‹ La magie assyrienneChapitre 31 sur 201 · Maklû VII, 75; I · texte numérisé non relu

Maklû VII, 75; I

d'an cancer au sein et la femme enceinte4. La prostituée est exorcisée comme un véritable démon1.

i. ASKT n* xi col. I 35-43 ; sans doute pour les mêmes raisons que la femme à l'époque de la menstruation et de l'accouchement. Cf. Fraser. Qolden Bouy/t, I, 3a5, sqq.

a. ASKT n* ii col. I n-ia ; IV R i a 5i.

Les sorts. — Les maladies.

Traqué par les démons, poursuivi par les sorciers et les sorcières, l'homme serait encore trop heureux si d'autres dangers ne le menaçaient de toute part. Outre les ennemis dont nous avons déjà parlé, esprits malins, hommes et femmes doués d'un pouvoir surhumain, l'Assyrien doit. encore redouter les conséquences de sa propre activité. Il peut être lui-même la cause de sa perte par une foule d'actes qui sont réputés porter malheur1. Les tablettes deuxième, troisième et huitième de la série êurpû éuumèrent ainsi, sous le nom de mamit, les enchantements nombreux et variés dont l'homme peut être h la fois l'auteur et la victime. Ou aimerait à saisir dans ces longues listes un principe de classement, mais il est impossible de trouver dans ce chaos un til conducteur, et les redites montrent bien que ce désordre n'est pas seulement apparent. L'auteur n'a eu qu'un désir, être aussi complet que possible, — nous verrons pourquoi — et il est fort possible que, pour y arriver, il ait fondu ensemble plusieurs listes dans une compilation maladroite. Aucune de ces listes n'ayant encore été traduite en français, je donnerai delà première — la plus îmio-nu — une traduction qui me dispensera sur ce point

ui eux-mêmes ne sont pu A l'abri de ces accidents. Cf. IV fi i fi

d'autre commentaire, et rendra, pour la suite, la marche de notre enquête plus claire.

5 A-t-il péché contre son dieu, contre sa déesse? A-t-il dit non pour oui, oui pour non?

Vers a-t-il dirigé le doigt?

Â-t-il prononcé des paroles impures?

A-t-il manqué à sa déesse?

Â-t-il prononcé des paroles funestes?

Â-t-il prononcé des paroles impies?

A-t-il fait prononcer des paroles impies?

15 A-t-il corrompu un juge?

A-t-il sur est détruit, marché?

20 A-t-il excité le père contre le fils?

A-t-il excité le fils contro le père?

A-t-il excité la mère contre la fille?

A-t-il excité la fille contre la mère?

A-t-il excité les beaux-parents contre la bru? 25 A-t-il excité la bru contre les beaux-parents?

A-t-il excité le frère contre le frère?

A-t-il excité l'ami contre l'ami?

A-t-il excité le camarade contre le camarade?

A-t-il refusé de laisser aller le prisonnier, d'enlever ses chaînes à l'enchaîné?

30 A-t-il refusé de laisser voir la lumière du jour 'au pri-

sonnier?

31 A-t-il dit au geôlier : emprisonne-le, au garde-chiourme :

enchaîne-le * ? "

i. Zimmero traduit $abti et kast par gefangenen et gebundenen, sens que les mots ont eu effet plus haut & la' ligne 29. On sait que le participe assyrien a tantôt le sens passif, tantôt le sens actif. Ici c'est le sens actif qu'il faut choisir, sous peine d'aboutir & un non-sens. Cf. une locution analogue dans la série Maklû, III, 121-122 : ana epièli ipèima ikbû, anasafrirti sufyrima

A-t-il commis je ne sais quel péché contre son dieu, je

ne sais quel péché contre sa déesse?

A-t-H offensé un dieu, manqué à une déesse? Son péché est-il contre son dieu, sa faute contre sa déesse?

35 Son offense est-elle contre ses aïeux, sa baine contre son frère aîné?

A-t-il manqué à son pore ou à sa mère, offensé sa sœur

aînée?

A-t-il donné en petite quantité, refusé en gros? A-t-il dit oui pour non?

A-t-il dit non pour oui?

40 A-t-il dit des paroles impures. . . . de désobéissance?

il des paroles criminelles ?

mployé de fausses balances. . ■ .?

eçu l'argent illégal, refusé l'argent légal? ihassé l'enfant légitime, installé l'enfant illégi- ?

ait un bornage illégitime au lieu de faire un borlégitime?

inlevé des clôtures, des limites, des bornes ? întré dans la maison de son prochain?

u commerce avec la femme de son prochain? ersé le sang de son prochain?

lérobé le vêtement de son prochain?

efusé de laisser échapper un homme à sa colère ? hassé de sa famille un honnête homme?

livisé une famille unie?

dressé contre son supérieur?

obe a-t-elle été droite,. son cœur faux? che a-t-elle'dit oui, son cœur non?

; a-t-il dit des paroles illégitimes ?

a dît à la sorcière, ensorcelle, qui a dît à la fucioatriee,

La justice, l'a-t-il persécutée, ébranlée, détruite, chassée, anéantie?

60 A-t-il commis des violences (?), excité]à la révolte (?) et au crime (?)?

A-t-il commis des crimes, volé, fait voler?

S'est-il employé à faire le mal?

Sa bouche est-elle impudente (?), ordurière?

Ses lèvres sont-elles trompeuses (?), rebelles? 65 A-t-il appris ce qui est impur, enseigné ce qui ne convient pas?

A-t-il suivi les traces des méchants?

A-t-il transgressé les limites du droit?

A-t-il fait ce qui est impur?

S'est-il occupé de. sorcellerie ou d'enchantements? 70 Est-ce à cause d'une faute grave qu'il a commise?

Est-ce à cause des nombreux péchés qu'il a commis?

Est-ce à cause d'une communauté qu'il a dispersée?

Est-ce à cause d'une famille unie qu'il a désunie?

Est-ce à cause de tous les manquements qu'il a commis envers son dieu et sa déesse?, 75 A-t-il promis avec son cœur et sa bouche, et refusé de donner?

A-t-il par une offrande outragé le nom de son dieu?

A-t-il consacré et promis une chose qu'il a gardée?

A-t-il offert qu'il a mangé?

A-t-il et fait une prière?

80 A-t-il aboli un sacrifice légal?

A-t-il irrité contre lui son dieu et sa déesse ?

S'est-il levé dans une réunion pour prononcer des paroles impies?

Qu'il soit délivré, quiconque a été enchanté,

a pris, et a été enchanté, 85 a , et a été enchanté,

par un présent qu'il a fait a été enchanté,

par un vivant (?) a été enchanté, vers une figure a dirigé son doigt, la figure de son père et de sa mère a été enchanté, 90 la figure de son frère aîné et de sa sœur aînée, et a été enchanté, quiconque a fait venir la destruction, 95 a marché derrière la destruction, a péché contre sa ville, a prononcé le nom de sa ville, a nui à la réputation de sa ville, s'est tenu devant un ensorcelé, 100 un ensorcelé s'est tenu devant lui, a dormi dans le Ht d'un ensorcelé, s'est assis sur la chaise d'un ensorcelé, a mangé dans l'assiette d'un ensorcelé, a bu dans le verre d'un ensorcelé.

Comme on le voit, les fautes volontaires ou involontaires, voire même inconscientes, graves ou légères, envers les dieux ou envers les hommes, sont énumérées pële-mèle, comme susceptibles de porter malheur. Offenser un dieu ou tuer un homme, s'occuper de sorcellerie ou avoir simplement contact avec un ensorcelé, tout cela est presque aussi funeste. On a déjà cette idée, si obstinément développée plus tard par les Hébreux, que toute faute entraîne une calamité et que toute calamité, maladie ou accident, est la conséquence d'une faute '. Mais on n'a pas encore distingué les éléments qui font la faute morale, qui séparent la mauvaise action de l'erreur ou de l'ignorance. Il y a bien, dans le choix d'actes mauvais en soi, un embryon de morale. Mais la notion de responsalibre arbitre n'est pas encore délai qui résulte de certains actes,

n'apparaît-il pas comme une véritable sanction, mais comme une simple conséquence. On n'estime pas que le commerçant peu scrupuleux qui se sert de fausses balances et de poids légers sera puni par un dieu attentif à traiter chacun suivant ses mérites, mais simplement que cela lui portera malheur, tout comme de cueillir certaines plantes ou de casser une cruche. C'est ce qui explique qu'on s'attache si peu à distinguer les fautes suivant leur degré de gravité. Et c'est aussi pourquoi le mal qui résulte de ces fautes sera détourné non par la contrition, le repentir, des offrandes au dieu, comme le serait un châtiment, mais par des incantations et des cérémonies magiques. De même qu'il y a des actes et des paroles qui portent malheur, il y en a qui écartent le malheur.

Cette liste appelle encore quelques autres remarques. Nous y trouvons (1. 76) la première mention en assyrien de Tinterdiction de certaines offrandes. On sait que les interdictions de ce genre sont très nombreuses dans le Code sacerdotal; on peut espérer maintenant que la littérature religieuse de l'Assyrie nous en fournira d'autres exemples, et supposer déjà avec quelque vraisemblance que les Hébreux n'ont fait que perpétuer sur les rives du Jourdain une tradition empruntée à la vallée de TEuphrate. — La faute imputée à celui que ne libère pas un prisonnier(l. 29-31) rappelle aussi une prescription biblique: « Si tu achètes un esclave hébreu, il te servira six ans, et au septième, il sortira libre sans rien payer »'. Manger la chair du sacrifice est également chose néfaste1. Nous savons que chez les Hébreux on ne devait point manger la chair de la victime offerte pour le péché1. Peut-être l'interdiction assyrienne doit- elle aussi s'entendre uniquement du sacrifice expiatoire.

i Exode, xxi, 2. Cf. Deut., xv, 12 ; Lév., xxv, 40.

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