‹ La Maçonnerie considérée comme le résultat des religions égyptienne, juive et chrétienne. Tome premierChapitre 30 sur 38 · MÉLANGE DES CULTES ET DES HÉROS · texte numérisé non relu

MÉLANGE DES CULTES ET DES HÉROS

i3aint Irbnéb, s.* Epiphane, S^ Jérôme, ont écrit que les Gnosticiens, les Basilidiens et les Valentiens ont confondu le symbole du serpent Sérapis ou la Divinité du Soleil avec Jésus-Christ et avec les divinités égyptiennes et grecques. Nous exposons quelquesuns des faits qui corroborent cette opinion.

Les premiers Chrétiens ont mélangé leur théologie avec celle des religions existantes , et ce qu'il en est resté est presqu'impossible â débrouiller et à séparer d'ayec le culte égyptien j babylonien et juif. Les savans qui entreprirent les rapprochemens des anciennes institutions chrétiennes, juives, babyloniennes y égyptiennes , et l'explication de leurs emblèmes n'y trouvèrent que les traces de l'ancien culte du Soleil. Les cabinets de l'Europe possèdent un nombre presqu'infini de ces pierres gravées, appelées jdbraxas , avec les noms du Dieu des Jui&, de Jao, de Jéhovah , de Sabaoth, uni avec le mot AbraxoM, dont nous tâcherons d'expliquer la valeur et le sens mystérieux. Quelques pierres contiennent, indépendamment des noms de Dieu , des inscriptions inintelligibles et des figures chimériques avec des têtes de bœuf, d'épervier , d'aigle, de lion, d'homme, de singe, de serpent, de chien, etc. etc. Quelquefois ils ont des noms cabalistiques unis aux symboles dlsis , d'Osiris , d'Harpocrate ou d'un Scarabée.

' Les Saints-Péres, qui n'étaient pas initiés aux mystères des Egyptiens , ont cru que toutes les difiTérentes sectes qui avaient de ces Abraxas étaient idolâtres et qu'elles confondirent leurs Divinités , lorsque chez toutes, le Sacerdoce fut d'accord dans l'adoration d'un Dieu unique sous les emblèmes du Soleil, qui servait à se figurer l'Etre Suprême jiar excellence. Les premiers Chrétiens ,

quoi qu'on en dise , en usaient de la même* manière ; c'était par le symbole du Soleil Sérapis , qu'ils hononaient et représentaient la Divinité avec leurs autres co-religionnaires.

Une lettre d'Adrien Auguste , nous prouve que le vulgaire croyait que toutes ces sectes mêlaient et confondaient leurs Divinités. Cette lettre est adressée i Servien , Consul ; elle est extraite de la P^ie du tyran Saturnin y par Vopiscus :

« J'ai appris , mon cher Servien , que l'Egypte que a vous m'avez tant louée , est d'une volubilité qui lui « est entièrement particulière , volant après toute nou- « veauté. Ceux qui adorent Sérapis sont Chrétiens , et is, ceux-là le sont à Sérapis qui se disent Evéques de « Christ , quand même leur Patriarche arriverait en « Egypte ; par les uns il sera forcé d'adorer Serapùy tan- « dis que les autres le forceront d'adorer le Christ^ il n'y « a là aucun des Prince* de la Synagogue des Juifs , au-- « cun de Samarie , aucun prêtre des Chrétiens ou Ma- « thématiciens ^ aucun Aruspice ni Baigneur (i). »

Ce document historique n'ayant point été controuvé, prouve que les sectateurs de Sérapis , de Moïse , du Christ et leurs hiérophantes honoraient le symbole de Sérapis , emblème de Dieu , et qu'un Patriarche était souvent obligé de servir au culte de différentes croyances

(i) Il parait qu'à cette époque, les Baptiseurs ou Baigneurs faisaient encore une secte à part des Chrétiens et des autres.

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et rites , et que le Baigneur ou celui qui baptisait a^ une dignité distinguée de TAruspice , du prêtre ch] tien et autres , etc. y etc. ; ce que nous avons observé jl parlant de Jésus et de Jean le Baptiseur. \

Le mélange du culte de Sérapis avec celui de Jésus la profession de différens rites , est tellement mai au commencement du Christianisme , qu'on ne peut cunement en douter. Il est démontré par les médailljfii que Ton conserve dans les cabinets , que les Empereifl^; professaient indistinctement plusieurs cultes : celles l'Empereur Julien sont communes; on en trouve dé Constantin- le-Grand , du temps même qu'il protégeaîl^:^. les Chrétiens ; elles sont accompagnées des Diviùitéâ * pajennes. Nous en donnons une de l'Empereur Constantin , Chrétien de religion , père de Constantin , et qui dut l'Empire aux Chrétiens ; d'un côté est son buste , et de l'autre le Dieu Anubis. Cette médaille se trouvait dans le cabinet du père Albert ( PI. II , no i4 ).

Observons que le mot Sérapis est composé de sept lettres , nombre mystérieux relatif aux planètes et A l'astronomie , et de plus que le symbole de Sérapis uni â la Croix , a servi d'allégorie à plusieurs religions ; il est conservé aussi dans quelques rites et Ordres maçonniques , même dans le Cabalîste ( Planché VI ).

Sérapis présidait à la santé , comme Esculape ; tous les deux portaient le muid sur la tête : Sérapis était appelé aussi Sérapis -Jupiter. On le substituait quelque-

toia à Pluton. Il représentait par-là, trois personnes distinctes y qui n'étaient autre chose que le Soleil, emblème de l'Architecte de TUnivers. Outre les significations données à la Croix par les prêtres égyptiens , elle était le symbole de Tinmiortalité; c'est ce qui explique pourquoi la plus grande partie des Dieux égyptiens en portaient une à la main. (Voyez Planehs ïll y à la Table Isiaque. )

Ce symbole amena une discussion trés^urieuse,qui s'éleva entre les Chrétiens et les Payens d'Egypte, et qui prouve le mélange de ces deux cultes. Socrate le Chrétien > dans son Histoire , lih. 9 , nous fait savoir que lors du sac du Temple de Sérapis, on trouva dans les lettres qu'on appelait sacrées et qui servaient à l'usage de la langue sacerdotale , la figure d'une Croix.

Les Chrétiens soutenaient que cette Croix appartenait à Jésus-Christ; les Payens prétendaient qu'elle était commune à Jésus-Christ et à Sérapis. Remarquons que le culte de Sérapis , même d'après Qément d^ Alexandrie, avait été établi avant les Ptolomés et avait par conséquent précédé de longue date> celui de Jésus-Christ.

Sérapis était , selon plusieurs auteurs , le Pluton des Egyptiens; on Ta représenté aux portes de l'Enfer avec la Croix à la main , symbole de l'immortalité. Le Christ, après sa mort, sort triomphant des Enfers (i) , et tient

(1) Tîcon Brahé, dans son Système Magique y donne à Jésus la Croix de rimmortalité. Il place dans son TetragramaSon le nom

dans sa main une Croix qui n'est plus celle de sa passion. L'un et l'autre symbolisent le Soleil. L'un et l'autre président à la santé et chassent les maladies.

Nous renyojons nos lecteurs à Elden, de Hiêt. ancien, liv. 2 , èh. 34. Ils admireront les miracles que Sérapis opéra à différentes époques.

Cicéron disait aussi que de toutes les allégories , la plus célèbre , la plus ancienne ^ la plus répandue était celle du Soleil au solstice d^hiver; elle le fut chez presque toutes les nations et dans toutes les religions. Le genre humain était frappé par la crainte de voir périr lé Soleil^ arrivé alors au plus bas de sa course. L'accroissement des jours devait être regardé comme un triomphe du bon principe sur le mauvais; triomphe que le vulgaire ignorait être procuré par les lois éternelles de la nature toute puissante ; ce qui causa Torigine des mystères , de la mort et de la résurrection d'Osiris y d'Adouis , de Mythras et de toutes ces Divinités qui se succédèrent et qui donnèrent naissance en différentes régions à des cultes tous différens. Voici les moyens avec lesquels ofi a pu< expliquer la mort et la résurrection fictive de Bacchus, venant de l'Orient; voilà conune (m a expliqué ses

de Jésus , relatif aux nombres mystérieux et au rite cabaUstîque. (P/ II , IL? 23.) Ce même auteur, né à la moitié du i6.»« siéde , astronome de la plus haute considération, dans le susdit ouvrage, unit dans l'emblème de la Croix les douze Signes du Zodiatpie , <{ue Ton dirait représentant un Ghiist« {PL II, n*"* 7.}

conquêtes et ses voyages qui ne dilOTérent aucunement de ceux d'Osiris y ni de ceux de toutes les autres Divinités qui ont représenté cette allégorie.

Nous prions notre lecteur de se persuader que y si nous donnons une si grande étendue à l'histoire de toutes les sectes chrétiennes lors de leur apparition y ainsi qu'à leurs institutions, rites et doctrines, ce n'est aucunement pour entretenir nos Frères de querelles et disputes théologiques aujourd'hui oubliées , mais simplement pour démontrer que toutes ces sociétés chrétiennes avaient leurs institutions et leur dogme particulier y que toutes se sont confondues avec les dogme et initiation égjrptiens; et que, dans toutes, il y a des traces de l'initiation maçonnique du jour de la morale des em*blèmes et des signes usités par cette fraternité; enfin, que les anciennes sectes chrétiennes suivaient toutes le culte emblématique du Soleil. Nous invitons nos Frères à se procurer le poème de la Maçonnerie; ses notes sont d'une érudition toute particulière ; elles éclairent le système fabuleux des Divinités anciennes.

Les idées sur le Christ et sur Sérapis ne furent pas les seules qui existassent au temps des premiers Chrétiens. On trouve encore une infinité de rapports entre le culte de Jésus et celui du Soleil mystique, qui servent, malheureusement pour la religion de Rome , de retraite et d'asile à l'incrédulité moderne (i).

(i) L'auteur du F'oiielepési trouvé qu*£veest appelée Iséjlsts

Nous ne passerons pas sous silence un de ces mélanges des idées et des rapports ; car Ton prétend qu'il prouve que les premiers Chrétiens n'adoraient que le Soleil mystique de Sagesse dans le matériel , et que S.* Pierre à Rome n'a fait que remplacer Janus , qui n'était que l'emblème du Soleil y et sur lequel on calqua S.^ Pierre.

Janus ftit confondu par différens auteurs avec Deucalion et avec Noé ; il était représenté astronomiquement dans le Bouvier , qui désigne la marche des astres et du Soleil et le cours de la Lune \ les anciens Romains lui attribuèrent la distinction des saisons et la division de l'année en douze mois. La statue de Janus portait sur la main droite le numéro trois cents , et sur la gauche le numéro soixante-cinq, qui répondent à une division de l'année par jours. Il était représenté avec un sceptre dans une main ou une crosse , poiir indiquer qu'il comr mandait et ouvrait l'année; de l'autre il tenait une clé^ ce qui le fit appeler Janitor^ et était envisagé conmie le portier du ciel dont lui seul avait la clé.

en hébreu , et que sa véritable signification est femme. Il ajoute que le Planisphère céleste nous montre la légende du Serpentaire qui précède Isis , poursuivie par un homme armé. Les écrivains de la Bible ont pu faire leur Isé tentée par le Serpent, et chassée du Paradis par TAnge armé du glaive. Le même auteur, pag. i53, se plaint que M/ Bonneville regardât comme synonymes les noms d'Hesus, Isis, Josué , Jésus. Le premier était une Divinité druide, le second égyptienne. Les deux autres étaient des noms propres qui servirent à l'Histoire juive. Les rapports entre ces noms et leur mélange , se lit dans V Esprit des Religions^ pag, 42 ou 5o.

Sa fét'e à Rome^ comme celle du Soleil chez les autres nations y était célébrée à Touverture de Fannée au sol-* stice d'hiver, et le premier des douze mois lui était consacré ; il était le chef des douze Divinités qui se succédaient dans la présidence desdits mois.

Janus était représenté avec deux têtes y quelquefois avec quatre y pour indiquer les saisons de Tannée ; Pierius dit avoir vu une des statues de ce Dieu qui portait sept têtes y sans doute pour marquer sa toute-puissance céleste y comme s'il était le chef du système planétaire. Souvent il était représenté, comme les Abraxas gnosticiens y par le Père Eternel à deux £9ices, sans mains, enfermé dans une gaine, allégorie de la Divinité toutepuissante , qui n'a pas besoin du- secours de ses forces pour opârer ses merveilles, sa volonté suffit. Observons que la monnaie du peuple romain portait d'un côté l'em* preinte de Janus à deux têtes, et de l'autre un vaisseau.

M. Dupuis a observé avec beaucoup de justesse , qu'en tournant nos regards vers ces époques lointaines , les trois signes qui se trouvent en opposition au Bélier, qui ouvrait l'année , étaient la Vierge , le Bouvier et le Vaisseau céleste ; que la monnaie rappelait ce point du ciel par Janus ou le Bouvier, et par le VaUêtau.

Janus avait à ses pieds douze autels, représentant les douze mois de Tannée , et on y sacrifiait alternativement chaque mois. Près de ces douze autels, il y en avait un second ayant quatre faces , qui , par une entière affinité

4e rallégorîe de Jauiis avec le Soii^l , étaient expliquées et appliquées aux quatre saisow de Tannée ; et sur oe second autd ^ on sacrifiait alternativement dans chaque

saison.

Janns donnait le nom àeJanuarhu au mois qui snimt le triomphe de la lumière du Soleil au solstice d'hmr.

n demeure érident par-là , que Janus était considéré comme le père du temps, et comme le directeur de Tannée dans toutes ses divisions.

Voilà comme on a expliqué la substitution de S.^ Pierre au Dieu Janus. Le célèbre Boulanger observe que le mot Pierre, Cêfhoê, ou ce son, dans les langues orientales, y€atA\xt forie , mtoêrturt; on en déduit que les instituteurs de la religion chrétienne se sont servis de oe nom pour indiquer aussi le portier oéieste du Paradis dbrétien. S.^. Pierre tient toujours en main les clés mystérieuses. Les pMmiers Chrétiens , pour suivre TaUégorie de Ja- 9US, Tont établi aussi pécheur ^ afin de pouvoir conserver Temblème du Vaisseau céleste qu'on voit sur les médailles de Janus. D'ici partent toutes ces allégories des péchés évangéliques , et voilà pourquoi, par une continuation de la substitution de Pierre à Janus , les premiers Chrétiens ont symbolisé l'Eglise par un vaieh seau démâté, en butte aux vents et aux orages. Nous qonserv<ms Temblème du Vaisseau dims la stricte observance et d'ailleurs. {Planoke, !.'•, n,« 55).

Pierre est aussi le chef des douze Apôtres que le ca-

lendrier chrétien ^ pour te conformer à Tallégorie , fut forcé de pkcer un dans chaque mois pour leurs fêtes , de la même manière que les douae DÎYimtés subordon* nées à Janus étaient fêtées par les Payens et ]^é^daient aux douze mois de Tannée, ce qui se lie avec les fêtes des dousBc Apôtres.

Janus préside aux quatre saisons de l'année ; l'autel à quatre fiices nous l'a expliqué ; "par une similitude continue dans le calque de S.^ Pierre sur Janus, il prénde aux quatre ETangélistes qui se trouvent placés dans le calendrier chrétien , un dans ^^haque saison; et Tannée représentant un cercle dans le Plafond (pUmeke IV, n.<* i) , les Evangélistes le partagent en quatre parties égales.

Nous avons asses démontré que Janus et le Soleil sont identiques. S.^ Pierre , arrivé â Bome de T(Ment , porte avec lui le symbole le plus marquant du Soleilet de sa vigilance ; c'est un coq qui le suit partout. Or^ il y a des milliers d' Abraxas représentant le Soleil aous cet em^ blême. Nous invitons les curieux à examiner les planches du second volume de VAmàiqmti êjfpUfude , dont nous ne donnons que la fig. 3o, Tahle II.

Si S.* Pierre a existé , et si le coq vigilant a pu par son chant lui rappeler dans le palais de Pilate , qu'il avait renié son maître , après même qu'il en avait été comblé de grâces , que doivent dire les Juifs et tous ceux qui professent un théisme pur, en voyant que le Temple

le plus somptueux , le plus riche de marbre et d'or qui existe au monde ^ est consacré à ce bon Apôtre qui trois fois renia Dieu dans son Divin Maître? (Voyez rEvangéliste S.^ Luc 9 ch. xxxi, $ 56, 67^ 58, Sg et 60.)

Suivons le mélange des cultes : les têtes des quatre animaux qui symbolisent les quatre saisons de l'année chez les Egyptiens, couvrent la tête des quatre Evangélistes : une peinture très-ancienne nous les rapporte ; elle est d'une autorité sans réplique, de la main du bienheureux Angélique de Tiessole, gravée par Nocchi, et existe encore de nos jours dans la Galerie de Florence, dont nous donnons un fae stmile à la pL IV, n.^ 1.

Nous avons vu que les prêtres égyptiens, lorsderinitiation , armaient leurs têtes d'un casque qui représentait la tète d'un chien, d'un lion, d'un bœuf, d'un épervier, emblèmes de leurs Divinités. Ce peintre , qui est canonise comme saint, et qui, par conséquent, doit être aii Paradis^ n'aurait jamais peint les Evangélistes avec des têtes d'animaux , si elles n'étaient pas un fac Hmile de celles dont les premiers prêtres chrétiens, serviles imitateurs des usages des Egyptiens (1), se servaient lors

. (i) Oa lit dans VAatiquité dépoilée , tom, II, pag, 4o , que lors des mystères de Mythras , les initiés portaient des noms relatifs à leur culte du Soleil , c'est-à-dire , les noms des constellations du Planisphère céleste; ib se déguisaient en Lion, en Boeuf» en Aigle, en Chien, etc. etc.- Les premiers Chrétiens furent entraînés malgré eux dans les usages payens, et malgré la haine qu'ils portaient à Fidolâtrie.

de leurs initiations , il est impossible de donner une autre explication au plafond du père Angélique , où Temblème serait tout-à-fait obscur et monstrueux. Nous ajoutons deux prêtres égyptiens dans deux Abraxas dont Tun porte la tête du lion (i)^ F autre celle du bœuf (3} , (PL rV, n.*** 2 , 3.) Des têtes d'animaux et d'oiseaux représentaient ou la Divinité ou quelque chose de sublime; quelquefois il y en ayait aussi qui se rapportaient à des effets naturels ; par exemple , la tête d'un éperyier désignait la saison qui précède immédiatement Talluvion du Nil ; les éperviers arrivent du nord en Egypte à cette époque. Une tête d'huppe signifiait l'instant où le Nil se retirait ; cette circonstance était signalée par le retour de ces oiseaux.

Nous finirons cette matière par une dernière considération relative à la Maçonnerie. L'on veut que la fête même de S.^ Jean soit celle de Janus y car elle arrive

(1) Les prêtres égyptiens , sous le masque du Lion ou du Soleil dans toute sa vigueur, avalent placé Tallégorie de la Vengeance du mauvais Principe , symbolisé par la tête dégoûtante de sang que le prêtre tient dans sa main gauche. Voici encore un rapproche* ibent du grade à! Elu et du Kadosch, que, dans la plus grande partie des rites , on réfère toujours à la Vengeance d^Hiram , le bon principe , quoique les enseignes communes à tous les Ch.-." Croisés paraissent se référer à Jacques Molay.

(2) La légende de PAbraxas à la tête de Bœuf, est oc Ghamaî, Lacchus-Âmolita Abraxas , Akecheioch, Mithama, Eom, Emoi» ; ce qui s'explique ainsi : Dieu , délivrez-moi de mes peines , car je porte cet Abraxas.

précisément au solstice d'hiyer; et de plus^ le mot de Joannes, ayant qfaelqa'accord avec celui àejanuaf porte, fit croire que, dans ces époques obscures, on a cherché à cacher aux initiés de la Rome moderne, par cette substitution, les mystères qu'ils professaient, et qui n'étaient que ceux de Janus ou du Soleil.

Sans partager l'opinion de ceux qui se sont livrés à ces savantes recherches, nous les donnons pour éclaircir les allégories chrétiennes et maçonniques.

La confusion dogmatique des religions égyptiennes^ juives et chxétiennes , est facile à déduire même {lar les décrets des ado^inistrateurs de la police de Tancienne Rome , qui regardaient tous ces-cultes comme une même chose. De fréquens décrets du Sénat romain nous Fat* testent; car , lorsqu'il voulut défendre Texercice de la religion }uive^hrétienne, le culte et les cérémonies des Eg3n[>tiens étaient toujours mis en avant des autres (i).

Ce fait démontre que les institutions égyptiennes étaient mêlées aux judaïques et chrétiennes. Nous observerons que les premiers Chrétiens, à Rome, étaient toujours indiqués ecttbme des Sectateurs de Moïse et des Israélites. Tacite, ^nna/. lih. i5> cA. 44, en parlant de

(i) Tacite , Annal, , /rV. Il, cà* 85 , sub fine : a Factum et de sacrû Mfypia Judaîscisque pelkndis ; factum patrum , consuHum , » et quatuor millia Ubertini generis ea eupentitione in/ecti guets » idonea œtas in insulam Sardiniam vehentur. » Suétone, in Aug.

jEgyptiacas et Judaicas ceremoniae comptempait, Suétone în Tiberio : a jEgyptiacoi Judaicosque rituê compescuit, »

rincendiedeRomequi avait eu lieu sonsFempereur Néron, dit qu'on avait accusé les Juifs d'en être les auteurs y et que si on les avait condamnés y ee n'était pas parce qu'on avait la preuve du délit, mais simplement par l'opinion générale que les Juifs pouvaient être capables de ce délit i cause de la haine qu'ils pestaient au genre humain par suite de leurs institutions. Cette opinion de Tacite n'est plus suivie de nos jours par les Chrétiens qui /avec une quantité d'écrivains ecclésiastiques , croient que Néron avait causé cet incendie pour se défaire des Chrétiens : tout prouve dcmc que les Anciens ne faisaient aucune distincti<m eaaite les Juifs et les Chrétiens.

La ccmfusion et le mélange de sectes occasionna une conformité dans leurs cérémonies et même dans leurs supercrtitieuses légendes; toutesavaientdesprodigesetdes miracles à vanter , qu'ils attribuaient à leurs fondateurs ; ces rapprochemens arrivèrent aux premiers siècles de l'Eglise romaine.

S.^ Irenée soutient que les Basilidiens avaient établi dans leurs doctrines, trois cent soixante«-cinq cieux, qui étaient présidés par autant de Divinités , et que ce nombre était le résultat de la parole Ahrowu ; que le même résultat numérique était donné par les lettres qui composaient le nom de Mythras , tant respecté par les Mages , lorsque ce nom était écrit comme dans beaucoup d'Abraxas, Meitraê; qu'en conséquence, ces deux mots présentent de la confusion.

' Les auteurs qui écrivaient contre ce Saint>-Père, ont jfoit observer qu'il y avait la même confusion chez les Chrétiens , et qu'ils adoraient le Soleil comme lés sectaires dont nous venons de parler, d'autant plus qu'ils appelaient le Christ Soleil de Justice immatériel j et que les mystères de Mythras se confondent totalement avec les mystères chrétiens; car S.* Justin, martyr/rapporte dans sa seconde Apologie en faveur des Chrétiens , et que nous traduisons fidèlement , qtie les Apôtres , dans les livres qu'ils laissèrent écrit, et que Ton nonuue Evangiles : « Que Jésus avait fait connaître payant » pris du pain après avoir rendu grâce , il avait dit .* if. Vous ferez cette cKose^ en ma cofnmém^oraiion ; y> ceci est mon corps » ; et ayant pris de mime le CeMec, » après avoir rendu grâce, il avait dit : « Ceci est num » sang ». Et à eux seulement il le communiqua (i).

» Ce que , par une imitation suggérée par le niauvais » Démon {2) ^ on a enseigné et pratiqué dans les mys- » téres et initiations de Mythras; car vous le savez pour » sàr ou vous pouvez le connaître à votre bon plaisir^ n que, soit dans les sacrifices , soit dans les mystères de » 'la Divinité (3) , on se sert de pain et d-eau dans un » Galice , en y ajoutant et prononçant quelques paroles ».

. (1) On entend parler des Apôtres.

(2) Chacun sait que la communion de Mythras a précédé de plusieurs siècles celle de Jésus.

(3) S.^ Justin confesse la divinité de Mythras.

Tertullien, dans son' livre de Preseript . Hœrei. , dit le plus y que le Démon baptisait les fidèles en leur promettant Texpiâtion de leurs crimes par cette ablution; et que par-là , il les initiait à Mjthras en les marquant au front , et faisant Toblation dû pain. Eusèbe, Hist. EecL ; liv. 7 , cA. 9 , nous indique que les fidèles > lès la naissance du Christianisme, allaient à l'autel pour y prendre le pain consacré.

Un prêtre le leur remettait dan* la main , et ils allaient chez eux (1 ) avec cette fraction de conmiunion , en ûgne de la paix avec laquelle ils vivaient avec leurs Frères.

Le Concile de Laodicée , à son 44.® Canon y défend lux femmes de s'avancer elles-mêmes à Tautel , et , en 693 y e Concile de TruUe porta là même défense aux homnies : le prêtre leur remettait Je pain consacré en main y et les femmes tendaient un lin blanc dans lequel le prêtre déposait la partie de communion qui leur était (2) destilée. Qément d'Alexandrie, Stràmat. liv. 1. , S.* Cyprien , >.* Âmbroise et S* Augustin, Cont, Epi. Parmen, liv. 2 , ch. 7 , disent que l'Eucharistie se donnait à la main.

Du temps de Justiniën à Constantinople , les enfans

(1) Ce pain sacré était conservé même dans la famille, et on 3n présentait à ses hôtes en signe de paix et d'amitié.

(2) Voilà la raison de l'institution des sept Diacres pour présider 31 la distribution de la table des veuves et des enfans dans la primitive Eglise.

éUieni conduits dans les Temples, afin d'y manger les restes de la CAne mystique. Nicephore et Calyste , Uv. vn, ek. 95) disent aToir participé à cette fiiTCur dans le i5."* SBscie*

Observons i ce propos , que les premiers Chrétiens donnaient au pain de la communion une finrme humaine^ aujourd'hui remplacée par rimpresakm d'un Christ sur l'hostie ; ce qui fit que les détracteurs du Christianisme en tirerait la conclusion qu'ils se nourrissaient réellement de la diair et du sang d'un enfknt| comme <m le dAitait des Juifs-Chrétiens lors de l'iurcendie de Rome au temps de Néron^

Nous trouvons dans Pierre Martir, dansPaw et dans Carli , Léù. Amir. , que la communion était en usage au Bleuque ; elle se rapportait entièrement à celle des Chrétiens dont nous venons de parler.

Les prêtres du Soleil formaient une grande statue avec la pâte de maïs qu'ils fieusaient cuire (i).

Le Grand-Prétre^ après une grande procession qu'il faisait avec cette statue, une fois rentré dans le Temple, la rompait et en distribuait les morceaux au peuple qui les mangeait, et se croyait ainsi sanctifié comme jadis nos ancêtres qui avaient participé à la communion de Mythras et de Bacchus. Cette même cérémonie se trouve décrite dans S.* Justin. Afoh L"

(i) Ia^ pains de proposition des Hébreux étaient cuits particulièrement par les Lévites.

U y avait une conformité de jdas au Pérou avec les mystères chrétiens : outre le sacrifice eu pain , les prétres^ trempaient les doigts dans une liqueur vineuse de maïs et, le regard fixé au Soleil, en faisaient des aspersions ; ce q[ue les Juifs pratiquaient aussi.

Nous n'osons pas croire que ces communions américaines fussent d'institution chrétienne : le mot de Christ était inconnu aux Américains. Ne serait-on pas induit à croire que l'institution de cette cérémonie tient son origine du même type que la mosaïque ; car elle est le fae Hmile de la primitive communion juive que Fon donnait à la main. Voyez VEwoie^ eh. xxrx , v. 33.

« Tu prendras aussi un pain , un gâteau à Thuile et » un beignet de la corbeille où seront les choses «ait# y* levain, laquelle sera devant FEternel ».

^. 24 : « Et tu mettras toutes ces choses suriës/iat^ » mes des mains d'Aaron et sur les paumée des mains » de ses fils, et tu les tournoieras en offrande tour- » noïée devant TEternel ».

Nous regrettons que cette pratique et cette cérémonie aient été la cause d'une infinité de troubles et de massacres de la part des Chrétiens. Cette cérémonie est rappelée dans le grade du Rose-Croix , qui n'est d'aucun inconvénient, et qui n'a pas de rapprochemens avec les mystères de la chrétienté, ce que prétendaient plusieurs de ses détracteurs ; elle pourrait , par ce que nous avons exposé , avoir été transmise directement des mystères de

Mythras : la mort qu'on y pleure est toujours la mort astronomique du Soleil ; elle est pleurée par la crainte de la chute du Temple et par celle du dépérissement de rUnivers.

La cérémonie de la Cène est très - ancienne et était pratiquée lorsqu'on conférait le grade de perfection en Perse et à Eleusis.

La Cène était une cérémonie dans les mystères de toute l'Antiquité; Jupiter et Hercule, à son apoibéosey reçoivent la coupe de la main d^Hébé.

Au milieu de toutes ces pratiques , qui étaient communes aux Mages , Cabalistes y Gnosticiens y etc. , le dogme était pour tous, que Dieu était incompréhensible, que son nom était ineffable , innominable $ et d'accord , ils établirent, pour ainsi dire sans se connaître , Tadoratioii métaphorique dans son plus bel ouvrage, dans l'astre du jour, dans ce Soleil qui régit l'Univers visible par ses lois destructives et conservatrices , qui reproduisent, par ce contraste perpétuel , la continuation des êtres. Tous ces prêtres philosophes ont voulu donner dans l'image du Soleil le portrait du Créateur , qui, par ses lois fixes, était l'expression de ses volontés.

Cette science pure devint le principe des erreurs du Paganisme; on a personnifié et déifié Mythras , Mira, Osiris, Sérapis , Bacchus, Adonis et autres héros ^ comme on Ta dit. Les combats de la Nature , représentés par les symboles du Soleil , furent appliqués , par suite des er-*

mis y à de secondes Divinités fictives (i) , et le vulgaire paisa ridée de leur mort et de leur résurrection. Lés itiés seuls ne se trompaient pas dans leur application ; ! qui fit dire à Cicéron, de Nat. Deorum, lib. ii , 34 : Un sens physique intéressant est renfermé dans des fables en apparence impies. »

En vain les Chrétiens romains voulurent faire croire le les initiés égyptiens adoraient les images et qu'ils aient idolâtres; alors , comme aujourd'hui , on était invaincu que toutes leurs anciennes Divinités sont des iblémes, et qu'Isis aux sept mamelles , environnée lT une lionne y par un dauphin, par un aigle et par le salamandre (que nous àjorinona pUmehe II, n.® 12) , était , aux yeux de ceux qui savaient lire et comprene ces emblèmes, que la Nature mystérieuse généra- [ce se liant aux planètes.

Chacun sait qulsis représente la Nature , cette Divité dont les miracles qu'elle opère tous les jours sont uverts d'un voile aux yeux des mortels. Les mamelles Qt l'image de la fertilité , et les quatre animaux qui ntourent représentent, le lion*, la terre; le dauphin, au ; l'aigle, Tair; la salamandre , le feu.

[1) Le combat du Dragon par des Saints du Christianisme , ne *ait-il pas une imitation dès légendes ci-dessus ? L'emblème de te constellation fut métamorphosé en difiiérens Diables, dont Saint délivra telle ou teUe ville ; ces traces au Pagam'sme se' »uvent encore sur une infinité de clochers.

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