‹ La magie assyrienneChapitre 69 sur 201 · Histoire de fur*, t. II, p · texte numérisé non relu

Histoire de fur*, t. II, p

vertu de la provoquer. Les cylindres qui les portaient étaient donc certainement des amulettes destinés à protéger l'homme contre les démons. Ajoutons enfin qu'il y a toute une classe de cylindres sur lesquels on ne peut essayer de retrouver des scènes empruntées à une légende quelconque. Ce sont ceux du type reproduit par la figure 331 de l'ouvrage de M. Perrot, et sur lequel « un personnage ailé, les bras étendus, tout semblable à celui que l'on voit sculpté sur les murs des palais, saisit de chaque main deux monstres fantastiques, deux quadrupèdes ailés ». Nous avons donc le droit de conclure que la plupart des cylindres étaient des amulettes.

Il y avait d'ailleurs des amulettes de toute forme. Un texte magique publié par Lenormant ft était gravé « sur les deux faces d'un amulette de forme allongée en chalcédoine rubanée » . En voici le sens : « Incantation. Uutukku mauvais, le îiamtaru mauvais, au nom de la terre, qu'ils s'en aillent de son corps : le se du bienfaisant, le bon lamas su, Yutukku bienfaisant, au nom de la terre, à ses côtés qu'ils se tiennent. Incantation; Ninib purifie (?). Exorcisme ». Le costume— assez léger — d'Istar, lorsqu'elle se présente aux portes de l'enfer, comprend une tiare, des pendants d'oreille, un collier, un pectoral, une ceinture de « pierres d'accouchement * », des bracelets aux mains et aux pieds, et un pagne. Les « pierres d'accouchement » étaient évidemment portées comme un talisman destiné à procurer aux femmee des couches faciles. Une liste * nomme, en même temps que ces pierres d'accouchement, les pierres de conception, les pierres d'amour et les pierres destinées à produire l'effet inverse.

L'art de broder lui-même était mis à contribution pour écarter les mauvais esprits. Il ne servait pas seulement à en-

i. Choix de textes cunéiformes, no 26, a. èibbu aban alddi. IV B 3i a 54.

richirun vêtement d'ornements éclatants, mais à rendre celui qui le portait invulnérable aux maléfices. C'est ainsi que nous retrouvons, sur les morceaux de broderie reproduits par le sculpteur1, ces bons génies, seuls ou aux prises avec les mauvais génies, que nous avons déjà rencontrés sur les cylindres.

Gomme nous le verrons plus loin, les rites magiques ont souvent pour objet d'appeler les dieux au secours de l'humanité et de leur remettre la charge de chasser les démons et les sorciers. Mais il vaut bien mieux ne pas attendre l'effet des maléfices, et, pour en préserver la maison, installer les dieux à demeure. Il suffira pour cela de placer à la porte, ou en quelque autre endroit, les statues des dieux que Ton a choisis pour gardiens. Les textes font souvent allusion à cet usage : « A droite de ma porte et à gauche de ma porte, j'ai placé Lugalgirra et Allamu* — J'ai placé à ma porte le dieu Lugalgirra, le dieu puissant, le messager du dieu Papsukal ; puissent-ils tuer mon sorcier et ma sorcière * . — Devant l'image de Lugalgirra et de Ôitlamtaea, tu diras l'incantation : Lugalgirra et âitlamtaea, dieux jumeaux, dieux doubles, [fils] puissants d'Ànu qui... le ciel brillant, qui... habitez les sanctuaires sur la terre vaste... tuez les méchants, domptez l'ennemi,... Pour chasser tout le mal qui contre N. fils de N. s'avance pour lui nuire... à la porte de N. fils de N. , à droite et à gauche je vous ai établis; que tout mal s'éloigne de vous à trois mille six cents KAS.BU4 ».

Les images des dieux ou des démons protecteurs pouvaient être simplement des statuettes en terre cuite, ou tout au plus en bronze, suspendues aux montants de la porte; c'est pro-

i. Perrot, Histoire de V art, t. II, fig. 443, 444, 446, 448, 449.

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