THÉRAPEUTES
Philon^, qu'on prétend contemporain de Jésus-Christ , a écrit le traité éi Fitœ eontunptû sur les Esséniens- Thérapeutés , polir revendiquer Fopinion alors établie qu'ils professaient la seule philosophie des Grecs au mépris des institutions mosaïques.
Ces solitaires ne s'occupaient que de la contemplation de Dieu , dont ils faisaient leur unique félicité.
Les anciens Saints-^Péres disaient que les Thérapeutes de l'Egypte , après la prédication de S.* Marc l'Evangéliste j se rangèrent du câté des Chrétiens sam quitter leur philosophie et leurs mystères. Os furent les in»tîtuteur^ de. la vie- monastique qui était sanctifiée par le .travail le jour et par la onéditation la nuit. Par la suite ties temps ^ les moines , en quittant le travail qui leuc était prescrit , comblés de richesses, en proie à
la fainéantise et à la débauche ^ finirent par être en horreur aux peuples les plus civilisés.
Le même Philon dit que les Thérapeutes sortant de chez eux y «^portaient la mam droUe entre la barbe et » la poitrine y et la gauche iU la laissaient étendue le » long de la hanche ». Tout Frère remarquera que les Thérapeutes 9 en marchant , se tenaient à Tordre pour se connaître entr'eux dans le cas où ils se rencontreraient.
En commémoration des pains de proposition, ils avaient Tusage de mettre , les jours de fête , des pains sur des tables^ pour les distribuer aux pauvres.
Séduits par la pratique des austérités ^ par la communauté des biens, par la charité qui régnait chez les Pythagoriciens et chez les Thérapeutes, Joseph et Eusébe les confondirent tous en faisant leur éloge. Ces sociétés négligeaient les plaisirs de la vie , ne les trouvant pas dignes d'occuper l'homme sur la terre; les deux sectes s'habillaient d'une simple étoffe blanche de laine , ne se nourrissaient que d'herbes crues ou bouillies , de pain, de miel , de lait , et n'avaient d'autre breuvage que de l'eau pure.
Les Egyptiens les ont toujours regardés comme des Saints j malgré la dépravation qui s'est introduite dans les mœurs de cette contrée : on a toujours eu une grande vénération pour des hommes qui pratiquaient de telles austérités. Mahomet emprunta d'eux l'abstinence du vin, l'éloignement de toute représentation de la Divinité
sculptée ou peinte , et la simple adoration de Dieu. On n'a jamais pu dire si les Thérapeutes d'Egjrpte étaient des Juifs ou des Chrétiens. Ce doute prouve qu'ils étaient trés-tolérans en £Biit d'opinion religieuse; or , l'on sait à quel point les Juifs et les Chrétiens du jour se haïssent charitablement jusqu'à la mort.
PHARISIENS ET SADUCÊENS.
Les deux sectes qui comptaient le plus de partisans dans Jérusalem, du vivant de Jésus, étaient celles des Pharisiens et des Saducéens. >
Les Pharisiens admettaient la pluralité des fenmies , suivaient une partie de la loi écrite et avaient une loi orale qu'ils disaient leur avoir été transmise depuis Moïse de père en fils. Ils prétendaient que Dieu avait confié verbalement à ce Législateur des Hébreux un grand nombre de rites et de dogmes , sans qu'ils aient jamais été écrits (1) , et qu'eux seuls eu étaient les dépositaires; ils n'admettaient des livres bibliques , ni TEcclésiaste , ni le Cantique des Cantiques , ni les Proverbes, et prétendaient que ces écrits souillaient et corrompaient l'ame.
Les Saducéens, au contraire, regardaient tous ces livres comme canoniques. Ils n'admettaient pas la Polygamie , s'en référant au ch. xvm du Lévitique , qui dit : « Vous » ne prendrez point une fenmie avec la sœur pour
(1) Les doctrines et la loi orale du rite philosophique ne furent ^ jamais ni écrites ni imprimées.
» l'affliger en son vivant ». Les Saducééns, par cette loi ^ n'admettaient pas la pluralité des femmes, et étaient en opposition ayec les Pharisiens qui prêchaient la polygamie et défendaient leur opinion et leur doctrine par l'histoire ancienne des Patriarches juifs , et par l'exemple de leurs grands Rois David et Salomon.
Jésus-Christ censura les Pharisiens et leurs traditions qui affaiblissaient la loi, et ne tendaient qu'à flatter les orgueilleux et les riches. Il leur opposa la doctrine de Pythagoré ; son opinion triompha et la Polygamie fut proscrite par la religion chrétienne.
Les Saducéens n'admettaient ni l'immortalité de Famé , ni l'Enfer, et moins encore le Paradis^ mais, en revanche , ils avaient des mœurs, ils voulaient que les hommes fussent assujétis à une justice trés-rigoureuse dans ce monde-ci. C'étaient de sévères stoïciens qui , tout en suivant la doctrine d'Epicure, admettaient à la lettre les écrits de Moïse et de Salomon. Les Saducéens, initiés dans les mystères de la nature , ne voyaient dans elle que l'anéantissement et la reproduction de toutes choses. A Athènes, à Rome, à Jérusalem, les doctrines du matérialisme étaient suivies par des honmies très-probes ; malgré de tel^ principes , un grand nombre de Juifs qui étaient Saducéens, furent élevés, à la dignité de Grands-Prêtres; et quoique les Pontifes romains du jour représentent ces Sacrificateurs juifs , néanmoins si quelqu'un aujourd'hui professait de telles doctrines a
Rome y il serait persécuté et courrait le risque d'être mis à mort par la Sainte-Inquisition ^ quoique Jésus n'ait jamais reproché aux Saducéens leur doctrine.