III, 109, n5; V
Le sorcier n'est pas nécessairement conscient du mal qu'il fait; certaines personnes sont douées d'un pouvoir malfaisant qui s'exerce sans qu'elles le veuillent ou même le sachent. Les Assyriens avaient sur la fascination les mêmes idées que les Grecs, les Latins et tant d'autres peuples *, et l'on trouve souvent le mauvais œil indiqué, sans autre détail d'ailleurs , comme l'un des dangers les plus menaçants pour l'homme1. Le éédu est* le démon au mauvais œil. Le regard de certaines personnes est particulièrement funeste, mais tout le monde, même sans pouvoir spécial, peut, dans certains cas, porter malheur à son prochain. Suivant une superstition encore très répandue aujourd'hui, et dont j'ai constaté la survivance en Syrie, il peut être funeste pour un être quelconque d'être trop loué ou trop admiré. On évite pour cette raison de vanter la beauté d'un enfant, et si un imprudent le fait, la mère se croit obligée de cracher sur lui pour détourner le mauvais sort. « La bouche mauvaise, la langue mauvaise, la lèvre mauvaise* », des incantations assyriennes peuvent être celles qui ont proféré des paroles de haine, des malédictions funestes, tout aussi bien que celles qui ont exprimé l'admiration. Hais « l'amour et la haine » de la sorcière1 me paraissent désigner respectivement les deux manières dont elle peut jeter un sort, la louange et l'imprécation. Enfin une personne ordinairement inoffensive peut, à certains moments, devenir dangereuse : telles sont la femme qui allaite, la femme morte
i. 0. Jahn : Ueber den Aberglauben des bôsen Blicks beiden Alten, dans Berichte der Gesellschaft der Wissenschaften zu Leipzig, i855, et Elworthy. The evil eye9 London, 1895; Tuchmann, La fascination, dans Milusine,