L ÉPOUSE
— Mon doux ami ! mon doux ami ! dismoi encore que tu m'aimes ! mes oreilles ont toujours soif de t'entendre ! . . . Je ne puis me rassasier des belles et charmantes paroles qui coulent de tes lèvres!.,, elles sont pour moi pareilles au murmure d'une source limpide qui soudain parviendrait aux oreilles d'une gazelle long-temps poursuivie au désert, et qui serait toute haletante et moi*te de soif. . . .
Parle, parle-moi, mon amour! dis-moi des mots de tendresse! dis-moi ce que tu voudras. . . tout ce que tu dis est si rempli de charme et de séduction! et toutes les paroles de ta bouch« ne sont qu'amour!
— Mais plutôt , chère amie , cessons de parler et songeons au réveil.
— On pense au réveil quand on a dormi.
— Cependant , regardez , regardez !
— Qu'y a-t-il , mon doux ami?
— Voici le jour , voici le jour I
— Déjà le jour? le jour déjà? non , non , ce n'est pas possible ; ce n'est que la blanche et douce clarté des étoiles.
— Voyez plutôt vers l'Orient!
— C'est la brillante étoile du matin qui éclate et resplendit plus qu'à l'ordinaire.... c'est l'étoile d'amour et d'espérance ! Non , non , ce n'est pas le jour encore. Dis-moi de plus belles et plus douces paroles , mon doux ami, et donne-moi un baiser!., un autre encore , et mille ! . . .
— Je me laisse persuader à tout ce que tu veux — et tu fais mon allégresse. .. et mes délices. .. ma bien-aimée !. ..
— Encore , encore des baisers , mon amour!... Et, tiens! repose ta tête auprès de la mienne, ta joue auprès de ma joue!., repose ta tête sur mon bras étendu , comme sur un doux oreiller!., mon bras fera comme un blanc collier autour de ton beau cou... et je passerai mes doigts dans les poils de ta barbe !
— Mon amie ! mon amie ! . . .
— Sais -tu , mon doux ami , comme tu es beau dans mon cœur?... sais-tu combien, depuis long-temps, je t'aimais, sans oser te le dire , ni même te le laisser apercevoir ?. . .
Sais-tu que , lorsque tu étais près de moi , parfois mon cœur se gonflait, se remplissait de larmes... et que j'aurais donné ma vie pour pouvoir te sauter au cou , te presser dans mes bras. . . et reposer ma tête sur ta poitrine, et y verser un torrent de larmes?... Un baiser, mon amour, encore un baiser!. ..
— Oh! c'est bien le jour qui luit!... mais restons en- Restons!,.. mais regarde-moi!
core!
Comme tu réjouis mes yeux, à mesure que le jour retire les ombres de la nuit... et éclaire de sa rose lumière ta face si belle et suave et douce !
— Et toi, mon doux ami, tu es plus beau encore dans mon cœur que dans mes yeux!.. Encore un baiser, encore un baiser ! . . .
Les autres femmes, en te voyant, peuvent dire comme moi : \oici un bel homme, et bien-heureuse est celle qu'il aime I . . . . mais nulle d'elles ne te voit dans son cœur, comme je te vois dans le mien !... nulle, en te voyant, lorsque ton regard rencontre le sien , ne se sent toute réjouie et fièrel... nulle, au son expressif de ta belle voix, ne sent son cœur battre et tout son être comme se fondre et dire : \ oicile bien-aimé I mon bien-aimé !... Encore un baiser, mon amour ! . . . encore, encore 1. . colle ta bouche sur la raienne,'et mou rons ainsi !.. je veux mourir ! . .
Le jour ! le jour !
— Il est trop vrai, c'est le jour! — pour- (juoi vient-il si tôt?...
Non , mon doux ami , nous ne mourrons point, n'est-ce pas?. . . Et dis-moi que je ne serai point stérile entre les femmes... et que Dieu me rendra mère!... et donne-moi encore un baiser!...
Mais non, c'est à mon tour à couvrir ton beau visage de mes baisers !. . à baiser ton front mille et mille fois... et tes yeux, et tes joues, et ta bouche aimée !.. à presser ta tète chérie entre mes deux mains !..
Oh I dis-moi que tu me rendras mère !
dis-le moi, cher amour !.. et que l'enfant qui naîtra de nous sera beau comme toil... aimable et chéri comme toi!... Et que, si je souffre pour lui autant et plus que j'ai souffert pour toi., mon amour! mon cher bien -aimé!. . il sera lui aussi ma joie ! mon allégresse ! ma vie!., et qu'en me rendant ainsi bienheureuse., tu seras également bien-heureux !.. toi, mon chéri!...
Et ton bonheur m'est si cher !. .. si cher ! . .
Et, pendant que l'époux écoutait les paroles d'amour de sa jeune épouse et sentait les mille baisers de ses lèvres pleuvoir sur sa face,
à quoi pouvait-il comparer le coeur, rempli d'amour et de tendresse, de sa gracieuse, passionnée et tout aimable amie, sinon
« au beau lac,
au beau lac par-delà les plaines , les rivières , les mers et les monts ;
au beau lac encaissé
entre deux montagnes
belles, fertiles, arrondies;
au beau lac qui prodigue les eaux
qu'il reçoit de ses montagnes,
à des plaines doucement
ondulées, et magnifiques, et fécondes,
et fraîches, embaumées, aimées î
au beau lac
qui réfléchit, dans sa nappe d'eau limpide,
. l'azur du ciel, et les étoiles,
et le soleil étiiK.'elant,
et la blanche lune
avec son lumineux et riant sillage,
et tout ce qui passe par les airs,
et ses plaines, et ses montagnes I
au beau lac qui désaltère, nourrit,
lave, blanchit, et purifie ;
au beau lac qui enchante les regards,
et repose doucement la pensée ; au beau lac qui ouvre gracieusement son onde avec un doux murmure à une barque amie, et où la barque amie peut se jouer à loisir, et vers une anse mystérieuse, balancée par les vagues gémissantes, où la barque amie peut voguer, légère, rapide, brillante, comme un oiseau volant à tire-d'ailes, et, dans un lieu choisi, vers un ombrage parfumé de l'anse mystérieuse, la barque amie peut chanter une hymne d'amour, un divin cantique !
au beau lac qui, lorsque le vent souffle, s'agite, écume, et se roule par flots immenses sur le flanc de ses montagnes et de ses plaines...
et ne cesse pas d'être beau!*. »
— Hélas! hélas! mon doux ami, je t'aime trop! et mon cœur se fond dans mon bonheur, comme une tranche de miel exposée à l'ard en l soleil !..
Et mon visage est trempé de mes larmes, et le tien en est également inondé ! . . .
Hélas! hélas!... et le jour croît. . . et, de momens en momens^ je crois les entendre venir et heurter à la porte, disant : Debout! debout, madame la mariée ! debout , seigneur le marié!., et je crois les entendre murmurer entre eux , à demi voix. . . et rire !
— Alors, ma bien-airoée, n'attendons pas qu'ils nous disent : Debout! debout!., et soyons les premiers à aller frapper à leur porte et à les réveiller.
— Non ! pas encore, pas encore !.. Le jour est-il donc si graiiil .''... et mon ((eur est plein <1e mille et mille choses que je n'ai pu te dire encore!... Kt tu n'es pas aussi heureux que je le voudrais ; et cela m'attriste et me fait pleurer.
— ■ Chère amie, que peut-il manquera mon lionlicnr?
— Ah ! beaucoup, beaucoup I il y a des trésors de joie et d'espoir que j'aime, qui me fout bien, qui m'élèvent et me soutiennent. . et que tu ne connais pas.
Pour moi, je suis surprise, de jour en jour, des changemens qui s'opèrent en moi et des sentimens nouveaux qui y naissent ; et je deviens tout autre.
Une vision de bonne vieille ! un miracle! un époux!., et Dieul.. tout un monde qn<' je ne connaissais pas. . . des merveilles qui m'étaient étrangères, comme à un aveugle-né seraient les couleurs et la lumière.
Et tout cela m'est venu subitement^ et j'en suis encore comme dans l'ivresse et l'éblouissement.
T. II. t3
Avant ce jour, je prononçais le saint, le grand nom de Dieu, comme on prononce un mot insignifiant.. . et j'avais une ombre de défiance sur toi.. M'aime-t-ilde véritable amour, me disais-je, et n'en aimera-t-il point une autre?., et n'en mourrai-je point de douleur?.. Maintenant, j'ai toute confiance en toi, confiance sans bornes I confiance et amour, dont je ne me croyais pas capable.
Et sais-tu, mon doux, et cher, et unique ami, que si tu me trahissais, tout serait fini pour moi... et qu'il vaudrait mieux me tuer de ta propre main ... et que cela serait me donner une mort cent fois plus cruelle que la mort même !
— Eh! ma bien-aiméc I veux-je le Irahir? et que crains-tu ?
— INon, tu ne veux pas me trahir ; je ne le crois pas et ne veux jamais le croire. . . mais tu n'es pas encore heureux au gré de mes désirs... et cela m'inquiète, et me trouble, et m'agite...
Et veux-tu que je te dise une chose .'
— I*ail<', mon amie, |);ul»'.
— Eh bien! mon doux ami, je ne crois pas que tu aimes, comme moi, Marie et Jésus;
je ne crois point que tu les aimes comme on aime Dieu même...
Et je ne crois pas (jue tu m'aimes, moi, ta chère moitié, de cet amour qui fortifie, élève l'ame, de cet amour divin par qui, plus on est embrasé , plus on se sent généreux cl meilleur !. .
Je ne crois pas que tu m'aimes de cet amour qui épaud un baume dans le cœur, et un parfum dans la vie, e't une pure et divine rosée sur le matin de chacun de nos jours, et une radieuse espérance dans les hauteurs des cieux et dans les siècles des siècles !
— Chère amie, ne parlons pas de ces choses : je ne h% comprends pas bien... et chacun n'a-t-il pas ses vexea?... N'en parlons pas.
— Si, parlons-en : je suis trop triste; et tu n'es pas riche en ton cœur, et heureux au jjré de mes désirs...
Hélas I tu ne sens donc pas qu'il y a au fond de toi-même un abîme qui n'esl pas comblé... et qui te laisse froid et triste daus ton travail... et même auprès de celle qui t'aime?....
— Pouvez-vous penser dépareilles choses?., moi triste.^ quand je suis au comble du bonheur I
— Non, non, tu es triste, ne le vois-je pas
bien, moi? et tu n'aimes pas comme
moi !.. .
Et non-seulement tu n'aimes Marie et Jésus que d'un amour vulgaire, mais j'ai vu même que tu blâmais la grande amitié qui s'est réveillée en moi, en revoyant Magdeleine.
En la voyant, je me suis jetée dans ses bras, parce que mon cœur m'y poussait, et que j'aurais voulu me retenir que cela m'eût été impossible I
Et comment l'aiderons-nous dans la bonne volonté qu'elle a de se relever, sinon en l'aimant et en lui prêtant aide et secours comme nous le pouvons?
(loiiimeni la tempête <ic s,i j);iuvi<' ;imc «c ralmera-t-elle L..
(lom nient cette chère amie, m avide de tendresse et d'amour qu'ellr «.'St yllée cliercher tendresse et amour jusque dans les égoûts , renaîtra-t-elle à la paix, à la dig^nilé, ix sa proj)re grandeur, si on n(; !a réchauffe pas» sur son cœur, si on ne la baigne pas de larmes de tendresse?
Et Dieu n'aime-t-il pas mieux la miséricorde que le sacrifice?
— Mon amie, ne parlons pas de Magdeleine, je vous prie : votre amitié pour elle me fait peine ; car Magdeleine ne Tapas méritée.
— Helas . est-oi toujours récompensé selon ses mérites?
et le petit enfant à la mamelle, qu'a-t-il mérité?
— Il pourra mériter.
— Et Magdeleine aussi méritera, et méritera grandement, j'en ai la ferme espérance.
— En vérité elle est trop coupable,
* — Heureuse la femme qui peut se dire pure !
mais plus heureuse la femme bonne et forte qui ouvre son cœur et tend la main avec courage à celles qui sont tombées! et les aide à se relever, et, quand elles sont relevées, se léjouit avec elles de leur bonheur, et bénit et glorifie Dieu I
— Mais la justice I la justice I
— Mon doux aniil... et qui donc parmi nous est si parfait et si sur de ne jamais chanceler, ni choir?
La vie parfois ne ressemble-t-ellepasà une eau trouble et agitée sur laquelle passeraient de sombres nuages?. . et, quand on est loin de la terre et qu'on navigue sur une pareille eau trouble, agitée, sous de sombres nuages, quelle femme peut être sûre d'arriver à bon port?
Heureuses , encore une fois , les femmes douces et pures I
Heureuses celles qui n'ont point à lutter contre la tempête !
Heureuses encore les victorieuses!
Mais plus heureuses celU's ({ui sausciil lrur«i s(«urs égarées et perdues!
— Ne faut-il donc point punir et réprouver.'*
— Ne faut-il pas d'abord epuiseï tout ce (juc peuvent l'amour et la charité?
— Quoi (jue vous disiez, toutes vos raisons ne peuvent me persuader.
— tt\oilà pounjuoijc suis triste!... triste de la tristesse et de la misère qui sont en vous, à votre insu! triste du bonheur (|ue je vous souhaite si ardemment et que vous n'avez pas!
Vous n'aimez point Marie et Jésus, et ma ehère Magdeleine, au gré de mes désirs!
Et, bien loin d'aimer la pauvre fille qui travaille courageusement à sortir de l'abîme, il semble qu'au contraire vous travailleriez \ olontiers vous-même à l'y refouler!
Vous n'avez j)()int une grande et inextinguible soif de faire bien ! de sauver vbs sœurs et vos frèies!
Et quand ils ont failli, vous voulez surtout les punir!.,.
Oh î je suis bien triste, mon cher ami !
Hélas ! hélas I et vous ne m'aimez pas comme il faut que l'on aime !
Et pendant qu'il en sera ainsi, je serai triste, bien triste !. ..
— J'entends du bruit ! et le soleil se lève ! et quelqu'un vient, je crois!., debout I debout !
— Debout! debout!.... je n'entends rien cependant.... et je vais me recoucher : j'ai honte de m'habiller devant vous ; ne me regardez pas, je vous prie.
— Ne vous effrayez pas, je ne vous regarderai plus
— Hélas! vous ne m'aimez pas comme il faut que l'on aime !. ..
Mais je ne perds pas l esjjoir , cl. je pnoiai Marie... et Jésus fera de votre cœur < oiiinie il a fait de l'eau qu'il a changée en vin...
Cher ami, donnez-moi encore un baiser...
et promcttez-inoi que vous prierez. Marie avec moi.
— Nous verrons, mon amie, nous verrous.
— Vous ne m'aimez pas comme il faut qur l'ot) aime !
Avez-vous vil la jeune femme que son bien-aimé a visitée?
Le lendemain de ses noces, l'avez-vous vue?.. .
L'avez-vous vue reparaissant au soleil et devant le monde^ en présence du spectacle varié de la terre... aux yeux des compagnes de son enfance?...
Elle est dans une autre vie!., et son bien-aimé est de même dans une autre vie !.. et
tout ce qu'elle revoit a comme cUaiigé de face et de couleur
11 lui semble que toutes choses se soient revêtues d'ut»
riche habit de fête... et que partout une ame se soit réjouie , un cœur se soit épanché
et qu'il y ait eu des baisers, des étreintes tendres et passionnées, un cantique d'amour !
<< Le sein de la jeune femme
est semblable à un jardin épant>ui ;
semblable à une belle vallée,
qu'au nouveau printemps
«les milliers d'arbres fruitiers
décorent et embaument ;
semblable à une jeune moisson,
qn'un léj^rr veut de mai caresse ;
semblable à uu beau verger, sous la lueur empourprée de l'aurore, • tout paré et tout brillant
des gouttes de rosée du matin ;
semblable aux fraîches et gracieuses collines
où roucoulent à l'ombre
les colombes amoureuses,
où le soir l'air rafraîchit délicieusement,
et les feuillées frémissent,
et les eaux murmurent,
et les rossignols chantent I
La jeune épouse
est l'espérance et la poésie ;
la jeune épouse
est un palais féerique ; i
la jeune épouse
est un rêve doré, plus beau
que tout ce qui enchante nos regards ;
la jeune épousa
est l'amour, le bonheur,
la vie 1 )«
Avez-vous vu la jeune épouse, qu'au jour de ses noces Notre-Dame et son divin fils ont visitée. . .
que la Magdeleine aussi a visitée, et qui, lorsque la Magdeleine est entrée, ne'lui a point dit : « Va-t-en ! » mais a volé vers elle, et l'a pressée sur son cœur, en pleurant de joie, et lui disant et répétant : Ma chère ! ma chère! vous voilà! sovez la bien-venue.-'
La jeune épouse, qu'au jour de ses noces
Notre-Dame avec son divin Hls...
et la IMagdcleino ont visitée,
est, pour son époux,
une source de joie et de consolation intarissable^ « et, pour le monde,
un puits de bonté douce, tendre, charitable, également intarissable.
Son époux la porte dans son cœur avec une confiance entière et tout heureuse ;
et elle reçoit du dehors hommages, respects et bénédictions.
Elle est, pour la maison de la famille,
comme une ancre solide dans la tempête ,
comme un vent propice
qui enfle les voiles et pousse au port.
Et il y a du sourire
et un grand bonheur
dans cet ange I
mais aussi une touchante expression
de gracieuse et charmante
et séductrice tristesse ,
qui ne cesse de vous avertir
qu'il y a grand nombre de souffrances , de peines
(jii'il faut alléger,
f'I (le plaies (|u'il faut guérir;
(ju'il faut être courageux et dévoué ,
généreux et bon ;
(ju'il faut se rendre utile, aimable ,
<'t se faire plus heureux et plus beau
el meilleur,
en sauvant et relevant
ses sœurs et ses frères
tombés , perdus ,
en faisant des oeuvres
grandes et belles!
Et cette femme
est tout aimable et belle
dans toute sa jeunesse ,
tout aimable et belle
dans toute sa vieillesse,
et encore tout aimable et belle
dans sa mort , et après sa mort ,
comme Notre-Dame ,
dont elle nous rappelle
la chère et belle image !
Et ses enfans ont pour elle
une tendresse et un respect
sans bornes ;
et tous les petits enfans
sont joyeux quand ils la voient,
et lui disent : Mère !
Et le monde ne cesse de la dire belle et bonne et tout aimable;
et son heureux époux l'appelle :
Mon ange!
Et cette femme ,
que ISotre-Dame avec son divin fils
et la Magdeleine
ont visitée ,
ne brille p^is seulement d'un éclat
éblouissant et passager ;
et son amour n'est point semblable
à une brûlante rayée de soleil ,
à une pluie d'orage dévastatrice ;
semblable à une moisson sans culture