‹ La Maçonnerie considérée comme le résultat des religions égyptienne, juive et chrétienne. Tome premierChapitre 31 sur 38 · CHAPITRE XYII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XYII

Table Isiaque. -^ Les Abraxas sont des emblèmes éa orite du Meil. Ëzplkation de ce mot 8a valeur en lettres greoqoiBS. Description des différens Abraxas. De celui du Grand-Ouvrier ou du Père Etemel. — D'un Abraxas qui porte la Règle maçonmqae. Abraxas de la Parole perdue. D'une Médaille cpii pmie TôisoriplMm d'Alexandre , avec remblème d*wa^ Anon pour celui de Jésiis- Christ. De l'opinion de TAne et du Scorpion dans l'Antiquité* -^ Les Mystères égyptiens, juifs , cbrétiens dans la Gaule , au 4.">« siècle. -— Du Tombeau de Childéric ; des emblèmes qu'on y e Croofés relatifs aux Mystères égyptiens. — * Momunens très-anciens retrouvés de nos jours en France.

JLja Table d'Isis (i) , dans laquelle on prétend que tous les mystères égyptiens étaient consignés ^ ofire une riche mine à exploiter aux philosophes archéologues , qui , dans la réunion des symboles des animaux^ des attributs de la Divinité , trouvent le fétichisme ou ridolâtrie du vulgaire ainsi que Tastrolatria apparente des prêtres , tous emblèmes qui servaient à tracer à ces derniers le culte du Qrand-Architecte de la Nature : si le peuple trouvait dans tous ces objets une adoration antique le Sacerdoce se servait de ces mêmes caractères pour se retracer et perpétuer son dc^^e et ses découvertes.

(i) Planche III.

L'origine du syatéme hiérogljrpbiqpe est oomrerte des ténèbres de la fdiis haute antiqaité ; mais il a précédé toute espèce d'écriture. L'ntage de cet art , à en croire fat Bible, devait être inconnu du temps de Mme. Ses k»s, comme celles de Solon y qui vécoft quatre siëdes après Homère , fiorent coiisignées ou gravées sur des matières difficiles à manier et peu portatives : ces &its indiquent l'enCsaice de cette science.

La première écriture fiit y avec des emblèmes qui se multiplièrent à l'infini et qui durent servir à tracer l'histoire de l'instruction agric(^ y la religion astnmo* mique et la métaphysique du Saoerdoœ. Ce fait causa cette variété inconciliable dans les (Ajets de la vénération du vulgaire y et donna lieu A une quantité d'allégories tout-à-£Biit diflérentes les unes des autres , entées sur le même emUéme par le Sacerdoce.

La pyramide de Psamitique, dont nous avons parlé dans ces diff&rens emblèmes, représentait les guerres et les triomphes de ce Roi. Plusieurs autres monumens offrent des emblèmes qui faisaient allusion aux guerres des anciens peuples pasteurs. Osiris y par ses diflférens aspects, pouvait être pris dans son origine pour un homme illustre y poiur un héros de l'antiquité , associé postérieurement i la Divinité , par IMgnoranoe du peuple ; ce qui induit à le croire y c'est qu'Osiris «st représconté souvent sous les dehors d'une momie , tandis qu'Isis y qui représente le Grand ^Ouvrier , est toujours étran-

gère au trépas. Diodore et plus particulièrement Syne* siens^ ne virent que l'histoire fieibuleuse travestie dans ces emblèmes et conservée par -des traditions sacerdotales : ils pensèrent qu'Isis fut une Reine, qu'Osiris fut un Roi chassé du trône par Typhon ; que lui-même fut détrôné pour ses crimes ; Osiris ressuscite pour, ramener rage d'or. Diodore j qui a décrit toutes ces allégories j le fait dans un langage qu'il parait avoir puisé dans les idées de la mythologie grecque.

Ces mêmes emblèmes hiéroglyphiques purent aussi se rapporter à l'astronomie et à l'agriculture. Deux fois par an, l'Egypte était menacée de son dépérissement par les chaleurs du printemps et par les inondations du Nil dans l'automne. Cette guerre destructive des êtres par les élémens fut représentée par des courses qu'Isis devait faire deux fois l'année , allant à la recherche des organes générateurs ; dont le cruel ennemi Typhon avait privé son époux' Osiris. I^es prêtres égyptiens voyaient que l'union seule des sexes pouvait pourvoir à la conservation des mondes , par la reproduction qui s'en suivait des êtresi nouveaux anéantis par les élémens. Isis est soumise à des incestes, qu'on référait au développement des bénéfices de l'agriculture par l'astronomie. Quoique ces. allégories fussent obscures , elles se référaient néanmoins aux mystères de la Nature (i). Les emblèmes servaient à rappeler

(i) Nous regrettons que THistoire d'Ahde et d' Aholibe , d'Ezéchiel, ck, xxni, par nous rapportée /7â^. 187» ne soit pas susceptible de pareilles allégories.

les animaux utiles et malfaisans ^ les plantes et les mois où Ion devait les soigner , ainsi que nous Pavons ex-^ pliqué en parlant des colonnes. Mais si l'histoire et l'agriculture ont pu obtenir une place dans ces hiéro» glyphes, l'astronomie et la métaphysique sacerdotales durent former le fatte de ce mystique édifice.

Le Lotus, symbole local relatif au Nil, se rapportait à celui du Soleil et de l'Univers : il était aussi le symbole de la reproduction des êtres et de l'immortalité.

L'Arnoglossum rappelait, par ses sept côtes, les sept planètes , comme les feuilles du palmier marquent le renouvellement de la Lune par les branches que cet arbre pousse tous les mois ; ces plantes avaient rapport à l'astronomie.

L*Oignon , le fétiche le plus ridiculisé par les Saints- Pères , fut un des plus célèbres emblèmes du Sacerdoce par les pellicules qui le composent; il offrait dans ses sphères enfermées les unes dans les autres , rimage végétable de l'Univers , toujours différent, toujours le même, et où chaque enveloppe représente l'ensemble de l'unité divine.

Une analogie fortuite procura peut-être au Bœuf Apis l'honneur d'être un des signes du Zodiaque, et la force productive du Bouc de Mendès lui aura pu valoir la place de Dieu , père du ciel et des étoiles.

Le Scarabée a pu aussi devenir l'image delà Divinité occulte ; car il passe six mois caché sous terre; il a pu

aussi être pris pour l'emblème du Soleil et du principe actif, étant né sans le secours d'uae mère. Le peuple, combinant mal les lettres de la langue sacrée , prit réellement le Scarabée pour une idole, en lui attribuant quantité de vertus, ce qui induisit les dévots égyptiens, juifs et chrétiens (i), à le .porter au col comme un préservatif, comme une amulette et un talisman.

L'Epervier qu'on a découvert sur le fronton d'un

grand nombre de Temples , n'était pas seulement le

symbole de la Nature Divine, mais aussi du Soleil;

et l'Ibis, regardé comme un agent du bon principe

par la destruction qu^il faisait des animaux nuisibles

et des serpens (2), était aussi le symbole d'Hermèa et

de la Lune. La Gazelle, qui, avant la crue du Nil,

fuit dans le désert , était regardée comme un animal

prophétique 5 descendue par la mystagogie égyptienne

au rang des victimes , elle lègue ses cornes à Hermès-

Anubis , qui , par un rapport astronomique , avait

appris d'elle la division du jour en douze heures.

Tous ces emblèmes servaient aussi à expliquer les hypothèses métaphysiques sacerdotales, sur lorigine des choses ; ils montraient clairement le panthéisme sacerdotal qui, par la suite des temps, conduisit au pur théisme.

(1) Le Scarabée représente un crucifie'.

(a) Les Musulmans n'oseraient tirer sur un Ibis ; ils ne l'adorent paf, maii|ils le regardent comme un animal bienfaisant , et le ycnèrent.

La Musaraigne j que le peuple supposait aveugle à cause de ses petits yeux , était désignée par le Sacerdoce comme Tincompréhensibilité du premier principe. Par tous les emblèmes y chaque Dieu égyptien , à son tour, est représenté comme le Grand - Architecte , digne de vénération et de sacrifices. On trouve Osîris représenté conmie le Grand -Tout, -dans Diodore; Isis, dans Apulée; Neith, dans Procopem Tim; Sérapis de même, dont les pieds sont la terre ; le corps, la mer; les oreilles, Tair ; les yeux, le fiambeau du ciel ; et la téte^ le firmament , est regardé par Diodore comme le Grand -Tout. Le Nil est appelé le père de toutes les Bivinités ; il est figuré par un Serpent circulaire.

Athir est la nuit élémentaire ; elle engendre les premiers Dieux, Cneph , Phtas , Neith ; ceux-ci veulent avoir ensuite la prééminence sur leur mère. Cneph et Phtas deviennent Osiris , Cneph est Isis ; ils retournent tous les trois dans le sein de leur mère ; là , par un inceste , ils engendrent d'autres Divinités. Isis eut d'Osiris Harpocrate. Dans ces allégories , les Divinités sont les symboles variables des doctrines sur la matière et sur l'esprit qui la coordonne et l'anime ; elles sont les symboles des forces destructives et conservatrices qui luttent entr'elles , ou les deux principes. Mais lorsque les prêtres voulurent adapter leurs symboles à l'explication du théisme ou de TEtre- Supréme et unique , ils supposèrent que ce symbole engendre de lui-même. Voilà la raison de la dévotion au

Scarabée, qui est en même temps et à son tou' z^" propre père, son propre époux et son fils, Tunité et la trinité égyptienne. Nous terminerons ces notions en invitant les curieux à examiner les ouvrages de MM. Denon, Beizoui , et le PrécU du Système hiéroglyphe , par M. CampoUion; ils y trouveront des explications que les bornes que nous nous sommes imposées ne nous permettent pas de produire.

Page 1