Ib. Ii 1, 3o
Les méfaits des sorcières sont des plus variés, et les maux qu'on leur attribue à la fois physiques et moraux. Ces maux sont parfois imaginaires ou engendrés par la terreur seule, mais parfois ils sont très réels et l'explication seule en est contestable. C'est à la malignité de la sorcière que le Ghaldéen attribue le tremblement qui, au détour d'une rue, dans un carrefour, sans raison apparente, lui enlève l'usage de ses jambes1; en réalité, il est victime de sa poltronnerie : il lui semble avoir été aperçu par une sorcière qui s'est lancée à ses trousses1; il en perd la respiration, se croit tiré par les cheveux, tiraillé par ses vêtements, et reste immobile dans la poussière du chemin1. Des maladies véritables, la fièvre, la consomption, la folie, les troubles cardiaques, sont également attribuées aux sorcières4. Elles rendent les femmes stériles ou les font avorter; un seul de leurs regards prive l'homme de sa virilité, ou, comme on disait autrefois, lui noue l'aiguillette*. Leurs maléfices peuvent même causer la mort : « la sorcière tue les hommes et n'épargne pas les femmes1 ». Au moral, ce sont elles qui jettent le trouble dans les familles, brouillent le fils avec ses parents, le frère avec sa sœur, l'ami avec son ami, le maître avec ses serviteurs, le sujet avec son roi7, et, comme nous l'avons vu plus haut, l'homme avec son dieu.
i. Jtfo#d, M, 6; I, i33; VI, 55.