‹ La MagdeleineChapitre 8 sur 15 · LES ENFERS · texte numérisé non relu

LES ENFERS

Ï^REMIER ROYAL) ME.

— Je vous ai fait attendre , Seigneur ; mais enfin me voici.

— Partons.

— Allons en Paradis !

— Pas encore.

— Où donc allons-nous ?

— Je vais continuer mon œuvre.

— Seigneur, est-ce (jue ïout n'est pas lait?

— Je suis le jils du Dieu vivant , el mon œuvre ri est jamais finie :

quand elle paraît terminée sur un point, je commence sur un autre.

J'ai terminé pour un temps avec le peuple de la terre ; je vais maintenant chez les damnés, dans les Enfers.

— Qu'est-ce donc, Seigneur, que les damnés, s'ils sont plus injustes , plus médians et plus misérables que les gens de la terre ?

— Chez les damnes , non-seulement on ne connaît ni ramour, ni la liberté j mais encore on est sans reconnaissance , confiance , ni espérance.

Et, parmi les damnés, on n'a pas près de soi sa Mère divine, ni Magdelcine, ni aucun visage de lémme amie , ni un frère bien-aimé dont la tète se lepose conliante sur votre sein :

on a lout le inonde contre soi ; on est ilésuui, divisé jusqu en soi-même, et seul.

— Seigneur ! Seigneur 1 comment vonl-ils donc nous traiter?

— Que crains-lu ?

— Qu'ils nous crucitient de nouveau, ou nous fassent pis encore.

— Ce ne svnt pcii les înauvais ttaitemens, m la peine ^ tti le labeur qui sont à redouter ; mais l'absence d'amour.

— Le peuple de la terre est loin, bien loin...

Vous êtes parti, Seigneur, des rivages d'un monde, et vous voici sur les rivages d'un autre monde.

Vous avez d'un coup-d'œil mesuré l'espace immense , et vous l'avez franchi d'un bond.

Voici sans doute la demeure des damnés •

l'Enfer! l'Enfer!

Seigneur, vous faites un second pas !... el vous passez par-dessus des villes qui sem-

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