‹ La Maçonnerie considérée comme le résultat des religions égyptienne, juive et chrétienne. Tome premierChapitre 19 sur 38 · Craie, chaux, charbonatie vaseuse de formation · texte numérisé non relu

Craie, chaux, charbonatie vaseuse de formation

marine 4o »

n résulte de ces notions qui ofirent sur la profondeur des couches supérieures de Montmartre et de Mont-Rouge , qu'à trois époques séparées entr'elles par des milliers de siècles , FOcéan a successivement inondé cette partie du globe ; c'est une vérité que les géologues, dans le dernier siècle, ont commencé à découvrir, et la terre conserve dans ses entrailles la plus ancienne chronique du Monde et la moins suspecte. C'est dans son sein qu'il faut chercher les lumières que la Bible et l'histoire nous refusent*

par la raison humaine qui se borne à attribuer les commotions antérieures à des comètes et â des déluges.

Ce n'était pas sans raison qu'à ces époques, on 'cherchait 9 par un système religieux , à mettre devant les yeux des hommes l'instabilité de ce monde. L'idée et l'esprit de conquêtes et d'invasion dominait les grandes nations. Les philosophes cherchaient â donner des leçons de modération à ces orgueilleux conquérans , en leur faisant voir que l'homme si fier de lui-même et de son séjour, où il a répandu à grands flots le sang de son semblable pour la possession d'un coin de terre , d'un vil métal, est moins assuré de son existence qu'un ver de terre.

L'allégorie de la résurrection se trouve dans la mythologie grecque , ainsi qu'elle existait en Egypte ^ comme nous l'avons vu.

Le Phénix ressuscite de ses cendres. Alcyonée , ce fameux géant qui secourut les Dieux contre Jupiter, jeté par Minerve hors du globe de la lune, avait la vertu de se ressusciter.

S.*Epiphane,pour prouver aux Samaritains la résurrection matérielle des corps, se sert de preuves qui n'admettent pas de réplique ; il les convainct avec deux faits rapportés dans la Sainte-Ecriture; il allègue l'exemple de Sara qui conçut dans un âge où la femme n'a plus l'espoir d'engendrer. Il cite encore à l'appui de son opinion , la Verge d' Aaron qui reverdit. Pour nous ,

il nous manque la subtilité de ce savant Saint-Pére , pour conceroir comment il pouvait concilier ensemble l'exemple qu'il rapporte d'une vieille qui eut des en&ns ^ et d'une Verge qui aurait refleuri tdut-à-coup j et cela pour expliquer la réunion des cendres dispersées et le rétablissement d'un corps bumain pourri et réduit à des débris informes depuis plusieurs siècles. Nous ne savons pas comment on peut lier de telles idées et en tirer une conséquence raisonnable ; il n'y a qu'une foi supérieure qui puisse faire admettre de telles comparaisons.

La légende de S.* Bruno y instituteur des Chartreux , dit que pendant qu'il vivait assez mondainement, s'a-* donnant aux plaisirs de la vie, il assistait un jour à l'office des morts fait au cadavre de Raimond , diacre de l'église de Notre-Dame de Paris. Cet office dura trois jours, et chaque fois que le clergé disait : Responde mihi quanta* habes iniquitates, le mort ressuscitait pour répondre qu'il était condamné par un juste jugement de Dieu. Cette légende assure que ces résurrections d'un homme mort depuis plusieurs jours avaient conduit Bruno à une vie régulière et chrétienne.

Si on lit les Vies des Saints , si l'on parcourt les cloîtres des cénobites en Espagne, en Italie, on y voit peintes encore de nos jours des résurrections de morts opérées par une infinité de saints. S.* Benoit, S.* François, S.* Pierre , S.* Antoine, et même S.^ Nicolas , ressuscitent des morts. La légende de ce dernier évéque fut dernièrement

dessinée par Blaisot ^ et gravée par Renard. On lit au bas de la gravure que ce grand saint calma un orage par ses prières, et qu'il ressuscita même un des matelots mort subitement, et avec lequel il naviguait. Les incrédules disent que l'introduction de toutes ces résurrections ne sert qu'à infirmer celle de Jésus-Christ; que ces miracles sont des inepties , des contes forgés à plaisir par des esprits faibles, en contradiction avec l'ordre constant de la nature; et que les honmies, il y a vingt siècles , n'étaient pas plus sorciers que ceux de nos jours. La Judée et les provinces limitrophes de l'Asie - Mineure étaient partagées en une infinité de sectes qui s'étaient élevées après la doctrine de Jésus- Christ. Une des plus répandues était celle de Corinthe et d'Elbion , qui , en admettant la loi mosaïque , s^opposait au dogme de la Trinité , lequel était adopté par une partie des évêques d'Asie. Les Elbioniens et Corinthiens enseignaient simplement que Jésus était le Fils de Dieu , parce que Dieu est le Père de tous les hommes; ils disaient que Jésus était Thomme par excellence, mais ils n'admettaient aucunement sa divinité; ils soutenaient que Jésus étant né de Marie (qui eut plusieurs enfans), ne pouvait aucunement avoir été procréé de toute éternité et exister comme Dieu éternel, Père des hommes; ils n'admettaient ni les miracles , ni les résurrections que l'on attribuait aux Apôtres et aux Disciples de Jésus.

Le dogme de la réturrecticn avait fait des progrèA prodigieux en Judée ; car Hérode , qui était Roi des Juifs , croyait aussi aux résurrection*. Dans les Evangiles ^ on remarque qu'il erut que S.* Jean - Baptiste j qu'il avait fait décapiter lui-même, était ressuscité dans Ja personne de Jésus. Les Epitres et les Actes des Apôtres ne parlent que de morts ressuscites ; les Elbioniens cft les Corinthiens s'opposèrent fortement à ces innovations.

A propos de ces dissentions entre ceux mêmes qui suivaient et prêchaient la doctrine de Jésus, on lit dans S.^ Jérôme et àams Royaumont , pag , 324, à Tarticle de S.* Jean-Evangéliste, « que Jean, pressé par les évêques » d'Asie , fut obligé de parler plus hautement de JésuS" » Christ y et d'établir particulièrement sa divinité (i). » S.* Jean, nie pouvant résister aux prières desdits évêques , leur accorda leur demande , à condition qu'ils imploreraient le secours du Ciel par un jeune et des prières publiques; après cela, étant plein de Dieu, il établit la divinité du Verbe par les premières paroles de son Evangile , ce que ses prédécesseurs n'avaient pas fait. (Voyez S.^ Augustin, *S.* Jérôme et Royaum^mt, édition d'Arthur Bertrand, 1817, aux Evangiles.)

Jésus est né , a vécu et est mort Juif; ses Apôtres fu-

(1) Une grande partie de Chrétiens et de ceux qui ne professent pas la religion de Rome , s'appuient de ce texte pour soutenir que la divinité de Jésus fut établie par S.*^[Jean-Eyangéliste , bien long-temps après la mort de notre Divin Maître.

rent toujours Juifs. Les douze premiers évéques de Jéru salem et les premiers Chrétiens en Judée, en Palestine et en Syrie y étaient mêlés et confondus de manière à ne pas savoir si réellement les Chrétiens faisaient une religion différente; car la soumission aux cérémonies et lois reli-* gieuses juives ftit toujours imposée aux Chrétiens par les Apôtres mêmes.

Aux j4cieg des Apôtres, ch, n, v. 4x ,47, on lit que S.* Pierre , dans un jour , convei:tit trois mille Juifs étrangers, arrivés dans Jérusalem , et que tous furent trois fois plongés dans le Jourdain , ou baptisés dans un seul jour; mais on lit aussi, loco ciiato, que tous les jours suivans ces nouveaux Chrétiens , pour accomplir la loi mosaïque, allaient après leur baptême prier Dieu dans le Temple juif de Jérusalem. C'est dans le Temple de Salomon que se rassemblaient également les premiers Chrétiens pour prier.

M. de Potter, dans ses Réflexions sur les Conciles^ vol 1.^'^ pag, i38 et suivantes, observe savamment que Jésus ne s'est jamais expliqué sur la nature de sa divi^ nité; qu'il n'a rien dit à ses Disciples touchant un point aussi intéressant ; qu'en conséquence , ceux-ci ne pou^ \aient rien nous laisser de positif sur le sujet qui divise l'Europe encore de nos jours. En supposant les Apôtres assez instruits sur cette thèse, ils seraient blâmables de ne pas nous avoir appris si Jésus était un Dieu , et ils devaient nous dire s'ils venaient au nom et de la part

de ce Dieu pour nous instruire. Bien des passages dans les Divines-Ecritures wïA favorables à cette opinion » tandis que d'autres ^ puisées dans les mêmes autorités , lui sont contraires ; ce qui occasionna toutes ces sectes qui nièrent la divinité de Jésus â«la naissance du Chris* Vîanisme, comme on Fa vu d'Elbion et de Corinthus, qui soutenaient que Jésus n'était qu'un homme ordinaire. Les monumens historiques de Jésus comme être humain sont au nombre de trois : i .^ un passage de Joseph , dans ses Antiquités de la Judée , lib. xvm , eh» 5 ; malheureusement le savant M. Gillet , dans la traduction qu'il donne de cet ouvrage , démontre que ce passage est reconnu pour apocryphe , et pour y avoir été intercallé seulement à la fin du 3.'' siècle ; 2."* une phrase de Tacite, dans ses Anal., lib. XV, eh. 34; mais cette pièce est liautive, elle ne £stit que rapporter ce que les Chrétiens disaient devant les tribunaux prés desquels ils étaient aecuflés , et se bornaient à reproduire ce qu'ils avaient appris des Evangiles : ce que les Chrétiens introduisaient alors n'était aucunement fondé sur des écrivains profanes; mais ces dépositions se réfèrent au troisième monument , qui sont les Evangiles et Aetes des Apôtres. L'homme le plus savant du troisième siècle , Fauste , qui , quoique Manichéen , était Chrétien , s'explique de la sorte sur ces légendes : « Tout le monde sait que les » Evangiles n'ont été écrits ni par Jésus-Christ , ni par » ses Apôtres , mais long^temps après par des inconnus. »

Il dit ensuite que ces écrivains , dans la crainte de n'être pas crus en décrivant des événemens dont ils n'avaient pas été les témoins , publièrent ces écrits , dû reste trèsédifians, sous le nom d'hommes contemporains à Jésus ^ ses Apôtres et ses Disciples. Nous avons vu que Royaumont lui-même convenait de l'incertitude qui régne à cet égard. Beausobre , dans son preniier tome y et Barigni , dans V Histoire des Jlpologietes de la JReli^ gion chrétienne, démontrent l'incertitude absolue des bases du Christianisme. Toutes ces fluctuations d'opinions firent dire aux incrédules anciens^ que l'existence de Jésus était aussi incertaine que celle d'Osiris; d'Hercule y de Mythras , d'Adon-Hiram , etc. etc.

Néanmoins S.* Justin {^Dialog. cum Triphon), et Lactance , liv. u, cA. 8^ et liv. Vf ^ ch. i4; qui vivaient du temps de Constantin , ont regardé Jésus coname un envoyé de Dieu même pour enseigner les hommes ; qu'il n'y avait qu'un seul Dieu, JJhovah$ que sa fidélité fut récompensée par Dieu même, qui l'a investi de la dignité de Prétare perpétuel, avec l'honneur de Roi suprême, avec la puissance de juge; que Jésus avait conservé le nom de Dieu , et que c'est par ce nom , coname le disent plusieurs Pérès de l'Eglise, que Jésus opéra tous ses miracles (i).

(i) Voilà, dans les mystères maronmques , une des causes de la recherche de la parole sacrée conservée par Jésus. D'après ce système, on ne doit plus être surpris que les Maçons attachent tant d'importance aux difTérens noms du Dieu des Hébreux.

Les premiers Chrétiens en Judée suivaient en toute rigueur la loi mosaïque; ils voulaient même que tout -Chrétien fut circoncis ; mais conmie la nouvelle réforme était prêchée aux Gentils , qui , tous ne voulaient pas se soumettre à cette douloureuse amputation ^ après les doléances des Antiochiens dans le premier Concile des Apôtres , par nous déjà cité , les nouveaux initiés au Christianisme furent exemptés de cette pénible opération ; néanmoins on a toujours conservé pour l'initiation chrétienne, la formalité de l'imposition des mains, et celle des jeunes et prières, comme chez les Egyptiens. Si nous suivons les nouveaux Chrétiens à Rome, sous les premiers Empereurs , la même incertitude nous ac* compagne. On trouve que leur culte était mêlé à celui des Juifs y et même on peut facilement se persuader que la religion chrétienne , ses mystères et initiations étaient inconnus à Rome ; car ce culte étant prôné par les seuls Juifs , les premiers Chrétiens furent toujours regardés à Rome comme des Sectateurs de Moïse.

Ce sont les Juifs qu'Horace raille sur leur stupidité, Sat. y, V. 100 ; Juvénal, sur leur superstition et leur cré dulité , Sat. vi , v. 546 5 Martial , sur leurs jeûnes , liv. rv, Epig. 4. Ils sont traités de même par Anmiieu Marcellin et par Perse ; or , il y a toute apparence que , si ces critiques eussent su que les Juifs et leur fraction les \ Chrétiens formaient deux sociétés religieuses différentes , ils n'auraient pas gardé le silence à ce sujet.

. La généralité des historiens de l'Eglise parle toujours des persécutions qu'éprouva le Christianisme dès sa naissance à Rome; elle garde le silence sur celles qu'éprouvèrent les Juifs.

Ne doit-on pas déduire , d'après ces remarques, que les Chrétiens et les Juifs ne faisaient qu'une et seule société religieuse ? L'Apocalypse même , si on la veut regarder comme œuvre chrétienne, désigne les Chrétiens comme de vrais Juifs. On lit , cA. n , $ 9 : « Ceux qui se disent Juifs ne le sont point , mais de la Synagogue de Satan. Selon cette Apocalypse , les Chrétiens par excellence sont les Juifs.

Cet écrit date pour le moins de 70 ans après la mort qu'on donne à Jésus ; si les Chrétiens d'alors n'étaient autre chose que des Juifs, il devait y avoir dans S.^ Jean une ligne de démarcation entre les uns et les autres.

Les Romains, très-tolérans en fait de religion , apportèrent chez eux les cultes des peuples vaincus , les Divinités égyptiennes avaient des Temples à Rome. L'année 686 , Pison et Gabinius , consuls , cherchèrent à l'empêcher : sous l'Edile Agrippa, il fut défendu d'exercer le culte égyptien plus prés qu'à 5oo pas de la ville et des faubourgs. Sous Tibère , on chercha de nouveau à les détruire ; néanmoins, le culte d^Isis , d'Osiris, d'Anubis , s'établit dans Rome , et grand nombre de lieux publics prirent leurs noms. On nationalisa comme en Grèce ce culte étranger, et Ton habilla ces Divinités à la romaine.

Sous un Isis de M. Boissard^ rapporté parMontfaucon, on lisait une inscription latine^ qui porte : « Que » les Dieux de la République romaine , les gardiens se- » crets de la ville, par le secours desquels tous les » Royaumes ont cédé à l'Empire Romain , soient favo- » râbles aux vœux du Pontife. » C'était Isias qui Tavait consacrée à Isis.

Le Sacerdoce à Jérusalem^ était en opposition à Tautorité civile , de là devait sortir la réforme préchée par Jésus et par Jean. Ces mêmes abus se trouvaient aussi à Rome.

Les Empereurs romains , c'est-à-dire , Jules-César et après lui Auguste , ayant senti que le trône et la souveraineté étaient toujours en danger, lorsque l'esprit du peuple est subordonné à une autorité différente de celle du Souverain, et même plus respectable, en apparence, que l'autorité civile, ces Empereurs crurent , i>our leur sûreté , devoir se garantir de cette puissance occulte : le seul moyen était de se mettre eux-mêmes à la tête de ceux (i) qui prêchaient la religion, et qui se disaient

(i) U est étonnant que les Princes européens du jour , instruits par tant d'autorités irréfragables , semblent ignorer combien de fois des Souverains ont été renversés du trône , non par la vraie religion de Jésus , mais bien par la superstition et Tabus du pouvoir théocratîque élevé contre le pouvoir légitime, et qu'ils n'aient pas eu la politique des Rois perses , égyptiens et éthiopiens , des Empereurs de la Chine et du Thibet , où la dignité de chef de l'Empire fût réunie à celle de Souverain-Pontife.

les interprètes de la Yolonté du Gel. Ces mêmes Empereurs ; en s'établissant les Grands-Prétres, voulurent par la suite s'environner souvent des attributs des Divinités ; ils voulurent passer pour saints ^ pour divins, quelquefois même ils ont prétendu se faire vénérer comme des Dieux, tant à Rome que dans les pays où ils dominaient.

Caligula avait ordonné que sa statue fut placée dans le Temple de Jérusalem , pour y être adorée par les Juifs. La loi mosaïque s'y opposait formellement. De crainte que la tranquillité publique ne fut troublée, Agrippa, surnommé le Grand , persuada à Pétrone , gouverneur de Syrie, de représenter leà inconvéniens de cette démarche envers un peuple imbu de ses anciens principes religieux; Caligula se laissa fléchir aux prières du petit-fils d'Hérode et aux raisons de Pétrone.

Néanmoins les Romains, avec le temps , élevèrent un Temple à Jupiter dans Jérusalem ; alors les Sacrificateurs et les Lévites qui conservaient toujours leur influence sur le peuple, le soulevèrent contre (i) les Romains sous la domination desquels ils se trouvaient.

Les Israélites, excités par leurs prêtres, tinrent tête aux Romains ; mais en trois campagnes ils furent exterminés. Il en périt â85,ooo; ceux qui survécurent

(i) Un ëcnvaîn , peut-être partisan des Juifs , attribue la cause de cette révolution à rayarice et à la cruauté de Florus , gouverneur de la Judée.

fdrent condamnés comme rebelles â la déportation en des contrées lointaines , et vendus comme esclayes. Jérusalem fut de nouveau détruite sous TEmpire de Vespasien , par l'opiniâtreté de ses habitans , soixante-dix ans après le commencement du dogme chrétien.

Sous Adrien , Jérusalem fut rebâtie ; elle changea de nom y on l'appela Hélia , du nom de TEmpereur ; elle ne fut , depuis ce temps-là , qu'une ville de peu d'importance (i) , et les Juifs ne purent s'y rétablir : voilà comment périrent les cérémonies et les mystères établis par Moïse , et que les Grands-Sacrificateurs, les prêtres et les Lévites avaient pratiqués si long^temps en Judée et ailleurs y et qui font la matière de di^érens livres de la Bible.

Les Israélites se trouvant sans terre et sans patrie , pour pourvoir à leur existence , s'adonnèrent de plus en plus au commerce , choisissant pour entrepôts de leurs marchandises les villes les plus riches et les plus peuplées. Là , ceux qui suivaient les nouveaux dogmes les conmiuniquèrent verbalement à leurs enfans avec les mystères , les miracles et la légende de Jésus.

Cette légende n'était pas uniforme , étant écrite chez différentes nations, ce qui fut l'origine de tant de sectaires qui suivaient diflérens Evangiles. Suivant la tradition, il en existait cinquante et quelques; l'Eglise Ro-

(i) De nos jours , Jérusalem est peuplée de 3o,ooo Turcs, et de 20,000 Hébreux , Chrétiens d'Europe , Grecs , Arméniens, etc. etc.

maine n'en a adopté que les qnatre dont nous avons parlé , quoiqu'il nous soit rapporté qu'avant S.^ Justin y il ne se trouve pas un seul des Pérès apostoliques qui ait parlé des Evangiles de Mathieu , Luc . Marc , Jean. Les premiers Patriarches des Chrétiens ne se sont servis et n'ont parlé d'autres Evangiles que de ceux condamnés au feu i)ar Gelase et qui furent reconnus au 4.« siècle pour apocryphes après le Concile de Nicée.

Les incrédules se récrient toujours sur les ténèbres qui enveloppent le commencement de l'ère chrétienne^ et précisément dans l'époque la plus voisine de Jésus- Christ 9 où l'on devait être bien plus à portée que dans la suite de savoir sa vie , sa mort et ses miracles.

Nous respectons les vérités évangéliques, mais nous sommes forcé de rapporter les versions des critiques qui trouvent que les Evangélistes ne se suivirent pas toujours dans leurs énumérations , et que quelquefois ild se contredisent sur bien des choses, comme sur l'époque de la naissance de Jésus. S.^ Mathieu la donne à la fin du règne d'Hérode, tandis que S.* Luc la place au temps du dénombrement de Cyrenius, gouverneur de Syrie , qui eut lieu la dixième année du règne d'Archelaiis, successeur d'Hérode.

Millius, qu'on regarde comme un des premiers chronologistes , dans un ouvrage qu'il écrivait exprés , fait voir que les Evangiles restèrent ensevelis dans les lieux qui les virent naître , jusqu'au temps des conquêtes de

Trajanus sur les Parthes, et qu'alors, seulement , ils commencèrent à deyenir publics (i). Nous ayons annoncé

(i) n paraît que l'examen des Evangiles de nos jours a produit bien des controverses. Voici l'extrait du Manifeste de la Sodétë de l'Evidence chrétienne établie à Londres :

A tous ies Eccletiastiquea , Ministres et Prédicateurs

de tEvan^U»

ff Les évidences de la religion chrétienne , comme elles sont 9 indiquées par Paley, Watson, Loslie et Doddrige, y ont été » examinées avec calme et impartialité. Des ecclésiastiques de toute » croyance chrétienne y ont été invités pour coopérer et prendre » part aux discussions , et ont été solennellement requis de donner » les motifs de leur foi , et de permettre qu'il leur soit adressé » des questions pour être répliqué de suite à leur réponse rela- » tivement aux graves et importantes matières sur lesquelles tout 3» homme a droit d'aspirer à être convaincu. Les opinions de vos :» compatriotes assemblés jusqu'à ce jom* ont établi à la presqu'una- » nimité que les argumens employés jusqu'à présent en faveur du » Christianisme , ont été faux et sophistiques ; que le révérend » secrétaire de cette Société, en réfutant ces argiunens et sophismes^ » a complètement démontré :

» i.<* Que les écritures du Nouveau-Testament ne sont pas les » oeuvres des personnes dont elles portent le nom ;

» 2.** Qu'elles n'ont pas paru aux époques qu'elles indiquent ;

» 3.<* Que les personnes dont elles font mention n'ont jamais 7> existé.

» Les lumières qui éclairent aujourd'hui le genre humain font » apercevoir que les prédicateurs de l'Evangile n'y croient pas » eux-mêmes , et cela nous est d'autant plus démontré , que ces » ministres n'osent pas prendre la défense de leur religion ailleurs » que dans la chaire de leurs Temples , où ils sont bien assurés » de ne rencontrer ni discussion , ni contradiction , et où ils x> peuvent s'adresser, sans aucun danger, à une portion d'auditeurs » qtii se trouvent heureux de restier ignorans et trompés. C'est

qu'il y ayait des traces d'environ cinquante Evangiles ; ce fut après le 3.* siècle , après qu'on eut établi le canon des Ecritures évangéliques^ que S.* Irenée^ le premier f insinua qu'il fallait s'en tenir à quatre Evangélistes , ni à plus ni à moins; et comme à ces époques lointaines tous les cultes se référaient au Soleil et aux élémens , S.^ Irenée regarde ces Evangélistes conmie des êtres allégoriques, enfans des mystères égyptiens^ symboles relatifs aux vents et aux saisons. Voici comme il s'explique : « Il y a quatre Evangélistes , ni plus ni moins, parce

» pourquoi vous êtes de nouveau respectueusement invites à venir » vous défendre de cette accusation publique et sincère que nous j> vous portons ; de venir justifier les vérités de TEvangile que » vous professez, et de faire connaître au peuple ^ qui ne veut plus » être abusé par des apparences de dévotion , ni par la présomp^ » tion de l'infaillibilité , qu'on établît comme puissante raison pour » croire à une révélation écrite,

» A cet effet , votre présence aux assemblées de cette Société » sera vue avec plaisir, vos argumens y seront entendus avec » attention et déférence ; comme aussi votre absence sera inter- » prêtée comme l'abandon d'une mauvaise et méchante cause , et )) comme l'aveu de votre conviction que l'Evangile n'est pas sus- :» ceptible d'être défendu par des moyens raisonnables. »

Signé Robert Taylor, B. A. ; et M. R. G. S. , secrétaire de la Société.

Voilà la réponse de l'auteur du P^oile levé ^ à Liège, 1826 , qui détruit toutes les puérilités de cette provocation , par un texte de l'Apocalypse : (c Que les vrais Chrétiens ne se scandalisent point » en entendant les blasphèmes horribles révélés dans cet écrit , » la prédiction doit s'accomplir. »

Satan sera délié ; il sortira de sa prison , // séduira les nations qui sont aux quatre coins du monde. Apoc. 18 , c^. xx , v. 7.

» qu'il y a quatre parties du monde et quatre vents » principaux ; car, comme l'Eglise est répandue par toute » la terre, il faut qu'elle ait quatre colonnes qui la » soutiennent. Dieu est assis sur un Chérubin qui a la » forme de quatre animaux différens, et les quatre » animaux sont la figure de nos quatre Evangélistes (i). » Il est bien naturel , après ce texte , de conclure que jusqu'à cette époque il y avait plusieurs Evangiles qui étaient suivis par les Chrétiens , et que la manière d'écrire de ce Saint-Père est tout-à-fait allégorique et a même un grand rapport avec les mystères maçonniques du jour. Il paraît que S.* Irenée n'a vu dans les Evangélistes que les quatre animaux des quatre saisons égyptiennes et les quatre vents cardinaux. Il fait asseoir Dieu sur ces quatre animaux, et Ton sait que c'était le Soleil représenté par la constellation de l'Agneau qui présidait à ces quatre animaux ou aux quatre saisons.

(i) ÂThèbes, entre le Memnomium et Médinet - Abou , on trouve , de nos jours , des fragmens de statues colossales avec des têtes d'animaux ; et dans le tombeau Psametique , Fescalier qui succède au premier passage , a , de part et d'autre , une petite niche ornée de figures curieuses : ce sont des corps humains avec des têtes de divers animaux, comme celles des Evangëlistes du Plafond du Bienheureux Angelico da Frissole : tout le monde sait que la divinité protectrice de l'Egypte est une figure humaine à tête d'épervier ( voyez la Planche n,'* III ) , et bien des critiques soutiennent que l'Egypte a fourni des matériaux aux religions grecques et chétiennes, et que les Evangëlistes ne sont que des divinités égyptiennes appliquées aux systèmes des anciens Chrétiens.

L'adoration de Dieu sous rembléme du Soleil , se conserve encore de nos jours chez des Chrétiens : on le disait après S.* Irenée (i). (Voyez la Planche II , n.® i5.) C'est une médaille frappée à l'exaltation du .royaume d'Espagne de Charles IV, par la Collégiale Major de S. Thomas-d' Acquino , en 1789. C'est un Soleil qui représente l'Etre créateur 9 protecteur du chapitre.

(1) Le faîte d'une infinité de dômes et de clochers des églises chrétiennes , est décoré ou d'un Coq qui est l'emblème du Soleil , ou même d'un Soleil qui est l'emblème de Dieu,

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