait le travail pour pouvoir payer les tributs. Il leur ordonna dans cette circonstance de jeter de suite leurs filets ; et le premier poisson qu'on prit , avait dans sa gueule la monnaie qui devait servir à Timpot: sublime allégorie, qui prescrit aux honmies , pour premier devoir, le paiement des tributs servant i la gloire de leur patrie , à l'entretien de l'ordre , à la sàreté publique et individuelle , à celle des propriétés et à la conservation des établissemens utiles.

Les Pharisiens demandèrent encore dans une autre circonstance à Jésus, si Ton devait payer le tribut à César, afin de i)Ouvoir l'accuser de félonie, ou d'enseigner des doctrines contraires à la loi de Moïse. Jésus

se fit donner par les personnes présentes une pièce de monnaie; l'argent en circulation alors était frappé au coin de l'Empereur. Jésus en fit remarquer Texergue ^ et résolut la question par ces mots dont on a £adt un adage : Date Cœsari, quod est Cœsari.

Dans l'ouvrage numismatique le plus soigné qu'on connaisse , celui de M. Mionet , où Ton trouve des milliers de médailles qui remontent à une très-haute antiquité grecque, arménienne, perse, égyptienne, phénicienne , il n'y , eh a pas une seule qui appartienne à la nation israélitique, â sa théocratie ou à sa royauté; ce qui a &it croire à quelques critiques que le peuple hébreu ne fut ni aussi policé ^ ni aussi riche ^ ni aussi ancien que la Bible le dit positivement.

Jésus y pendant sa prédication , £ait continuellement des miracles. Tout Chrétien réclamait dans l'origine du Christianisme le pouvoir de chasser les démons. Greg. Naz. Carm. 65 ad Neme^. Dans V Extrait de la Bible , par La Croix y t.n^p, 590 , il est dit que lés Disciples de Jésus faisaient aussi des miracles , et que l'Apôtre saint Pierre ressuscita un mort à Joppé.

Il parait que l'art de faire des miracles n'était pas exclusif aux seuls croyans à la résurrection ;^ car Appollonius de Tyane fit aussi beaucoup de miracles , et les premiers Chrétiens l'accusèrent de sorcellerie, tandis que les critiques le désignaient comme un imposteur, comme un fabricateur de faux miracles , ainsi que tant d'autres instituteurs théosophiques.

Les grands Sacrificateurs , les Princes et les prêtres persécutèrent Jésus , comme le disent les Evangiles ^ à cause de son dogme de la résurrection y mais sur-tout à cause de sa doctrine qui prêchait Tégalité y attaquait lés droits et le pouvoir du sacerdoce , en prescrivant la communauté des biens entre ses Disciples et ses Sectateurs.

Le sage par excellence avait réduit la religion à aimer et adorer Dieu, à aimer sincèrement son prochain, et à rendre à César ce qui est à César. C'est sans doute la religion la plus pure , la plus vraie , la seule digne de Dieu et de l'homme éclairé; mais, lorsque le peuple était ignorant, elle était trop simple. Synerius et d'autres ont dit, peut-être avec raison, qu'on ne peut plaire au peuple qu'avec des absurdités (i). Ainsi les Chrétiens orientaux et occidentaux ont renchéri sur cet enseignement.

Quoique le dogme de la résurrection, enseigné par Jésus, fut contredit par les Juifs, néanmoins les Hébreux ne furent pas toujours incrédules aux résurrections : ils admettaient connue véritable la résurrection opérée par Elisée sur le fils de son hôtesse, que quel-^ ques critiques lui donnent pour maîtresse; ce qui, du

(i) C'est ce qui explique Fexîsteiice de deux religions en Egypte et à la Chine : une pour le peuple, remjdie de toutes les extravagances possibles ] l'autre toute simple , pour les hommes éclairés et les initiés.

reate , n'infirmerait en rien la vérité de ce miracle. Les Israélites croyaient à la résurrection ^ témoin ce qu'ils nous rapportent de ce mort dont le corps étant conduit à sa sépulture , fut jeté par le convoi qui l'escortait y à la vue d'une bande de voleurs, dans la caverne où Elysée était enterré. Dès que le corps toucha le tomr beau d'Elisée, il ressuscita et se leva sur ses pieds. Ainsi le système de la résurrection et sa croyance avaient été établis chez les Hébreux par Elisée et par les prêtres postérieurs, bien avant Jésus.

Cet Elisée est regardé par la Sainte-Ecriture comme un saint et un homme selon le cœur du Dieu des Hébreux. Néanmoins les critiques ne peuvent lui pardonner , après avoir quitté la Judée pour opérer des miracles en Syrie, d'avoir donné les mains à un parricide. On lit dans le livre H des Rois, eh, vin , t;. 7 et suivans, que Ben-Hadad, Roi de Syrie > étant malade et sachant qu'Elisée était dans ses Etats, lui envoya Hazaël, un de ses généraux, pour le complimenter et lui faire des présens dignes d'un souverain généreux : quarante chameaux chargés d'objets précieux, devaient obtenir de l'homme du Dieu des Israélites sa guérison.

Elisée reçoit les présens , et en n^éme temps dit à l'envoyé que Dieu lui a montré que son Roi doit mourir; et , sans aucun ménagement , il charge le même Hazaèl de débiter à son souverain légitime un mensonge « qus certainement il pourra guérir. » Dans cette entrevue ,

Elisée persuade à Hazaèl qu'il sera bientôt lui - même Roi de Syrie.

Hazaèl, de retour, donne à son Roi dé bonnes paroles de la part d'Elisée , et l'espoir de sa guérison. U attend cependant qu'on lui apporte pendant la nuit la nouvelle de la mort de Ben-Hadad, que le prophète lui avait an?« noncée. Le jour suivant, lui-même va s'assurer de la santé du Roi : ^es gardes le laissent passer ; il trouve son Roi endormi.

Hazaèl, voyant que, malgré les promesses d'Elisée , Ben-Hadad vivait encore, et qu'il n'y avait pas d'apparence qu'il dut bientôt mourir, prend un drap épais , le trempe dans l'eau , le met sur le visage de son Roi et rétou£fe, pour accomplir sans délai la sainte prophétie d'Elisée ; après ce crime horrible ^ il se place sur le trône des Syriens.

Que les Rois et les Princes apprennent à tirer une sage leçon de ce fait ; qu'ils craignent que leurs dons multipliés aux prêtres , ne soient tournés contre euxmêmes, ainsi que le prouve l'histoire d'Elisée.

On lit dans la Chronique des Samaritain» l'éloge que Josué fit de Moïse après sa mort ; il énumère les miracles qu'il a opérés; il dit qu^il est le seul qui ait ressuscité les morts. Cependant la Bible ne dit pas qu'il eût ce pouvoir ; et les Hébreux , quoiqu'ils considèrent Moïse comme le premier des législateurs, n'osent pas le comparer aux Prophètes, m & Josué qui. arrêta le

Soleil dans sa course , ni à Elisée qui ressuscitait les morts.

Les Samaritains croyaient à la résurrection des morts du temps de Jésus; néanmoins Méandre, que nous avons cité et qui était de cette secte, pensait que ce dogme n'était qu'une allégorie ; son dogme théosophique se basait sur cette opinion.

Mais revenons à notre Divin Maître. Sa doctrine n'admettait pas la Bible telle que l'interprètent les Chrétiens d'aujourd'hui ; ses exceptions sur son xontenu et ses interprétations fiirent même une des causes de la haine que lui portaient les Pharisiens.

Les critiques soutiennent que Jésus était d'avis que l'on n'avait pas besoin d'interprète dans la lecture qu'il prescrit du Testament donné par Dieu , qu'il fiait parler ainsi :

<( C'est moi qui vous aiderai à l'entendre ; je n'ai pas )» besoin d'interprète. Je savais ce que je faisais en » donnant ma parole aux hommes, mieux que ceux qui » veulent l'expliquer ; j'ai prévu tout. Soyez assurés que » tout homme qui lira mon Ecriture pour s^instruire , )i ne pourra jamais errer. » De son vivant Jésus s'était opposé aux querelles des théologues; il disait que l'Ecriture-Sainte était donnée par Dieu , comme un bâton aux aveugles pour se conduire , et que les théologues enorgueillis de le tenir en main , se disputaient souvent sur sa longueur et sa grosseur , et finissaient toujours par se battre.

Jésus 9 ou pour mieux dire^ les Evangâistes, ont désigné un livre (la Loi et les Prophètes) comme le code du dogme des Israélites; les historiettes profanes qu'on lit actuellement dans la Bible ^ sont étrangères à ce qu'indicjue son ancien titre , outre que quelcpies-unes sont souvent absurdes et même indécentes. ^

C'était ce livre de la Loi et des Prophètes, suivant le Deutéronome, vi, ç. 4, que le peuple d'Israël devait méditer sans relâche y et qu'on devait enseigner aux enfans , afin de graver dans leur cœur les commandemens de la Loi.

On devait les inscrire sur les poteaux des maisons et sur les portes. Cette Ecriture-Sainte devait servir , suivant le sage instituteur, à ce qui est le plus nécessaire dans la vie, à la gloire de Dieu , père des hommes, et à la direction de nos actioivs.

Outre que Jésus n'admettait pas la Bible telle que les Pharisiens l'entendaient , il ne suivait pas les préceptes du Déealogue en ce qui regarde la sanctification du sabbat , comme il est dit au eh, m^v. i4 : « Mais le sep- » tiéme jour est lé repos de l'Etemel ton Dieu , tu ne » feras aucune œuvre en ce jour-là , ni toi , ni ton fils , ni » ta fille , ni ton serviteur , ni ta servante, ni ton bœuf, » ni ton âne, ni aucune de tes bétes. »

Il fut accusé avec ses Disciples par les Pharisiens de transgresser la loi de Moïse sur la sanctification du sabbat. S.* Luc , cA. vi, v. 1-2. Ce délit était prévu par le

code mosaïque, et Jésus devait être lapidé. Il se justifia par les exemples de David et de tous les Sacrificateurs, qui tuaient les victimes le jour de sabbat. Observons que, dans TEvangile de S.^ Mathieu , au cA. xn , t^. 8, Jésus interpellé sur cette question , répondit : Car le fils » de rhonmie est seigneur même du sabbat. » Ce qui veut dire , d'après les accusations dont il était l'objet , sur le précepte de sanctifier ce jour, qu!il pensait que l'homme a le droit de le célébrer ou non.

Le chef d'accusation de Jésus était cette transgression: ceux qui écrivirent les Evangiles et les j^cteê des Ap&très , nous apprennent qu'il fréquentait régulièrement les Synagogues et le Temple avec les autres Juifs le jour du sabbat : ce jour-ci Jésus enseigne et est honoré en Galilée (i) : dans ce jour il entre dans la Synagogue de Nazareth , lieu de sa naissance (2). A Capharnaum Jésus prêche sa doctrine le jour du sabbat (3).

Il paraît que les prêtres juifs ne se contentèrent ni des raisons de Jésus ni de ses marques extérieures de dévotion; la violation du sabbat étant évidente, elle méritait d'après leurs principes une punition exemplaire (4).

(1) S.* Luc y ck. rv, $ i5.

(2) Idem, id. , § 16.

(5) Idem, id. , § 3i.

(4) Après la mort de Jésus , on voit , par les Actes des Apôtres , ch, xni, § i4 e/ 44 ; ch. xiv, § 1 , et ch. xv, § 21 , que Pierre et Paul fréquentaient la Synagogue le jour du sabbat. Le Gondie de Jérusalem , qui est le premier de la chrétienté, n'a pas parlé

9' 317 •€ Les Grands^Prêtres et les Sacrificateurs juifs , pour

obtenir la mort de Jésus y l'accusèrent de prêcher une

du dimanche. Dans ce Concile^ les premiers Ghrétîens^uij& , pour faciliter Fadmission des acolytes, établirent qu'il n'était pas nécessaire de la circoncision pour entrer dans la fraternité ; ici on ne parle point du dimanche qui dut être établi comme jour de fête bien postérieurement à ce Concile. Quelques critiques en trouvent la cause dans ce que les Ghi^étiens , par la suite des temps , étabb'rent ce jour-là pour représenter leurs mystères , comme étant celui où , selon la Bible , la lumière fut créée ; ce qui aurait encore une analogie apparente avec le culte du Soleil.

n paraît que les Juifs-Chrétiens de Rome l'admirent fort tard ; on se fonde sur ce que Joseph n'a pas parlé de cette innovation. TertuUien, dans son Apologie des Chrétiens , ch, xxi, dit : Que les Chrétiens s'assemblaient le jour du Soleil au matin pour vaquer aux exercices reh'gieux, en haine des Juifs qui se rassemblaient le jour du sabbat. Les Chrétiens ne devaient pas s'abstenir du travail ce jour-là , pour ne pas imiter les Juifs. Justin , dans son Apologie à Marc-Antoine , qu'il publia vers la moitié du 2.'^^ siècle» nous détaille ainsi les occupations des fidèles de la première Eglise le jour du Soleil, a Réunions publiques des fidèles , lecture des x> écrits des Apôtres , des Evangélistes , oblation 'du pain et de ]) l'eau , prière , action de grâce , collecte libre en faveur des 3> pauvres , des veuves et des frères emprisonnés. » TertuUien en dit autant quarante ans après Justin. Au 4.'»* siècle , Constantin, tant pour marquer son attachement aux prêtres chrétiens que pour augmenter sa puissance, fit une loi de l'empire du précepte créé par le clergé , de célébrer la fête dominicale. Les prêtres , après cette époque , surent retenir leurs croyans dans une occupation spirituelle toute la journée ; les Chrétiens s'accoutumèrent à ne plus travailler le dimanche. Des gouvememens fléchirent devant le Sacerdoce , et l'on voit , même de nos jours , que le lord-maire , à Londres, punirait celui qui chanterait ou jouerait le dimanche.

On s'abstenait de tout travail ce jour-là j l'ouvrier, après qu'il

doctrine contraire aux lois mosaïque et civile ; ils la demandèrent et l'obtinrent. Leur haine poursuivit Jésus jusqu'au tombeau et au-delà. Un des Evangélistes nous rapporte que les Sacrificateurs demandèrent à Pilate , le lendemain de l'enterrement de Jésus, de placer une garde à son tombeau , de crainte que ses Disciples et ceux qui suivaient le dogme de la résurrection , n'emportassent le corps mort du crucifié et ne répandissent la nouvelle d'une résurrection imaginaire; assurant que cette imposture produirait de plus extravagans effets

a été au sermon , dépense le gain de la semaine au cabaret , et arrive , à la fin de ses jours , dans la misère. Si l'on observait l'esprit de la doctrine de Jésus , l'obligation du repos , le sabbat ou le dimanche cesserait , l'aisance remplacerait la pauvreté , comme on le voit dans des cantons suisses et allemands , où on a adopté ce principe. S'il faut des jours de repos aux hommes laborieux , et après des occupations une distraction agréable , il faut aussi que ces jours soient offerts et non commandés , et qu'ils ne soient pas trop fi^équens. A Macao , qui n'est pas éloigné des Philîppmes , les Portugais ont le dimandie tel jour , tandis qu'aux Philippines les Espagnols ont le samedi au même jour. Les premiers y arrivèrent par l'Orient et le cap de Bonne-Espérance , et les Espagnols par l'Occident et la mer du Sud. •— « Si deux Juifs eussent pu , en partant de Jérusalem , faire le tour de la terre , l'un allant par l'Orient , l'autre par l'Occident , de retour chez eux , lé premier aurait fêté le dimanche pour le samedi ; car marchant vers l'Orient , à chaque i3."** degré il aurait gagné une heure, et vingt-quatre après avoir fait le tour de la terre : il aurait donc vu le Soleil un jour de plus qu'à Jérusalem. L'autre aurait fêté le vendredi , et il l'aurait pris pour le sabbat , par la raison inverse ; que de querelles alors à Jérusalem! car il y aurait eu trois jours de sabbat l'un après l'autre.

parmi ses Sectateurs , q[ue toutes celles qu'il débitait de, son vivant , par exemple^ quand il voulut se fidre passer pour le Fils de Dieu et le Roi des Juifis.

Dans le même Evangile , on lit que les Sacrificateurs donnèrent de l'argent aux gardes , afin qu'ils eussent soin de répandre que les Disciples de Jésus avaient emporté et caché son corps y et que ce bruit étant répandu , la résurrection de Jésus ne fut pas crue par beaucoup de ses Disciples (i). Les Sacrificateurs juifs ^ après la mort de Jésus y conservèrent un pouvoir incroyable sur le peuple. Kvoi Actes des Apétreê , ch. Y, r. i5-25, on lit que l'Apôtre Pierre faisait des miracles et enseignait le peuple ; les Sacrificateurs le firent enfermer dans la prison publique , mais l'Ange du Seigneur lui ouvrit les portes de la prison. Pierre rendu à la liberté ^ se mit de nouveau à prêcher près du Temple \ alors les Sacrificateurs le firent derechef enfermer dans la prison. Les Actes n^indiquent pas comment il en sortit la seconde fois y mais ils disent seulement qu^à la suite de ce second emprisonnement , il prêcha encore dans le Temple même. Alors les Sacrificateurs eurent recours à un autre expédient; ils firent sortir Pierre et ses Disciples avec ordre de ne plus enseigner la résurrection des morts, et de ne plus parler au nom de Jésus. Le zèle de cet

(i) C'est un fait assez remarquable de trouver même les Disciples de Jésus aussi peu persuadés de sa divinité et de ses mirades , à ces époques et au commencement de la nouvelle religion.

Apôtre se trouvant arrêté dans sa mission à Jérusalem, il porta ailleurs la doctrine de notre Diyin Maître. On croit qu'il fut crucifié à Rome, et qu'on lui fit subir le supplice selon les lois des Juifs. Nous rapporterons par la suite l'opinion d'un auteur , qui regarde S.^ Pierre comme un être allégorique. Nous le répétons, nous avons bien des rites et degrés qui rappellent notre Divin Maître Jésus y la cène, la passion et sa résurrection; ce qui est observé par les Bons-Cousins et presque par tous les Roses-Croix : nous donnons une planche cabalistique qui fait voir la fusion de l'Ancien et du Nouveau-Testament, la résurrection occupe le faîte de la pyramide (i).

On lit dans les dictes des Apàtres, v. 38 , que S.^ Paul voulant soutenir le dogme de la résurrection des morts dans Jérusalem, fut battu de verges par ordre du Tribun, à l'instance des prêtres juifs , qui voulaient arrêter une telle doctrine. Paul s'étant déclaré citoyen romain , on sursit à son supplice ; il se fit alors conduire dans le Temple Saint, où il voulut persuader de sa croyance les Sacrificateurs et les Pharisiens ; mais il eut contre lui l'opinion des prêtres , et Ananias , leur prince , lui fit donner un sou£9et et le chassa du Temple.

L'idée de la résurrection attachée à celle de la fin du monde , était débitée par les philosophes et par les pré* très, aux mêmes époques et au conunencement du

(i) Planche 6.

Christianisme ; ils s'en servaient même pour faire allusion aux grandes catastrophes qui se préparaient dans les Empires \ Ton découvre cette idée dans les Ge'or- ^vfusê de Virgile , lorsqu'il veut représenter allégoriquement les combats dont TEmpire Romain est le théâtre entre César et Pompée ; Lucain , Ovide , Lucrèce parlent de la fin prochaine du monde et Tannoncent également.

Cette idée voyageait de Torient à Toccident , du sud au nord, et elle se trouve dans S.^ Luc ^ ch. xxi, et dans S.* Pierre, Epître ii, cA. m et autres , et plus particulièrement dans TApocalypse.

Il paraît que dans l'antiquité on conservait la tradition de la révolution que notre globe avait éprouvée. Des physiciens infatigables dans leurs recherches se sont exposés aux plus grands dangers pour tirer notre siècle de la léthargie des âges précédens. Ils ont étudié Thistoire de notre globe dans son sein ; ils nous ont fait connaître la structure des chaînes immenses de montagnes qui le couvrent de l'une à l'autre de ses extrémités ; ils nous ont mis sous les yeux les diflërentes couches de la terre , leur nature , leur caractère et situation respectifs qui sont les preuves les plus lumineuses de plusieurs variations auxquelles le globe fut soumis et qui se perdent dans la nuit des temps. Cette terre n'est plus ce qu'elle a été d'abord; elle a peut-être changé de forme des milliers de fois, et elle changera encore après

nous : Teau , le feu Font visiblement travaillée dans ses plus vastes parties. Des inondations , des effervescences, des fusions, des volcans, des tremblemens de terre qui accompagnèrent la confusion de ses élémiens , ont haussé , baissé , emporté, déchiré tantôt une partie, tantôt l'autre (i). Il parait démontré que notre planète

(i) Bufibu nous donne le résultat d'une excavation faite par M. Dalibard , dans le terrain de Marly-la- Ville : Après les premiers, i3 pieds sable calcinable ; 5 pieds après , une marne dure , faisant effervescence avec

l'acide muriatique oxigéné ; 4 pieds plus bas , une pierre marneuse , après de la marne en poudre , ensuite du sable fin ^ de la marne, de la terre , de la marne dure , du gravier ^ 23 pieds après , sable fin vitriable avec des coquilles , marne , gravier , marne en poudre , pierre dure , sable et coquilles ; i3 pieds plus profonds , hidtres spondiles non pétrifiées ^ 4i pieds plus outre, cinq couches de sables et coquillages;

101 pieds } et en dernier, des cailloux fluviatiles et du sable. Par ces derniers, il est indiqué que la mer avait pris place là avant la rivière.

Dans nos montagnes près de Schio , entre Vérone et Vicence , on trouve , à de certaines profondeurs , des corps marins , et des poissons dans la vallée de Bolca ; quelques-uns de nos mers , d'autres qui sont propres à l'Océan du Magellan et de la Chine , et finalement quelques-uns inconnus. L'Océan a séjourné sur nos hautes montagnes : Fortis et Spalanzani ont donné des descriptions très-savantes de l'état de ces montagnes et de ce qu'elles recèlent.

Autre part , on lit , dans V Essai sur la Géographie-Minéralogie des environs de ParU , par Guvier et Brongniart, pag. i : oc Cette

a subi quantité de révoltttions; tout naturaliste les trouve consignées dans ces couches de coquillages, dans ces

» contrée est la plus remarquable par la succession des divers » terrains qui la composent, et par les restes extraordinaires » d'organisation ancienne qu'elle recèle. Des coquillages marins 9 qui attestent régulièrement des coquillages d'eau douce , des » ossemens d'animaux terrestres entièrement inconnus , même 2> par leur genre , remplissent certaines parties. Des ossemens » d'espèces considérables par leur grandeur , et dont on trouve » des espèces dans des pays fort éloignés , sont épars dans les » coucbes les plus superficielles; des caractères très -marqués :i> d'une grande irruption venue du sud-est , sont empreints dans » les formes des caps et des collines. Voilà de grands documens 3> pour nous instruire sur les grandes révolutions qui ont terminé :» la formation de nos continens. »

Ces mêmes minéralogistes donnent les différens bancs de Montmartre. Trois bancs sable un peu quarcueux, coquilles, marines et balanes , dont on a reconnu i4 espèces ; plus , un banc argilleux , un marne calcaire et un marne argilleux de la surface de la tene à . 28 mètres.

Ensuite différens bancs avec débris de crabes, de coquilles 23 »

A la suite il y a trois masses gypseuses :

ij*^ Masse. Gyj^se marneux et marne calcaire. Dans ces couches on a trouvé un tronc de palmier pétrifié, d'un volume considérable. 18 »

2.ine Masse. Huit bancs gypse , après une couche marne argilleuse, verdâtre, qui a 10 »

EUe ne contient aucune trace du séjour des eaux maritimes ; elle n'ofire non plus de productions d'eau douce.

3.me Masse. Gypseuse, 3i bancs , au 18 , il y a le témoignage le plus authentique de la présence de l'eau de la mer : dans un banc de marne calcaire , il y a un gi*and nombre de coquilles, des oursins, des débris de crabes et d'un polypier rameux ; toutes productions maritimes : on n'a pas donné le résultat de cette profondeur.

U n'entre pas dans notre sujet de mentionner tous les animaux

couches calcaires , dans ces forêts réduites en charbon de terre que l'on trouve à des profondeurs très-considérables y dans ces quadrupèdes y et ces hommes pétrifiés qu'on trouve dans des rochers énormes. Ces phénomènes effirayans y que les savans de l'antiquité ont dû connaître avant nous y lors de la grande civilisation égyptienne et grecque, les ont persuadés que notre hémisphère fîit d'abord submergé^ ensuite volcanisé, et que la terre, après toutes les traces de sa haute antiquité, peut subir â tout instant une nouvelle catastrophe imprévue , même

que M. Guyier a déterrés et découverts , et dont les espèces sont perdues ; nous nous bornerons à parler un instant des carrières de Paris qui se trouvent placées dans un sol inférieur à Mont-Rouge. Dans ces carrières on trouve les bancs ci-après :

BANCS. NATURE. ÉPAISSETTIU

met. Cm

1 . Terre végétale argilleuse, sableuse, sable quarceux. 2 5o

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