LES IMAGES ASTRALES
Tous les faits sont enregistrésdans la lumière magnétique de la Terre à l’état d’images fixées dans cette lumière et plus ou moins lumineuses elles-mêmes. Ces images sont comparables à des tableaux ou à des clichés positifs qui viennent s’enregistrer dans l’atmosphère astrale de l’individu ou de l’endroit où cette image vient d’être produite quand il s’agit des faits du passé, ou va se produire quand il s’agit des faits de l’avenir.
La Providence agit surtout sur la libre volonté de l’homme par la révélation de ces images astrales qui indiquent à l’homme les faits que le Destin va générer (quand il s’agit de l’avenir). Grâce à cette illumination, l’homme peut dans certains cas, échapper à de graves dangers.
Les images astrales sont vues, soit pendant le rêve soit à l’état somnambulique ou à l’état d’extase, soit même, dans certains cas exceptionnels, à l’état de veille.
Une image astrale peut indiquer soit toute une scène, soit même une succession de scènes (par une succession d’images) soit un seul objet ou un seul individu.
La grande difficulté dans la perception des images astrales est, pour le voyant, de distinguer celles qui se rapportent au passé de celles qui se rapportent à l’avenir. C’était là un des points les plus délicats de l’étude de la science prophétique qui était parfaite-
ment organisée dans les anciens temples et même chez les Juifs.
Les images astrales peuvent se rapporter :
1“ A la vision de l’atmosphère, astrale d’un objet ou d’un individu du passé par le contact avec cet objet ou avec des restes de cet individu ;
2° A la vision directe et sans contact d’un fait du présent arrivant à grandes distances ;
3® A la vision directe d’un objet ou d’un être créé par suggestion ;
4° A la vision directe soit à l’état de veille, soit à l’état de sommeil normal ou provoqué d’un fait imminent.
Psychométrie.
"Vision
télépathique.
Vision idéale.
Vision
prophétique.
Nous allons éclaircir tout cela par des exemples. Classification de la Vision astrale dans le Temps
Vision
astrale
du Passé soit médiat, soit immédiat
du Présent
de VA venir soit immédiat, soit lointain
Psychométrie
Télépathie.
Vision idéale.
Prophétisme.
§ 1. — Caractères d’une image astral.
L’image astrale ne parle pas. Elle se conduit exactement comme l’image d’une personne ou d’une scène dans un miroir.
LA iMAGIE ET L’MYPNOSE
On peut quelquefois et dans des cas exceptionnels entendre des paroles ou des sons mais alors on se rend compte que ces paroles viennent en écho et n’appartiennentpas directement à l’image observée. C’est ce qui se produirait sien même temps qu’on voit l’image d’une personne dans un miroir (sans voir la personne elle-
Image Astrale
D un talisman vu et dessiné par Eliphas Lévi (d'après son carnet de notes).
même) on entendait le son de sa voix dans la chambre voisine.
Quand l’apparition agit librement et vous parle directement ce n’est plus une image astrale, c’est un élémentaire qui cause le phénomène.
De plus l’image astrale n’impressionne généralement qu’une seule personne tandis que l’élémentaire impressionne plusieurs assistants (et souvent tous à la fois).
Dans une de ses œuvres les plus originales : le Cro-
LA MAGIE ET L’iIYPNOSE
codi/e, Claude de Saint-Martin, décrit d’une manière merveilleuse les propriétés de conversation du plan Astral en parlant de la ville d’Atalante (chant 64 et suiv.)
Image Astrale
D’un talisman vu et dessiné par Eliphas Lévi (d’après son carnet de notes).
Après avoir parlé delà conservation de tout ce qui se trouvait dans Atalante, depuis les maisons jusqu’aux ustensiles, ainsi que les hommes et les animaux, le célèbre philosophe raille doucement les physiciens en proposant des explications « scientifiques » des faits qu’il observe. Toutefois l’occultiste est prévenu du secret par des remarques de ce genre :
« Quant à la clarté dont j’ai joui en parcourant la ville d’Atalante, je no pourrais non plus vous l’expliquer autrement qu’en vous rappelant que j’avais encore les
yeux pleins de cette sombre lumière que j’avais rapportée de mon séjour dans le corps de l’animal qui nous avait dévorés, » Cette dernière phrase fait allusion au dragon du seuil.
Mais passons sur les explications ironiques dédiées par Saint-Martin aux physiciens, et arrivons au passage qui nous intéresse davantage.
(c La merveille la plus étonnante parmi toutes celles que je vous ai annoncées, c’est que, non seulement tous les objets dont je vous ai parlé se sont trouvés conservés là dans toutes leurs formes et leurs apparences extérieures, mais que j’y ai aperçu aussi tout ce qui pouvait me donner connaissance du caractère, des mœurs, do l’esprit, des passions, des vices et des vertus des habitants. Car la même loi de physique qui a fait que toutes les substances et les corps renfermés hermétiquement dans cette ville n’ont point souffert à l’extérieur a étendu son pouvoir conservateur sur les PAROLES MÊMES des citoyens d’Atalante, et a fait que les traces en sont corporisées et sensibles, comme en sont tous les autres objets renfermés dans cette malheureuse enceinte. »
Je ne connais pas, dans la littérature occultiste, une plus belle description des propriétés conservatrices du plan astral que celle de la Ville d'Atalante par Claude de Saint-Martin.
Les extraits précédents posent bien le fait dont nous allons nous occuper :
1° Le praticien qui parvient à la vision du plan astral y voit conservées les formes passées (la psychométrie prouve cette assertion) ;
2° Ces formes conservées en astral présentent tous les caractères des objets dont elles sont émanées. — On les appelle en occultisme des astrales.
La doctrine
ésotérique enseigne en effet que, de
l’Image Astrale Explicalion du Sphinx.
même que nous avons sur le physique une ombre qui accompagne toujours notre corps, nous avons également
LA JIAGIE ET L'ilYPNOSE
sur le plan astral « une image » qui persiste bien longtemps après la disparition du corps physique.
Représentez-vous un miroir qui aurait la propriété de conserver les images qu’il aurait réfléchies, avec leur aspect exact, leur couleur, leur forme, etc., etc., et vous aurez une idée de cette propriété attribuée par l’occultisme au « plan astral ».
La photographie nous révèle analogiquement de
bien curieuses choses concernant l’astral, de même
que l’étude de l’électricité nous initie à bien des mystères du plan de création, mais n’anticipons pas.
Une image astrale aura donc, en définitive, toutes les propriétés d’une image réfléchie dans un miroir.
Au premier abord, le débutant en pratique qui pénètre dansl’astral est tenté de confondre ces « images» très nombreuses avec les êtres réels qui peuplent ce plan si curieux ; ce n’est que par la pratique qu’il arrive à distinguer les « reflets », comme les appelle Eliphas Levi, des êtres qui se meuvent en astral.
Cette confusion est une des pierres d’achoppement les plus dangereuses qui entravent la carrière des voyants et des prophètes et la confusion des formes involuant vers la matière, c’est-à-dire des formes de l’avenir, avec les formes qui évoluent vers l’astral, c’est-à-dire les formes du passé, est encore un nouvel obstacle ajouté au précédent.
Mais, quand cette confusion ne peut avoir lieu que sur le plan astral, elle n’est dangereuse, en somme, que pour l’expérimentateur. Il n’en est pas de même quand, à l’aide de certaines pratiques, on arrive à manifester une « image astrale » sur le plan physique.
11 y a deux procédés principaux pour manifester l’astral ; c’est de se placer dans un tel état qu’on s’y
plonge soi-même, ou bien de faire certaines pratiques qui permettent à l’astral de venir se manifester sur le plan physique, dans des conditions toutes physiques.
Sans nous occuper du premier cas, disons quelques mots du second.
L’astral n’est pas un lieu, c’est une condition d’être, un état. L’astral est donc en puissance d'être comme dirait Fabre d’Olivet, tout autour de nous, c’est l’envers invisible de tout ce qui est visible ici-bas.
Supposons que nous ayons à étudier l’image astrale d’un ami mort depuis quelque temps.
Cette image est en « puissance d'être » dans le plan astral et peut être comparée à l’image qui a impressionné la couche sensible d’une plaque photographique. L’image est dans cette couche sensible ; mais nos yeux matériels sont incapables de l’apercevoir.
Pourquoi ?
Parce qu’elle n’est pas révélée.
Pour révéler cette image, il faut se placer dans l’obscurité, ou, tout au moins, à l’abri de certains des rayons de la lumière, et faire agir sur la couche sensible des fluides physico-chimiques.
Dans l’expérimentation magique, il en est absolumen de même.
Mais au lieu des fluides physico-chimiques, ce sont des fluides vitaux qu’il faudra mettre en œuvre — les fluides, on les prendra dans un être névropathique et endormi comme dans les expériences spirites ou dans un animal, ou dans une substance vivante quelconque comme dans les expériences magiques.
Les conditions d’expérience étant bien remplies, l’image de l’être évoqué se manifestera sur le plan physique, apparaissant à tous les assistants, et, bien plus, susceptible d’être photographié, tout comme le reflet d’un être dans un miroir est susceptible d’agir sur la couche sensible d’un cliché photographique.
Cette image, n’empruntant ses moyens de manifestation qu’au dynamisme vital dont elle est imprégnée, ne sera que transitoire. Elle est bien révélée, mais n’est pas fixée.
Comment distinguer alors, me direz-vous, une image astrale d’un être réel ?
Shakespeare a parfaitement mis à jour cette distinction. L’image astrale (fantôme de Banco; dans Macbeth) ne parle pas, tout comme le reflet dans un miroir, c’est là ce qu’Homère appelle om&re ; l’élémentaire au contraire, qui se manifeste lui-même, agit et parle. Les expériences de Crookes sur Katie-King sont très démonstratives à ce point de vue ; d’autre part, Shakespeare, dans le fantôme à.' Hamlet , établit très bien cette distinction.
On voit combien tous ces sujets techniques de l’occultisme demandent de réflexion et d’étude.
§ 2. — Images astrales de faits passés.
LA PSYCHOMÉTRIE
Alors qu’en Europe nous connaissons assez bien les faits du Magnétisme et du Spiritisme, il est curieux de constater combien nous avous délaissé l’étude de la Psychométrie. Le nom même de cet art d’interroger l’invisible est presque inconnu des spécialistes contemporains voués à l’étude scientifique des faits occultes.
Pour nous, la Psyrdiométrie se réduit uniquement à la. vision des images astrales vivant dans Vatmosphère magnétique des choses ou des êtres du passé, Ces images sont, au début des expériences, des plus fugaces, et ce n’est que par une pratique suivie qu’on
arrive à les fixer assez longtemps devant le centre de perception sensible. Nous avons fait, soit dans nos ouvrages précédents, soit dans notre revue Ylnitmiion tous nos efforts pour répandre l’étude et la pratique de cet art. Aussi allons-nous emprunter à V Almanach du Magîste^^Q 1895-96 une excellente étude de Paul Sédir sur cette importante question.
LA PSYCHOMÉTRIE
(( La psychométrie est le développement et l’exercice « des facultés divines enThomme. Cette sphère obscure « de l’intellect, qui comprend les réponses oraculaires « comme les révélations des somnambules, les prophé- « tisations des saints comme les prévisions des scruta- « teursduDestin,lesmystérieuxprésages et les impres- « sions soudaines qui dirigent la conduite de beaucoup « de gens, comme les pressentiments de mort ou de « malheur, comme les secrètes influences que génèrent a certains objets — tout cela est éclairé par la science « psychométrique, qui renseigne l’homme sur l’orien- « tation de ces forces transcendantales, desquelles se « moquaient jusqu’à présent les théories philosophi- « ques. » C’est ainsi que s’exprime le docteur Buchanan, dans l’introduction de son Manuel de Psychométrie ; il comprend donc sous cette désignation la sensitivité telle que laco.içoit Reichenbach (1), le somnambulisme de du Prel (2), la Télépathie (3) et les apparitions dont se sont occupés déjà Kant, Schopenhauer, Hartmann et les monistes. Le professeur de physiologie Joseph-Rhodes Buchanan, de Boston, paraît avoir ouvert le premier cette voie de recherches, et il en avait
(1) Reichenbach. d^r Sensitive Mensch.
(2) C. du Prel, Philosophie der Myslik.
(3) Guriiey, Myers et Podmore, Phanlhasms of the Living.
LA MAGIE ET L’IIA'PNOSE
consigné l’idée- mère dès 1849 dans son Journal of Man ; on ne trouve guère d’autres renseignements à ce sujet que dans la revue allemande le Sphinx (livraisons de mai 1887 et de mars 1888), qui a inséré une communication du docteur Hübbe-Schleiden, relatant des expériences psychométriques entreprises par lui sur une paysanne de Kempten ; enfin la même revue (10® et 11® volumes) a publié une série d’articles de M. Louis Deinhard, président de la Société de psychologie scientifique de Munich, réunis plus tard en une brochure dont les présentes notes ne sont que l’analyse et la traduction (1).
Le livre du professeur Buchanan s’intitule : « L’aurore d’une nouvelle civilisation et il est dédié « à tous les martyrs de la Vérité, de la Religion et de la Liberté ». Voici à peu près la marche expérimentale qu’il suit : Des substances quelconques (sucre, sel, poivre) sont mises dans la main d’un sensitif, qui en perçoit le goût comme s’il les avait sur la langue ; des purgatifs ou des vomitifs, enveloppés dans du papier et tenus à la main, produisaient sur le sensitif le même effet que s’il les avait absorbés ; le sensitif posait sa main sur la tète de quelques assistants, et ce contact lui procurait pour chaque personne une impression différente ; le sensitif pouvait même laisser un petit espace entre sa main et la tête de l’autre personne, ou interposer entre elle un conducteur métallique. Une des plus curieuses expériences est celle-ci, faite fortuitement, et que Buchanan répéta ensuite des milliers de fois avec le même succès : une lettre écrite par une personne quelconque était remise entre les mains du sensitif, en lui demandant de communiquer ses im-
(1) Louis Deinhard, Psychométrie, br. ia-S®, avec un portrait de l’inventeur de cette méthode et les dessins d’objets restitués. — Draunschweig, chez G. -A. Schwetscthke .
pressions ; le sensitif décrivait alors le caractère et la personne de l’écrivain de la façon la plus nette et la plus précise, ainsi, qu’auraient pu le faire ses amis les mieux renseignés. Buchanan remarqua que cotte sensibilité toute particulière du système nerveux était plus développée dans les climats chauds.
La deuxième partie du Manuel de Psychomèlrie est consacrée à l’exposé pratique et aux applications de de cette découvere ; et enfin sa signification éthique remplit toute la troisième partie.
Si on reconnaît à Buchanan ses mérites d’inventeur de la physchométrie, il n’en faut pas attribuer de moindres au savant géologue américain William Denton, qui le premier a entrepris les pratiques de cette faculté à différents ordres de science : géographie, géologie, paléontologie, archéologie et astronomie.
On serait tenté de faire à Buchanan le reproche d’un trop grand enthousiasme pour sa « divine science », comme il dit (1). Il ne met pas assez de soin à éviter dans ses essais toutes les causes d’erreur, telles que la transmission de pensées. Son but principal, c'est d’obtenir des diagnoses de caractères et de favoriser le développement des facultés prophétiques. Il réalisa d’une façon étonnante la seconde partie de ce programme dans la personne de sa femme, — • pourvu qu’il ne s’agit que d’une prévision do quelques mois, et d événements importants ; c’est ainsi que la psycbomètre avait annoncé le maintien de lapaix, pour l’année 1886, lorsqu’un conflit entre l’Allemagne et la Russie fut près d’éclater.
(.^uant à la divination des caractères, elle ne peut être attribuée à la psychométrie que seulement s’il y a con-
(1) Journal of Man, vol. I, n° 3.
tact du manuscrit avec les doigts ou le’front du sujet; mais, si Buchanan écrit les noms des personnes connues de lui ou célèbres, peut-être mortes, sa femme ne mettra pas en activité ses facultés psychométriques, au sens propre du mot, mais bien scs facultés de clairvoyance, peut-être appuyées sur la transmission de pensée.
Denton a consigné le résultat d’au moins vingt années de recherches dans un très intéressant ouvrage (1). Ses sujets étaient sa femme, sa sœur et son fils. Son livre contient une masse énorme d’expériences, parmi lesquelles se trouvent beaucoup de descriptions d’archéologie et de paléontologie obtenues psychomélriquement. Ces récits enfantins, sortis de la bouche peu seientifique d’une femme ou d’un enfant, laisseront les savants incrédules ; néanmoins, ils méritent un examen plus attentif.
Les expériences de Denton étaient faites de la façon suivante : l’objet devant guider le psychomètre était tenu au milieu du front, à deux centimètres au-dessus de la ligne des sourcils ; les yeux restaient fermés ; le sujet se trouvait dans l’état ordinaire de veille, et prenait parfaitement connaissance de tout ce qui se passait autour de lui ; il déposait souvent l’échantillon, dessinait ce qu'il apercevait ou continuait son récit. Si l’échantillon était en poudre, il suffisait d’en mettre sur le front ce qui tient au doigt mouillé ; si les investigations étaient dirigées vers les astres, on laissait arriver les rayons de l’étoile observée sur le front du
(l) William Denton. Journal';, Soûl of Things, 3 vol., 7** éd. Wellesley (Mass.) à la Denton Publishing C°.
sujet. Denton dit avoir souvent fourni à son fils Sherman, âgé de dix ans, les expressions qu’il semblait chercher ; mais il ne lui a jamais suggéré aucune idée, ni ajouté quoi que ce soit à ses récits.
Nous arrivons maintenant à cette question importante, si, après un mûrexamen, ces essais psychométriques ne se résolvent pas en simples lectures de pensées ? Comme ces phénomènes n’ont été que tout récemment soumis à une rigoureuse critique scientifique par les auteurs des Phanta%m<<, of Limng,on serait tenté de croire que Denton n’avait pas connaissance des faits de transmission de pensées. Il n’en est pas ainsi. Voici ce qu’il dit là-dessus (1) :
« La manifestation la plus ordinaire des phénomènss psychométriques est la transmisssion de la pensée. Je ne doute pas que certains individus puissent suivre les pensées des autres. On a reconnu au mesmérisme cette faculté depuis plus de trente ans. Il se peut que les descriptions du psychomètre se fassent sous l’influence des personnes qui le dirigent. Mais je fis souvent l’expérience que des impressions très énergiques qu’il m’arriva de ressentir au cours de mes recherches restaient sans la moindre action sur les récits du psychomètre. »
Si, plus loin, le lecteur sceptique se sent disposé à considérer les exemples ci-dessous comme les produits d’une fantaisie puérile ou féminine, qui ne peuvent en aucune façon être pris au sérieux, il pourra rejeter cette supposition que Denton disposait de plusieurs sujets, mis à l’épreuve tout à fait indépendamment les uns des autres et dont les récits, se rapportant au même objet, étaient toujours comparés, et trouvés parfaitement concordants. C’est ainsi qu’il éprouve les trois membres de sa famille cités plus haut, en leur soumettant séparé-
(1) The Soûl of things, vol. II, p. 51.
LA MAGIE ET L’ilYPNOSE
ment un morceau de dent d’éléphant ; ce fragment venait des mines d’or de Columbia, en Californie, où il avait été trouvé à vingt pieds sous un banc de lave. Les trois psychomètres firent le récit d’une terrible éruption volcanique éclatant au milieu d’une chasse aux éléphants géants (mastodontes) faite par des hommes à longs cheveux (1). Je ne transcris pas ici ces trois descriptions à cause du peu d’intérêt qu'elles peuvent présenter ; mais j’appellerai l’attention des géologueset des paléontologues sur les très nombreuses expériences de Denton dans les branches qu’il avait cultivées ; et je citerai enfin, pour un public moins restreint, ce récit de la destruction de Pompéï, événement plus rapproché de nous, quant au temps et quant à la distance, que les éruptions préhistoriques dans la Californie antédiluvienne.
Pour le jeune Sherman, ce dernier spectacle devait être plus intéressant que celui d’une rue de la Pompéï romaine. Ses connaissances archéologiques étaient naturellement très bornées. Bien que, comme tous les garçons, il préférât de beaucoup la société des sauvages à celles des hommes civilisés, son père lui mit un jour (17 octobre 1872) entre les mains un débris de ciment provenant de la maison de Salluste à Pompéï. Malgré ou plutôt à cause même de la naturelle naïveté des descriptions de l’enfant, la vraisemblance de sa vision est en beaucoup d’endroits surprenante. Le décousLidu récit etle manque d’enchaînement des idées causé par le déplacement continu d’un endroit et d’un objet à un autre ne caractérise cependant pas la simplicité de l’enfant, mais répond plutôt au caractère qui
(l)Pour un sceptique obstiné, ce procédé de contrôle ne serait pas suffisant. Il demanderait, pour se convaincre, qu’on changeât non seulement les sujets, mais eucore la personne dirigeant l’expérience. Il est à regretter que cela n’ait pas été fait pour le cas présent.
300 LA MAGIE ET L’iIYPNOSE
distingue ces impressions chez la plupart des psychomètres.
Le jeune Sherman donne des descriptions détaillées et reconnues plus tard exactes de la ville de Pompéï, de ses bâtiments, du fleuve, des vaisseaux, des habitants, de leur costume, les magasins, les fêtes, les repas, la promenade, le théâtre, les processions, un incendie, toute la vie citadine se déroule devant les yeux du jeune voyant ; — les lecteurs curieux trouveront dans l’ouvrage de Denton (1), les détails les plus complets, obtenus à des intervalles assez éloignés, et de façon à éviter, autant que possible, la transmission de pensées.
Je ne m’étendrai pas plus sur les exemples des recherches de Denton. Nos lecteurs ne laissent pas d’avoir quelque expérience en cette matière ; et il sera fort difficile de faire croire aux autres que l’on puisse de cette façon réduire un peu le domaine de l’Inconnu. Quand Denton étend ses investigations jusqu’aux planètes, lorsqu’il fait contrôler par trois psychomètres absolument indépendants les uns des autres, l’existence des habitants de Mars, qu’il nous transmet, entre autres choses, la description de leurs aérostats, ce pourront être là des communications curieuses mais nullement probantes. On ne se rangera pas non plus à l’avis de Denton quand il admet comme parfaitement prouvée par la concordance des témoignages de plusieurs psychométriques, l’existence de telle ou telle chose absolument inaccessible aux sens. Les lecteurs européens manqueront do confiance en cette méthode de recherches. C’est pourquoi une traduction du livre précité du docteur Buchanan serait si utile : elle nous apprendrait comment la méthode psychométrique a été découverte en principe et peu à peu élaborée.
(1)2' vol., pages 181, 232,241 et suivantes.
LA MAGIE ET L'ilYPNOSE
Laissons donc de côté ces recherches elles-mêmes, et cherchons plutôt à pénétrer la méthode qui les a inspirées. Demandons-nous comment on peut développer en soi une si merveilleuse faculté, que nous possédons sans doute à l’état latent. Dans les Expériences de Psychométrique citées plus haut, l’éditeur s’exprime de la façon suivante sur cette question : « Les facultés psychométriques se rencontrent chez des riches et chez des pauvres, dans toutes les classes de la société, ainsi que chez ceux que la culture d'une spécialité a fatigués, ou que la vie a blasés. L’exercice développe facilement ce don, par exemple, en portant au front, avant den avoir regardé la suscription ou le contenu, les lettres que l’on reçoit, et en prenant note, dans l’ordre où ils se présentent, des particularités de sexe, d’âge, de visage, de tournure, de caractère de celui que l’on croit être l’expéditeur, quitte à vérifier ultérieurement l’exactitude de ces intuitions. Celui, cependant, qui ne se découvre pas ces dispositions ou qui ne se sent pas la patience de les développer, trouvera facilement dans son entourage des personnes, surtout des femmes, chez qui la culture européenne si vantée n’a pas tout à fait étouffé cette sensitivité ou cette intuition que possède l’homme naturel. »
Une foule de questions se presseront sur les lèvres de celui qui aura lu, avec quelque défiance sans doute, les récits du jeune Denton, Son père voulait justement les confronter avec les réponses plus valables d’un psychomètre très développé, et il a consigné, dans la deuxième partie de son œuvre, les questions, observations et suggestions qu’il fit au plus parfait de ses sujets, à sa femme, et que nous allons examiner avec un peu de détail.
Denton reconnaît ne pouvoir répondre à beaucoup de questions. Quand on lui demande si elle voit par la psychomélrie de même façon que par le mode
LA MAGIE ET L’ilYPNOSE
ordinaire : « A peu prés, dit-elle, souvent les
choses passent devant moi avec la rapidité d’un éclair, comme un panorama mouvant. Il est alors impossible de préciser les contours d’un objet, si important soit-il » Elle découvrit, dans la suite, la possibilité d’immobiliser ces scènes, par la tension de sa volonté. Elle fit aussi l’expérience opposée, dans laquelle l’image sur laquelle s’était fixé son œil interne, demeurait absolument fixe.
Parfois, enfin, le psychomètre abandonnait son rôle de spectateur muet et passif, l’inertie semblait ne plus exister pour lui, avec la vitesse d’une tempête, infatigable et libre de tout lien terrestre. Dans un état de passivité extraordinaire, il pouvait considérer, pendant des heures entières, les images gracieuses ou repoussantes qui venaient se répéter dans son œil intérieur (1).
Denton avait été affectée, nous dit-elle, dès sa première jeunesse, de rapides visions ; elle les expliquait alors d’une façon très simple qu’elle tenait de sa mère d’ailleurs, en les attribuant à la pression des globes oculaires par l’occlusion des paupières ; mais, lorsque ces phénomènes se furent produits les yeux ouverts, dans l’obscurité, elle dut rejeter sa théorie, et elle reconnut l’action d'un sens interne. La ressemblance entre son état et celui d’un individu magnétisé ou d’une somnambule la frappa ; et, lorsque les écrits du professeur Buchanan sur la psycliométrie furent venus à sa connaissance, elle fit en secret la tentative de reconnaître l’expéditeur d’une lettre en la mettant sur son front, dans l’obscurité. Elle prépare un paquet de lettres près de son lit, se couche, éteint la lumière, et en prend une au hasard qu’elle met sur son front ;
(1) Ces derniers mots nous font ressouvenir du corps astral ou éthéré, sur la théorie duquel s’étend, entre autres, Cari du Prel, d’une façon très explicite {Monis. Seelenhere. chap. vii-xii.)
elle voit aussitôt apparaître l’image d'un ami intime, en train d’écrire à une table : — elle croit sa tentative réussie, fait do la lumière, et, ô déception ! la lettre qu’elle tenait entre ses mains était celle d’un ouvrier, bien différent sous tous les rapports de l'ami qu’elle avait aperçu ! Elle s’endort découragée. Mais le lendemain matin que découvre-t-elle ? Que la lettre qui avait servi à l’expérience se trouvait dans le paquet au-dessus d’une autre, envoyée par l’ami auquel elle avait pensé La trace d’une plus puissante personnalité intellectuelle s’était imprimée sur l’enveloppe voisine. Elle renouvela son expérience dans la suite, et la réussit toujours.
Ces visions sont-elles perçues à la lumière du jour ou dans l’obscurité ? Plus l’obscurité est parfaite, moins la vue externe est possible, plus la vue interne, la vision est précise, dit M“® Denton. — Ceci nous rappelle les expériences de Reichenbach. Quelles peines ce chercheur ne prenait-il pas pour extraire tout rayon lumineux de son cabinet noir ? Mme Denton raconte cependant un cas de vision diurne ; ce fut la perception momentanée, sur un quai de chemin de fer, d’un wagon rempli de voyageurs, le wagon passa, en effet, au bout d’un instant devant ses yeux, mais vide ; ses voyageurs avaient profité de l’arrêt du train, et, lorsqu’ils remontèrent en voiture, elle put constater l’identité de leurs visages avec ceux de son halluciaation.
M“® Denton ne reconnaît pas la nécessité d’une magnétisation pour faire atteindre au cerveau ou à ses organes annexes le degré de sensibilité nécessaire. Si l’hypnotiseur connaît la provenance de l’objet expérimenté, il transmettra presque sûrement sa connaissance au sujet et dès lors, il n’y aura plus de psychométrie proprement dite; s’il ne la connaît pas, le sensitif se trouvera toujours dans un état d’esprit analogue au sien, et ses capacités personnelles n’en pourront qu’être affaiblies.
Dans ses réponses aux interrogatoires circonstanciés que lui fait subir son mari, M™® Denton insiste sur la multiplicité des objets qui se pressent devant les yeux du psychomètre, en bien plus grande quantité qu’il ne faudrait, pour en saisir les détails. La lumière qui les éclaire est semblable à la lumière ordinaire, se réfléchissant et se diffusant comme elle ; si cette dernière est très intense, ou que la première tombe directement sur le visage du sujet, les visions en sont légèrement obscurcies. Un même objet expérimenté peut donner lieu à des spectacles éclairés de façons très différentes. Enfin il faut encore noter le report entier du psychomètre au lieu et au temps de ses visions; la soudaine transformation du « là-bas et autrefois » de son langage ordinaire en le « ici et maintenant » de ses descriptions est ressentie par lui, parait-il, comme une secousse électrique.
Une autresériede questions s’alignent quant au rôle de l’ouïe en psychométrie. Denton, qui n’a pas l’oreille extraordinairement fine, dit avoir souvent entendu la conversation de personnes éloignées de quarante ou cinquante lieues de l’endroit où elle se trouvait ; mais elle ne peut davantage établir de différence entre ces deux modes d’audiences qu’entre ceux de la vision. Enfin elle termine ses réponses par des considérations générales sur les avantages moraux que la société peut retirer de la psychométrie, en acquérant ainsi une plus juste notion de la manière dont se reflète et se perpétue chaque action, chaque parole, chaque pensée même. Pour conclure, nous donnerons la parole à Denton luimême, qui va nous résumer le résultat de ses longs et patients travaux (1).
« Il semble que, de même qu’il y a un univers matériel, il y a un univers spirituel, c’est-à-dire un
(^i) Denton, Op. cit., vol. III, p. 347.
univers qui contienne tout ce qui est comme tout ce qui a été. Ici sont les montagnes qui furent enfouies avant que les Alpes et les Andes n’aient émergé ; tous les fleuves qui en descendaient se retrouveront là, depuis le clair ruisseau qui sort des hauteurs boisées jusqu’au courant majestueux qui verse ses flots dans un lac ou dans un océan. Là sont les polypes, qui élevèrent du fond des eaux leurs pétrifications arborescentes, et les lis de mer, dont les tiges se courbaient autrefois, comme ondulent aujourd’hui les épis de nos plateaux. Toutes les fleurs qui s’épanouirent jamais, tous les oiseaux qui jamais chantèrent, ces feuilles bruissantes etees insectes exigus qui rampent sur elles tout est là. Rien n’est assez peu important pour n’être pas conservé.
« Là sont aussi les aïeux cuivrés, qui, aux époques disparues, parcouraient la surface de ce continent, ehassant le buffle des prairies, perçant les poissons de leurs lances, et les cerfs de leurs flèches de silex. Les Aztèques avec leur religion sanguinaire, les doux Toltèques, qui les précédèrent et étendirent leurs migrations de Mejico au Lac Supérieur, et qui creusaient des mines de cuivre mille ans avant qu’aucun Espagnol ait mis le pied sur ce pays ; chaque œuvre qu’ils édifièrent, chaque mouvement qu’ils entreprirent, chaque parole qui tomba de leurs lèvres est là. Là est l'Egypte avec ses millions de travailleurs, qui, dans le crépuscule gris des temps, ouvrent les galeries de ses labyrinthes, élèvent les pyramides aériennes ; là, toutes les hordes qui des champs de l’Asie centrale roulent vers l’Europe sylvestre, et la saccagent, selon le droit du plus fort.
« Et tout ce qui existe est directement perceptible pour nous. Nous voyons les montagnes et observons le cours des fleuves , nous plongeons dans les abimes des océans siluriens et en considérons les habitants ; nous chassons avec les Indiens, voguons dans leurs canots et nous reposons dans leurs wigwams; nous entendons
les coups de pioche au fond des mines du Lac Supérieur, et nous apercevons un passé qui nous semblait intangible pour toujours.
« Ainsi la psychométrie satisfait presque entièrement notre soif de science, et d’une façon plus agréable et plus facile que ne le sont les méthodes actuelles. Une relique de Shakespeare nous donnerait, en l’espace d’une demi-heure, plus de documents sur lui que n’en ont pu découvrir ses biographes en deux siècles. Un caillou des rues de Jérusalem est une bibliothèque qui contient toute l’histoire du peuple juif. J’ai vu comment un peu de râclure d'un couteau de cuivre dévoilait à un enfant toute l’histoire du lac Supérieur (je ne doute pas de sa véracité, vu la concordance des récits de psychomètres absolument indépendants). Les faits les plus cachés des temps préhistoriques arrivent à la lumière : nous n’avons, pour les découvrir, qu’à employer notre vue spirituelle.
« L’histoire de beaucoup de nations dont nous n’avons jamais entendu parler est à écrire ; et celle de toutes les autres est à récrire au lieu des fables qui ont cours depuis si longtemps. Avec un fragment d’Egypte, gros comme un pois, nous pouvons apprendre plus de choses sur les Pharaons, que tous les hiéroglyphes ne nous en diront, ou que si Champollion et Lepsius nous avaient légué leur science. Un morceau de brique babylonienne peut ressusciter les anciens habitants des bords de l’Euphrate et faire passer devant nos yeux l’Assyrie d’il y a quatre mille ans.
« La psychométrie peut reculer les bornes de toute science. Les hommes de science vont tout à l’heure la considérer avec quelque dédaigneuse prévention, sinon avec une hostilité déclarée. »
« Cependant son emploi par un homme exempt de préjugés contenterait les plus sceptiques. Denton s’en
est servi, dès 1860, en Pensylvanie, pour l’élude de la géologue, et avec un succès toujours croissant : elle rendrait de plus grands services encore, appliquée à l’astronomie,
a Mais il ne faut pas se figurer que ces résultats puissent être atteints sans recherches longuement prolongées et soigneusement conduites. Un moyen de contrôle intéressant quand on suit les progrès d’un psychomètre, de confronter ses dires avec ceux d’un assistant qui connaisse la provenance de l’échantillon expérimenté. J’ai remarqué que bien des détails importants passent encore inaperçus du psychomètre au bout de cinq ou six essais. La plus grande prudence dans les assertions et dès lors recommandée, si les dires du sujet ne peuvent pas être vérifiés, ou qu’ils ne le peuvent être que par confrontation avec ceux d’autres sujets. Pour certaines recherches, il vaut mieux que le psychomètre ne connaisse pas la provenance de l’échantillon; mais la plupart du temps, plus sa culture est développée, meilleurs et plus authentiques sont les résultats. Si Sherman avait eu en anatomie comparée les connaissances d’Owen, ou celle de l’Américain Gray en botanique, ses descriptions eussent été bien précises et auraient convaincu, par leur concordance avec des faits connus, même les sceptiques endurcis »
« La psychométrie nous met à même de rendre justice à une classe d’hommes qui ne l’avaient pas obtenue jusqu’alors. Je veux dire les sensitifs, ce petit peuple parmi l’humanité, qui voient ce que les autres ne peuvent pas apercevoir; qui fuient des personnes ou des lieux sans pouvoir donner la raison de cette répulsion. Il en est parmi eux qui ne peuvent rester dans un coupé de chemin de fer s’ils ne sont assis près de la fenêtre, et qui défaillent dans les églises ou dans les assemblées. D’autres ne peuvent pas dormir s’ils n’ont la tête
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dirigée vers le nord ; le contact du cuivre et du laiton leur est désagréable. Cette classe d’hommes est destinée, avec quelques soins, à fournir de très bons psychomètres ; les asiles d’aliénés renferment les meilleurs d’entre eux qui, avec un traitement convenable, auraient pris rang parmi les plus nobles pionniers de la science.
« Lafemme, naturellementplus sensitive que l’homme et qui est sans doute redevable, sans qu’elle s’en doute, de maintes notions à ses facultés spirituelles, peut attendre beaucoup de la psychométrie. Au lieu de passer son temps à tracer des caricatures de la nature humaine ou à en lire — les dix-neuf vingtièmes des romans ne sont pas autre chose, — elle peut apprendre la véritable histoire du genre humain, elle peut faire défiler à son gré devant ses yeux les événements du passé, revivre la vie des peuples disparus. Quelle fiction peut valoir ces réalités ?
tt II est impossible que les facultés psychométriques ne puissent être utilisées que par une petite partie d’entre nous. La mort ne doit pas éteindre cette lumière divine qui éclaire sans doute un avenir comparable seulement au passé qu’elle nous a découvert.
« Voici un palais magnifique dont l’édification, l’agrandissement et l’ornementation ont dû occuper les architectes un temps infini. Voici des salles dignes d’être peuplées par les anges, et des aménagements multiples, disposés pour la plus grande commodité de ceux que leur bonne chance conduit dans cette demeure. Ce bâtiment devra-t-il être rasé alors qu’à peine un être sur mille en aura joui ? Non ; ces propriétés de notre esprit sont pour nous une preuve de l’existeaco d’un monde spirituel, à qui elles se rattachent, et dans lequel la vie se continuera, avec de plus heureux rapports. Ce que le psychomètre perçoit ici-bas pour peu de temps et avec quelque difficulté, nous pourrons un jour le contempler
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avec recueillement et en retirer notre progrès et notre bonheur »,
C’est ainsi que Denton s’enthousiasme pour les conséquences futures de ses expériences. Ce qu’il y a de certain, c’est que la psyohométrie est le premier essai d’une puissance endormie jusqu’alors en nous-mêmes ; et dont l’action ouvre [devant le regard du chercheur électrique un horizon immense : une nouvelle piste pour les chasseurs de la science, de nouvelles mines pour les chercheurs de vérité.
Tel est l’état actuel de nos connaissances, par rapport à la psychométrie. Depuis la publication de notre première étude (mars 1892), des expériences furent tentées dans ce sens au groupe indépendant d’Etudes ésotériques, par deux membres du groupe fermé de Magie pratique (1).