V. 21 : — « Qui est-ce qui connaît que le êowffle deê
» hommes monte en haut et que le souffle de la béte » descend en bas de la terre )» ?
^. 22 : — ' « J'ai donc connu qu'il n'y a rien de meilleur » à l'homme que de se réjouir en ce qu'il fait^ parce » que c'est là sa position? car qui est-ce qui le rani- » mera (i) ^ pour Toir ce qui sera après lui » ?
L'existence d'un Grand-Architecte est démontrée par ses œuvres dans l'examen desquelles la faible raison humaine se perd. Les notions sur les moyens qu'il a employés dans ses merveilles manquent à l'intelligence humaine. La nature ou le sjrmbole de Dieu Créateur , était voilé chez les Egyptiens. Quel théologue ancien ou moderne pourrait définir et résoudre plausiblement les questions présentées par M. Benjamin Constant ^ dans son ouvrage de la Religion, liv. iv^ eh. 3?
« Quels êtres ont présidé à la création ^ à l'd^donnance » de l'Univers? Pourquoi ces êtres ont-ils eu la volonté? » comment ont-ils été investis de la force créatrice? de » quelle substance sont-ils? d'oà tiennent-ils . la vie ? » Sont-ils un ou plusieurs ? dépendans ou indépendans? » moteurs spontanés ou agens des lois nécessaires ? »
L'existence de Tame est démontrée par la vitalité, mais les notions de l'ame dans le sens qu'on nous le donne (à part la révélation ou la bonne foi , base de plusieurs religions), sont de simples hypothèses ou si
(i) Saiomon n'admettait ni la résurrection à une vie future, ni rimmortaUté de Pâme : cela ressort évidemment de ce texte positif.
Ton veut des abstractions métaphysiques. Il est impos* sible à rhomme d'obtenir sur cet objet aucune démonstration ni de se former même une idée positive.
Plusieurs siècles après la doctrine de Salomon , le Sage des Sages entre les Apôtres , ce même S.^ Paul^ déjàdté assez souvent y qui avait admiré le dogme de la résurrection^ dit^ dans son Epitre l.^ aux Carinihiens^ eh. XV y $ 53 : « Il faut que ce (carpe) corruptible revête Tin- » cormplibilité et que ce (eofpê) mortel revête rinuuor- » talité ». C'est de cette source et d'aiprês cette doctrine que s'est établie la future résurrection chrétienne et la croyance de l'immortalité de Tame ; opinion qui existait depuis plusieurs siècles en Grèce, en Perse y en Syrie, eu Egypte y et ce qu'il y a de plus étonnant y à Rome même. Gcéron attribue la croyance de l'espérance d'une vie future à l'initiation ; voici comme il s'explique dans son Tfwté des Lois en forme de dialogue :
« En effet , comme nous l'apprenons par l'initiation , » la vie nous est connue de telle façon que non-seu- » lement nous recevons des instructions pour passer » gaiement notre vie y mais que nous recevons «icore » l'espoir d'une vie plus agréable après la mort ».
Quelle morale les premiers Chrétiens ne pouvaientils pas puiser chez les philosophes éclairés de leur temps, quoiqu'ils fussent Payens !
LesEsséniens professaient la chasteté; ils avaient des idées outrées de pureté et d'impureté ; elles se parta-
gaient en quatre classes sépcorées les unes des autres. Si un membre de la caste supérieure était touché par un individu d'une caste inférieure y il se purifiait comme s'il eut été souillé par l'attouchement d'un étranger ou d'un profane. Les usages des Indiens et des Orientaux se trouyent suivis dans les mœurs de toutes les nations de l'antiquité. LesEsséniens se croyaient une caste élevée au-dessus des autres tribus d'Israël.
Les initiations et les mystères juifs eurent peu de célébrité dans Thistoire ; ils ne furent pas prônés par les écrivains de ces époques, comme les initiations et les mj^téres égyptiens el grecs. Néanmoins ces mystères sont pour nous bien plus intéressans , ils survécurent pour ainsi dire à ceux de Memphis et d'Eleusis , et se trouvent être la souche des mystères maçonniques.
Les Esséniens^ ainsi que bien d'autres sociétés secrètes, n'accordaient pasindifiérenmient à tout prof&ne proposé , l'entrée dans leur société. Joseph^ témoin oculaire et fui vivait avec eux , nous donne les statuts qui les réessaient :
<^ ^ Quand un postulant se présente , ils l'éprouvent
^)) pendant trois ans, un an dehors la maison , deux ans
» en-dedans. Avant de l'admettre^ on lui fait promettre
«)> avec des sermens terribles de servir Dieu y d'aimer les
^ hommes, de fuir les pervers, de protéger les gens de
, » bien , de garder la foi envers tout le monde et sur-
)» tout envers le Prmee ; on lui fait jurer aussi qu'il ne
» dJeauvrira jamais à d'autres tes seersts ds Fassoeia^ )> Hon , qu'il hs Hsndra eaehés au péril de sa vie , et » n'enseignera que ce qu'il a appris de ses maîtres, con- » servera les livres mystérieux de l'Ordre et les noms » traditionnels des Anges.
)» Us ne parlent pas ayant l'apparition du Soleil, si )) ce n'est quelques prières qu'ils ont reçues de leurs » pères , comme pour inviter cet astre à se lever. Us » restent au travail jusqu'au soir , prennent pour le » repas des vétemens blancs ; ils font manger avec eux » leurs bâtes, s'il en est survenu.
» Ds emploient de fréquentes purifications , et crai- » gnent de souiller les rayons du Soleil, image de Dieu. » Eux seuls n'oflfrént point de sacrifices sanglans tu » Temple de Jérusalem. Les symboles , les paralxdes , » les allégories sont pour eux d'un ivage très-fieutnilielr ; » ils imitent en cela les Anciens : babiles dans la coa- » naissance des miniraua et des simples , ils prennent » soin gratuitement des malades qu'on leur amén% » Quoique sur tout le reste ils soient dans la dépendanéH » de leurs supérieurs, on leur laisse la liberté de secourfj^ » d'eux-mêmes leur prochain, et de faire le bien autaïf » et aussi souvent qu'ils veulent. »
Joseph est frappé de leur ressemblance avec les P]^ thagoriciens de l'Egypte : ce fut cette terre classiqi^ qui donna aux Juifs et aux Grecs ses lois religieuses^civiles et politiques. Plusieurs hommes d'autorité ont
laissé par écrit qae les mystères maçonniqaes tirent leur origine de ceox des Esséniens. Ils font remonter l'origine de c^te société, comme nous l'ayons dit, au temps de TesclaTage des Juifs dans Babjrlone. Les historiens des fiEistes hébreux ne nous indiquent aucunement l'époque de l'apparition de cette société ; ils en ont ignoré même le fondateur. Le même silencea été gardé, conmie <m Ta indiqué, par les premiers Chrétiens. Tous les auteurs modernes qui traitent de la Maçonnerie, s'accordent à dire que les deux fraternités ont toujours aimé la paix , qu'elles se sont toujours tenues loin de toutes ces disputes firiToles dont les anciennes sociétés juiyes s'occupaient entr'elles, et que les Esséniens n'eurent ji^mais de contestation avec notre Dirin Maître.
Les Esséniens demandaient à Dieu que leur ame fût UHijours remplie d'une lumière céleste , afin qu'éleyés au-dessus de tout ce qu'il y a de sensible , ils pussent chercher et connaître la yérité.
j Les Esséniens de la Judée, déportés ayec les autres Juifs en Egypte, après la chute de Jérusalem, y paru- ^Knt avec réputation et éclat , bien plus que les autres «ectes judaïques. Ce sont eux qui enseignèrent que les mots étaient autant d'images sacrées ; par ce moyen , ils jpurent expliquer les liyres de la Sagesse, si obscurs , ^ les rendre moins contradictoires par des allégories. Un célèbre écriyain les a comparés aux prêtres égyptiens ; nous empruntons aes paroles :
« Les préires esséaiens n'étaient que de simples seli-* » gieux, tandis que les prêtres d'Isis et de Sérapis cher- )> chaient à.devenir philosophes; on les aurait néaxiinoinft » dit égaux dans les connaissances admiraibles de morale ï> et^AHs le ^fentiment d'amour pour laDitinité et poujt ïi le genre; humain. Cependant ils ne marchaient^ pas » dans le même sentier : les premiers , modestes, let » obscurs^ furent néanmoins grands : les autres, su- » perbes et illustres y n'en furent pas moins estimables j » simples particuliers , les Esséniens n'étaient que des » Sages sans ambition^lesEgJrptienSy conseillers des Rois, » grands de l'Etat , dépositaires des lois et des choses se- » c^rétes , formèrent un corps puissant et redoutable : » ils voulaient étonner le monde entier et inspirer à la n postérité du respect et de la vénération à; leur égard. » Les épreuves pour .parvenir i l'initiation ehe^ les Es- » séniens étaient difSiciles , mais sans éclat. Celles pour » être admis aux mystères d'Isis et d'Osiris étaient com- » pliquées, terribles et célèbres »1
Il est aisé de croire que les Esséniens y exerçant les vertus préchées par Jésus et formant , pour ainsi dire , une des branches du Christianisme , durent aux mystères du Temple à réédifier de Salomon , ajoutéries allégories et emblèmes de leurs ^co-nreligionnairës,: qui puisaient leur morale dans la Bible ainsi que dans les Evangiles.
Ils portaient un tablier de peau, à l'instar des anciens initiés égyptiens; les prêtres même d'Isis en portaient
dans cei^tiiines circonstances. Nous nous bornons à donner dans la PL II , n.*^ 1 1 ^ celui d'un prêtre égyptien qui parait surpris cf tm mouvement éthorreur , et qne nous avons pris dans les Antiquités présentées par Montfkucon. Les Loges les plus anciennes conservent ce costume sous la ménâie forme triangulaire que l'Antiquité nous le représente, et doiit elle revêtait difiërentes divinités égyptiennes. (Voyez fa Tahh Isiapie, au n.<* m, et d la PL II , n.«» 4, il «# i3.