Agumkakrime V R 33 d
Les rites préventifs, amulettes et talismans 113
« Ces figurines ont été trouvées dans de petits réduits cachés sous le pavé des cours, soit devant les portes, soit sur d'autres points du pourtour des murailles. La planche 165 montrera la forme de ces réduits ; ils étaient carrés, un peu rétrécis parle bas ; quatre briques cimentées avec du bitume en tapissaient les parois et une cinquième, de niveau avec le pavé, les recouvrait ; au fond il y avait une couche de sable, sur laquelle les statuettes étaient placées debout.
« Ces statuettes étaient certainement symboliques, car les unes représentent des êtres imaginaires, et les autres portent des attributs semblables à une des figures placées près des portes des monuments. Quelques-unes en effet ont la mitre ceinte au bord inférieur d'une double paire de cornes (pi. 153) ; elles ont un des bras croisé sur la poitrine et paraissent tenir une tige ou bâton, trop dégradé pour qu'on puisse en deviner l'usage. D'autres (pi. 152) ont les cheveux roulés en grosses boucles comme ceux de la grande figure étouffant un lion. Il y en a (pi. 153) dont le corps, humain dans la partie supérieure, se termine par des jambes et une queue de taureau. Enfin il y en a une dont la tète est celle d'un animal carnassier (pi. 152), qui, par ses longues oreilles ressemble plutôt à celle d'une chauve-souris qu'à celle d'un lion ou d'un chacal. Il est inutile de faire observer que des figures semblables paraissent fréquemment sur les cylindres et les cachets babyloniens, et Ton en trouvera des exemples dans les planches du savant et curieux ouvrage de M. F. Layard intitulé : Recherches sur le culte public et les mystères de Mithra.
« La matière avec laquelle ces statues sont faî&s est la même argile qui a servi à la confection des briques; elle est à peine cuite, en sorte qu'elle présente peu de consistance, et qu'il est inconcevable qu'elle ait pu résister pendant tant de siècles non seulement à l'humidité, mais à l'action de la pesanteur. Quelques-unes de ces figures étaient peintes, Tune
en bleu d'azur, l'autre, celle à tête d'animal carnassier, entièrement en noir 4 ».
Des découvertes du même genre furent faites par Layard :
« Je ne trouvai rien qu'une boîte ou trou carré, formé de briques soigneusement jointes et contenant plusieurs petites têtes en argile crue, de couleur brun foncé. Ces têtes étaient barbues et couvertes de coiffures pointues et très hautes. Elles furent trouvées à environ vingt pieds de profondeur* ».
Smith trouva aussi à Nimroud, dans le palais sud-est, des statuettes ailées disposées dans des niches du même genre, et pour le même usage :
« Dans une de ces chambres apparut une niche en brique, pratiquée dans le soi, et en enlevant la brique qui la couvrait, je trouvai six figures ailées, en terre cuite, serrées dans la niche. Chaque figure était, avec une tête de lion, quatre ailes, une main croisée sur la poitrine, l'autre tenant un panier, et portait un long vêtement qui lui tombait jusqu'aux pieds. Ces figures étaient probablement destinées à préserver la construction contre les mauvais esprits1 ».
Les figures de génies ailés et d'animaux n'étaient pas les seuls amulettes enfouis dans la construction des demeures assyriennes. « A Nimroud, dit Smith4, je trouvai la position de ces grossiers et curieux modèles de mains, qui étaient placés dans les murs, le poing en haut, et dont l'objet était probablement de préserver l'endroit contre . les mauvais esprits. L'une d'elles portait l'inscription : Palais d'Asurnaçirpal, roi de l'univers, roi d'Assyrie, fils de Tukultininip, roi de l'univers, roi d'Assyrie, fils de Rammannirari, roi de l'univers, roi d'Assyrie. ». On sait que la main,
i. Botta, le Monument de Ninive V, 168-g.