LA RESURRECTION
Fils de Dieu, fils de Marie,
,]ésus, noire frère adorable!
vous voici ressuscité de la demeure des morts, et revenu en lerre!
Et ainsi, après nous avoir donné, par votre parole^ comme un pur Froment pour fournir à jamais nos [greniers, et un vin d'élection inépuisable pmn- remplir les toniVés de nos celliers;
vous roulez encore que vobe vie pleine de iravailèt d'abaissement, J')le^^vc de soulTrances sHh'pportées jyar amour pôlir tious, )^leine de vén'lé e?t de chaviré, dcniiractes, de paidoYi, de
guérison, de miséricorde et enfin de résurrection^ nous demeure un enseignement éternellement vivant et tout semblable à votre parole.
Et vous arrivez, Seigneur ; et vous posez légèrement le pied sur la terre, et vous ne la touchez qu'en l'effleurant doucement, comme si votre corps et votre esprit n'étaient qu'à peine réunis.
Et il semble qu'il se fait un léger souffle dans l'air, comme un vent frais s'élevant après la tempête ;
il semble également que le deuil d'angoisse du monde se retire, se replie, comme les ténèbres de la nuit à l'approche du soleil levant.
Et Marie-Magdeleine se lient près du sépulcre où le corps de Jésus a été déposé;
son cœur est encore abîmé dans l'amertume, et son visage tout noyé de larmes et à demi caché par sa chevelure qui tombe désordonnée. .
Elle se penche, tremblante, vers Tentrée du sépulcre... mais la pierre (jui le feinjait a été otée, et le sépulcre est ouvert!...
Elle se penche davantage, toujours plus tremblante, inquiète, émue... et voit que le corps de Jésus est absent!
et elle jette des cris! et pleure avec une amertume et une désolation inexprimables ! . . .
Et, regardant de nouveau dans le sépulcre, elle voit deux anges à la face lumineuse, vêtus de blanc, l'im à la tête du sépulcre et l'autre aux pieds...
et ils lui disent:
— Femme, pourquoi pleurez-vous?
— C'est qu'ils ont enlevé le corps de mon Seigneur, et je ne sais où ils Font mis.
Et ayant dit ces paroles et se retournant à demi, elle voit, non loin d'elle, un homme debout qu'elle prend pour le jardinier du lieu où se trouve le sépulcre ;
et cet homme, qu'elle prend pour le jardinier, lui dit:
« — Femme, pourquoi pleurez-vous? et que cherchez vous? »
— Si c'est vous qui l'avez enlevé, dites-moi où vous l'avez mis, et je l'emporterai.
« — ^ Marie!.. »
— Seigneur î...
Marie-Magdeleine a reconnu que celui qu'elle a pris d'abord pour le jardinier est Jésus luimême! Elle l'a reconnu, en lui entendant dire: Marie! et elle veut se jeter k ses pieds: mais Jésus lui défend de le toucher, parce qu'il n'est pas encore monté vers son Père; mais il l'envoie vers les apôtres, leur dire qu'il s'en va vers son Père et leur Père, vers son Dieu et leur Dieu.
Et Marie-Magdeleine s'en va vers les apôtres, comme il lui a été dit par Jésus.
Et, sur le soir du inèine jour, il entre an lieu où ils sont assemblés ; el, se. tenant (Iclxuit au milieu d'eux, il leur dit :
(' — La paix soit avec vous ! »
Et il leur montre ses mains et son coté qui portent encore lempreinie des clous eÀ du coup de lance.
Et Thoma&,qui d'abord avait letusé de croire à la résurrection de Jésus, vient, voit, touche., et croit. Et Jésus lui dit:
« — Vous avez cnu^ Thomas, parce que vous avez vu; heureux ceux qui ont cru sans avoir vu ! »
Jésus fait, avec ses disciples, la grande et miraculeuse pèche.
Il fait encore beaucoup d'autres miracles...
Puis, il institue Pierre pour bâtir son Eglise et poiu être le Pasteur de ses agneaux et de ses brebis...
Et Pierre dit à Jésus, en montrant le disciple Bii^-AiMÉ du Maître :
— Et celui-ci, Seigneur, que deviendra-t-il?
« — Que vous importe, si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je revienne? »
Et ces paroles de Jésus font courir le bruit, parmi les saintes femmes et les apôtres , que Jean ne doit point quitter la terre jusqu'au retour du Christ ;
car, s'il vient un jour où les brebis et les agneaux, n'étant plus dans la crainte des loups, ne se trouvent plus avoir besoin de gardien, et que le gardien puisse leur faire faute, brebis et agneaux auront à jamais besoin d'amour, à jamais besoin, en l'absence du Seigneur, de son frère bien-aimé, qui est comme son amour, son cœur et ses entrailles.
Et vous, sainte Mère du Christ I ô Marie, pleine de grâce! où êtes«vous? et où étiez-
vous, à la première apparition de votre lils ressuscité ?
Pourquoi ne nous dit-ou poiul (juc vous êtes la première k le voir? Pourquoi ne nous raconte-t-on point votre joie et votre allégresse en le revoyant?...
Dame, c'est que vous ne ressemblez qu'à demi aux autres mères ; c'est qu'en quelque lieu que soit votre fils, ne le quittant point de cœur, vous le voyez toujours , et qu'où d'autres mères ne sauraient rien de leurs enfans, ou ne feraient ^que les apercevoir à peine, vous, vous savez encore beaucoup de choses de votre fils, ou vous le voyez entièrement, vous, Mère divine î
Vierge-Mère, c'est que vous n'aimez point seulement votre fils comme les autres mères aiment leurs enfans :
vous ne l'aimez point seulement de la parole et des yeux, avide de lui prodiguer, comme de recevoir de lui, soins familiers et affections du sang ;
vous l'aimez encore dans ce qu'il fait, dans ce qu'il accomplit de sa lâche divine.
Vons l'aimez en oeuvres et en charjtc.
ht votre fils se montre à vous, et vous parle en œuvres et en charité.
Il vous aime comme vous l'aimez, et comme vous voulez être aimée,
ô Mère clémente, pieuse et très-sainte î
o Vierge I ô mystérieuse !
ô foiitaiiie de vie et de consolation !
ô Marie, pleine de grâce î
Jésus se fait voir d'abord à Marie-Magdeleine, parce qu'il y a plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui fait pénitence que pour quatre-vingt-dix-neuf justes gui n'ont pas besoin de pénitence;
parce que naguère elle était perdue et qu'elle est retrouvée; parce qu'elle était morte et qu'elle est ressuscitée.
Parce qu'elle n'est guère encore que sens et chair ;
qu'elle ne connaît guère que le Jésus de la
terre, riiuinine, et (ju'ellc-nièinc n'est guère encore que terre ;
qu'il faut que son amour s'élève, se sanctifie, que la foi achève de l'illuminer;
et qu'elle aime le Jésus du royaume nouveau, le Jésus qui conduit parmi les an^es et les justes, à la vie éternelle.
Or, Jésus étant demeuré, depuis sa résurrection, quarante jours sur la terre, dit aux apôtres :
« — Allez par tout le monde , et prêchez l'Evangile h toutes les créatures.
» Prêchez, en mon nom, la pénitence et la rémission des péchés dans toutes les nations, en commençant par Jérusalem.
» Instruisez tous les peuples, et les baptisez au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen ! »
Jésus, ayant ainsi parlé, s'en va devers le
bourg de Béthanie; et les apôlres, la Vierge Marie, Marie-Magdeleinc et les autres saintes femmes le suivent.
Et tous étant parvenus sur le mont des Oliviers, il leur dit encore:
« — Je serai avec vous jusqu'à la consommation des siècles. »
Et il les bénil...
Puis, apôtres et femmes le voient qui part doucement de la terre et s'élève dans l'air..
tandis qu'un nuage d'azur, bordé tout autour comme d'une riche frange de pourpre, d'or, de même que si un soleil eût été caché derrière,
descend majestueusement et s'abaisse des hauteurs des cieux...
et femmes, apôtres voient Jésus entrer dans le nuage...
et leurs yeux le perdent de vue...
et le nuage alors remonte dans l'air, en faisant une légère courbe vers l'Occident; il fuit, et semble voler comme un oiseau, se confond bientôt dans l'azur du ciel... et disparaît.
Et Tcspërance vous a élé sernée par la voie que Jésus a suivie.
Et, depuis qu'il n'est plus visible à la terre, il nous reste de lui comme une vue intérieure, et comme un ^fjrand luminaire, allume dans l'un des sanctuaires de la création, vers qui nos âmes se tournent irrésistiblement, comme, à la fin de la nuit, nos veux se tournent vers la lumière naissante du jour.
Depuis ce temps, il y a sur notre terrestre patrie et sur notre vie de ce monde comme une douce et belle clarté d'aurore croissante, donl
nous savons que nous verrons le jour quand nous l'aurons mérité.
Depuis ce temps, il y a, par momens, de suaves parfums qui nous annoncent l'existence d'un jardin caché, planté d'arbres et de fruits, que nous ne connaissons pas ;
il y a dans nos âmes et dans nos cœurs, dans nos esprits, dans nos entrailles, des ardeurs et des vagissemens, des tressaillemens et des aspirations qui nous avertissent de Texislence d'une terre de merveilles et de délices inouie, inconnue.
Depuis ce temps, nous sommes des enfans d'attente et d'espoir, des enfans de liberté et d'élection, marchant au bien promis de la terre de délices et de merveilles, luttant et travaillant pour en mériter et conquérir l'entrée ;
et lorsque, surpris dans la lutte de ce saint travail, l'homme juste se trouve soudain un pied dans la tombe, on l'entend qui dit : Voici que ma
GLOIRE COMMENCE, ET QUE j'eNTRE DANS MON MIDI.
De même, lorsque le sépulcre s'ouvre devani les pas de la femme torle, on entend sa Louche murmurer : Foici mon étoile qui se lève dans le ciel! Salut à mon Sauveur!
IH
Et désormais sachons ce que nous sommes et ce que nous avons à faire.
Il n'y a point de champ qui ne soit susceplible de culture,
et point de destinée qui soit donnée en vain.
Dieu distribue les tâches et les sorts à chaque homme et à chaque femme ; et les parts étant faites à chaque homme et à chaque femme, il y a de saints devoirs; et, dans leur pratique, il se trouve un avant-goiit des biens qui nous sont promis pour plus tard.
Tout s'esl lait pai' Dieu;
tout est à Dieu;
toul doit se faire en vue de Dieu ,
et pour Dieu.
Ce que nous avons nous a élë confié pai* Dieu; c'est un prêt, c'est un saint dépôt.
El rhomme et la femme qui ont reçu plus qu'il ne leur faut, ont reçu pour eux et pour leurs frères et sœurs ;
et lorsque cet homme et cette femme ne songent cependant qu!à tout engloutir en eux, il faut qu'ils soient frappés d'une grande misère de cœur et d'une gangrène d'entrailles bien profonde :
car il en est qui, bien qu ayant à peine ce qu'il leur faut , en agissent cependant avec leurs frères et sœurs, comme s'ils nageaient dans l'abondance et le superflu.
Mais nous sommes tous les débiteurs de Dieu;
el c'est en travaux utiles, en œuvres belles et généreuses, que Dieu veut être payé. Qui a reçu le plus doit le plus, et qui a reçu le moins doit le moins; et Dieu est un créancier inévitable.
Dieu ne nous regarde point comme des esclaves et comme des sujets de la mort :
nous sommes ses enfans, faits à son image; et, comme Dieu, libres et éternels.
Un fort long temps nous avons porté , comme une chaîne, la faute de nos premiers pères et mères ; mais le Seigneur Jésus est venu qui nous en a délivrés!
11 est venu lui, le Sauveur, précédé, accompagné et suivi de sa Mère, la Vierge pleine de grâce, la Consolatrice;
et lui, le fils de cette Mère-Vierge et de Dieu, nous a appelés ses frères et ses sœurs.
Et maintenaiil nous ne sommes plus des enfans de révolle et de perdition :
nous sommes de la famille de Dieu et de la Vîerge-Mère; nous sommes les frères et les sœurs de Jésus.
Et ainsi, nous qui déjà, par Adam et Eve, n'étions qu une même ïdmiWe par le san^^ tristement héritiers des misères de nos ancêtres,
nous sommes encore devenus, par la Vierge- Mère et son divin Fils, une même famille, mais par T esprit ; et dotés cette fois d'une merveilleuse promesse d'avenir, plus belle qu'aux yeux de jeunes fiancés la plus riche dot et la parure la plus magnifique; et alors, nous tous fils et filles de l'humanité, les pieds sur la terre et la pensée dans le ciel, sommes devenus doublement frères et sœurs, doublement enfans de Dieu.
Mais, avec ses grands et divins caractères imprimés sur nos faces et dans le fond de nos âmes,
il y a de saints devoirs à remplir; et dans leur pratique se trouve un avant- goût des hiens qui nous sont promis pour plus tard.
Il y a le devoir du travail :
on a travaillé pour nous, et chaque jour on travaille pour nous; il faut nous en montrer reconnaissans en travaillant pour les autres.
Il y a le devoir du mariage:
une mère nous a portés dans ses enlrailles et
nous a nourris du lait de ses mamelles; et avec notre mère un père nous a élevés el nous a aidés à nous conquérir notre place sous le soleil ;
nous devons donc rendre à Dieu ce que pieu nous a pi été par notre père et par notre mère.
Il y a le devoir du courage dans l'affliction, la douleur, les dangers, le martyre:
le divin Fils de Marie n'a-t-il pas souffert pour nous l'ignominie, el n'est-il pas mort cloué sur une croix? et sa Mère, qui a assisté à tout son martyre, s'est-eile plainte aux hommes et a-t-elle blasphémé contre Dieu?...
Il y a le devoir de donner,
de donner comme on a reçu, libéralement, magnifiquement et sans compter; de donner avec contiance les inspirations de la poésie et
les pensées du génie, et les nobles et belles choses; comme Dieu donne les rayons de son soleil, les pluies de ses nuages, et, à la face de la terre, la veidure, et, à la verdure, les fleurs et les fruits avec des murmures d'ondes autour des racines, et, sous les feuilles, des chants d'oiseaux.
Il y a bien d'autres devoirs encore ;
car il pèse sur nous un faix de misères et de déceptions qu'il faut savoh^ porter.
Ainsi, le riche croit d'abord qu'il suffit d'être riche pour obtenir ce qu'il veut; mais il voit bientôt qu'il n'y a rien de digne d'être prisé que l'amour, et c'est pour lui une grande misère que de se trouver dans le doute continuel de savoir si ceux qui lui témoignent de l'amour l'aiment lui-même ou n'aiment que sa richesse.
L'homme de génie est comme le riche : il ne peut guère savoir si c'est lui qu'on aime ou le
bruil de son nom (jui rejaillit sui- eeux qui rapprochent, ou 1 elo(^e (ju'il peut donner et (jui est une sorte de ricliessc pour celui qui en est l'objet.
Ce n'en est pas ujoins un devoir pour l'homme de [jénie et le riche, d'être confians et
généreux.
Il se produit en nous-mêmes, par certains temps, des alfections indignes, des lâchetés, une turpitude et des goûts honteux, et comme un ravalement animal, un manque de soin de notre personne, une absence de respect de notre dignité humaine, qui repoussent loin de nous ceux qui nous aiment, qui les glacent, les dégoûtent, et tarissent en eux tout amour, et nous détachent violemment de leur cœur comme un fruit gâté qu'on fait tomber de l'arbre pour le jeter sur le fumier.
Alors, on est infiniment à plaindre, et souvent l'on est bien coupable.
Ce n'en est pas moins un devoir pour ceux qui nous aiment, de travailler par tous les moyens possibles à nous tirer de notre i<>^norainie et de notre lâcheté; car nous ne sommes point les juges et les bourreaux de ceux que nous aimons : nous en sommes les appuis et les sauveurs, à l'image du Christ qui a souft'ert pour nous d^être mis en croix pour nous tirer de la perdition.
Il y a de grandes plaies d esprit qui nous rendent profondément misérables et ridicules.
11 y a l'orgueil qui nous fait nous placer nousmêmes au-dessus de tous les autres. Il y a Taniour-propre qui nous fait nous regarder comme étant inviolables et parfaits. Il y a le mépris et l'oubli des autres.
Et il V a l'idolâtrie de soi-même, Xiojwble et stupide ÉGOÏSME, qui fait qu'on ne voit que soi, qu'on n'aime que soi, qu'on n'a de susceptibilité
que pour soi, et (juon ne pense et qu'on ne travaille que pour soi.
ïl y a de tristes et dégoûtantes maladies, dont chacun a sa part à portei' ; et chacun de nous, comme le saint homme Job sur son himier, a ses jours de maladie, de pourriture, d'inlection et de mort, et d'abandon des siens.
Il y a encore une grande lèpre en même temps qu'une grande éclipse, qui, passant sur nos âmes, nous voile la lumière de Dieu :
c'est le doute de la vie, le doute de la liberté, le doute de la bonté de nos Irères, le doute de l'amour et de l'espoir; c'est X indiffère fie e sur les choses du passé et sur les choses de l'avenir,et sur le sort de nos frères et de nos sœurs; c'est Y absence de foi, I'athéisme.
L'athée est plus à plaindre et plus repoussant dans sa nuit, et avec la lèpre cachée qui le ronge intérieurement, que le saint homme Job, malade dans sa chair, abandonné des siens, à demi pourri sur son fumier.
Et c'est pour nous , qui avons le divin senti-
menl de notre faiblesse, en même temps que la foi et la ^anté, c'est un saint devoir d'aller porter la lumière d'une parole de vie dans la nuit de l'athée, d'aller porter le secours et l'espoir au malade que tous ont fui, glacés de dégoût et effrayés des effets de ia contagion ; d'aller porter le baume d'une belle et généreuse poésie, aux cœurs égoïstes et fiers qui sont fermés aux délices de l'amour et de la charité envers les autres.
Il y a donc de saints devoirs à remplir; et dans leur pratique se trouve un avant-goût des biens qui nous sont promis pour plus lard.
Mais il faut savoir que, si tout espoir nous est permis, moyennant Taccomplissement de nos devoirs ,
il n'y a point aujourd'hui de santé, ni de paix, ni de bonheur parfaits ;
point (l'amilic, de tendresse, ni d'anioui', (jiii salislassent les désirs de noire cœur;
point de beauté qui réponde au rêve de notre imagination ;
point de délicatesse ni de dignité , (jui ne nous paraissent fort inférieures à ce que nous souhaitons ;
point de confiance (jui puisse vraiment nous contenter ;
point de générosité et de dévoûment sans mélange ;
point la touchante sollicitude, et la grâce aimable, et le soin, et le respect de soi-même, et la charité pour les autres que nous voudrions;
point, dans les productions et les richesses de la terre, la saveur et le goût, Téclat et la grandeur que nous y cherchons ;
point enfin, nulle part dans tout ce qui nous apparaît et nous touche, ce bien infini que nous appelons, poursuivons, espérons, et que nous travaillons à mériter et à concjuérir.
Il faut savoir ces choses, afin de pouvoir mieux porter le noble faix de la vie d'aujourd'hui.
Mais il faut savoir aussi que ce bien in6ni que nous appelons, poursuivons, espérons, que toutes ces merveilles et ces délices que nous voudrions trouver en toutes choses,
sont en Dieu ,
et seulement en Dieu ;
et que c'est pour cela qu'il faut tout faire en vue de Dieu,
et pour Dieu.
Que notre travail
vous soit donc consacré,
ô Dieu!
et soyez béni!
soyez béni sur la terre,
et béni dans les hauteurs des cieux,
vous, notre unique but!
vous qui envoyez voire paix,
comme une fraîche rosée de l'aurore,
à vos en l'a ri s