LES RITES PURIFICATEURS : ABLUTIONS, FUMIGATIONS
mauvais, de funeste, qui dans [le corps de N. fils de N.] se trouve, avec les eaux de son corps et les ablutions de ses mains, qu'il soit enlevé i ». Les maléfices des sorcières sont également enlevés par l'eau des ablutions : « Tes enchantements, tes ensorcellements, tes maléfices, etc., avec l'eau de mon corps et les ablutions de mes mains, qu'ils soient enlevés1 ». Aussi la purification par l'eau est-elle imposée en de nombreuses occasions*. Quelquefois même, elle est le seul rite manuel qui accompagne les paroles de l'exorcisme. Le magicien, masmasu, est avant tout un purificateur, mullilu, et les deux mots sontrendus parle même idéogramme : MAS. MAS. Toutes les eaux n'étaient pas également efficaces. Les eaux du Tigre et de l'Euphrate étaient regardées comme particulièrement pures, « Eau pure, eau venue du Tigre »4 étaient les premiers mots d'une incantation que l'on devait réciter trois fois devant le vase des ablutions. Une autre incantation parle
d'ablutions faites « avec les eaux pures avec les eaux de
l'Euphrate qui dans un lieu pur [sont gardées], avec les
eaux qui, dans lapsû fidèlement sont gardées »*. L'apsû, proprement la mer, est sans doute ici l'équivalent exact de la mer d'airain (ntfron D') du temple de Salomon, c'est-à-dire un grand récipient dans lequel les eaux destinées aux ablutions étaient conservées. Les rois Urnina, Bursin, Agumkakrime* se vantent dans leurs inscriptions d'avoir construit une de ces <c mers ». Celle d'Urnina était consacrée à Ea, le dieu magicien, dont la tradition plaçait la demeure dans l'Océan. Dans certains cas l'eau devait être prise au confluent
i. U il 5i 6 5-7. Cf. IV il 16 6 56.