APPARITION LUMINEUSE
Le village de P... avait une mauvaise réputation dans la contrée : P... était hanté !
Les habitants, ainsi que ceux des environs, affirmaient que, fréquemment, une ou deux fois par semaine, même plus souvent, on voyait à partir de la tombée de la nuit une « lanterne » éclairée se promener a travers les champs et le village, et des personnes soutenaient même que souvent cette « lanterne » accompagnait des
(1) Le Serpent de la Genèse, p. 102 à 104.
(2) Initiation de février 1893.
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gens, qui le soir s’étaient attardés dans les champs ou dans les villages voisins, jusqu’à l’arrivée dans P... pour aller se perdre dans les champs, sa tâche accomplie. Les habitants du pays combinaient cette apparition avec un événement sombre, qui se serait passé quelques années avant dans l’auberge située en face de la ferme.
Le patron de l’auberge avait disparu, sans laisser trace depuis une dizaine d’années, et la rumeur publique accusait sa femme, qui à l’époque dont je parle tenait toujours la maison, d’avoir assassiné son mari et fait disparaître le corps en le réduisant en cendres dans un four, qui ordinairement lui servait pour faire son pain.
Effectivement, cette femme avait subi une détention préventive de plusieurs mois sous l’accusation d’assassinat de son mari, mais elle avait bénéficié d’une ordonnance de non-lieu, faute de preuves.
D’après les gens du village, l’apparition lumineuse était l’esprit du mort qui venait inquiéter la coupable, sans faire du mal à d’autres. Aussi, jamais on ne voyait la veuve sortir après le coucher du soleil et toutes les issues et fenêtres de l’auberge étaient hermétiquement closes à partir du crépuscule...
En 1876, je faisais mon service militaire. Au mois d’août, j’obtenais un congé de quinze jours, et je rentrais chez nous à P...
Le lendemain de mon arrivée, M. N., le jeune homme instituteur de mes frères et sœurs, se rendait dans la soirée, à pied, à H..., village voisin de six kilomètres de distance.
Il était neuf heures et demie du soir, lorsque M. N, rentrait. A son arrivée, nous remarquâmes qu’il était dans un état extraordinaire d’émotion. A nos questions sur ce qui lui était arrivé, il ne pouvait d’abord pas répondre ; après quelques minutes, il s’était un peu
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calmé et nous disait alors, qu’à peu prés à mi-chcmin, en suivant tranquillement sa route, il avait aperçu subitement à côté de lui, à la hauteur et à la portée de sa main gauche, une lumière pâle, nébuleuse : la « lanterne » !
Le phénomène, tout en avançant à côté de lui, faisait un mouvement de va-et-vient, comme une lanterne portée par une personne marchant.
M. N. avait été saisi d’effroi ; il me disait avoir voulu courir ; mais, sans le pouvoir, il avait eu au contraire toute la peine pour se traîner jusqu’à la maison et l'apparition l’aurait accompagné silencieusement jusqu’à la porte de la ferme, pour y disparaître ...
Nous étions au 10 ou l'2 août, trois ou quatre jours après l’événement précité. La journée avait été très belle, très chaude ; au coucher du soleil, aucune trace de nuages, et le soir était rempli d’une clarté douce, comme on la rencontre plus généralement dans le Midi. Il était sept heures et demie, je me trouvais à la maison au premier dans la pièce attenant à la salle à manger ; on devait se mettre à table.
Soudain, j’entends du bruit, les voix des enfants qui m’appellent. J’entre dans la salle à manger où les enfants me reçoivent avec le cri : « La lanterne ! la lanterne ! » tout en étendant leurs bras par la fenêtre ouverte donnant dans les champs.
J’apercevais alors au milieu des champs, à 400 ou 500 mètres de distance, quelque chose de lumineux, comme une boulette, oscillant en avant et en arrière tout en se rapprochant de la maison. Je répète qu’il faisait encore presque clair : le phénomène ne paraissait pas propager de la lumière en dehors de lui.
Au bruit fait par les enfants, ma mère, les deux bonnes ainsi que M. N. étaient également montés et tout le monde regardait la « lanterne » : celle-ci avançait avec la vitesse d’un homme marchant d’un pas lent.
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et le mouvement oscillant était bien ressemblant au vaet-vient cbune lanterne portée à la main.
Le phénomène arrivait ainsi jusqu’à "iO mètres à peu près devant la fenêtre où nous nous trouvions. L’apparition se rapprochant ainsi, je distinguais bien sa forme qui était ovoïdale, mesurant au grand axe environ 25 centimètres et 18 à 20 centimètres au petit axe. Au centre paraissait y avoir un foyer de lumière dont l’intensité s’affaiblissait vers les parois ; mais les contours étaient nettement détachés de l’air ambiant: le tout n’était pas transparent
Comme je viens de dire, le phénomène était arrivé en ligne droite juqu’à 20 mètres devant la maison. Continuant sa marche alors vers la droite, il contourna le bâtiment et je me portai, suivi de toutes les personnes présentes, à l’autre fenêtre qui donnait sur la route, voire sur le petit jardin et sur l’auberge déjà citée. Nous vîmes alors à nouveau la « lanterne ». Elle avait achevé le tour de la maison et venait se présenter devant la grille de notre petit jardin en face de l’auberge, séparée de celle-ci par la route, soit de 4 mètres environ.
Le phénomène s’était arrêté en ce moment, appuyé pour ainsi dire à notre grille. Cela durait trois ou quatre secondes ; puis la balle lumineuse s’élevait subitement, comme mue par un ressort, à la hauteur de cette grille (1“60) et venait se percher sur la pointe d’une des lattes en bois.
L’effet produit par cette forme lumineuse inexplicable, perchée sur la grille du jardin, à quatre mètres de nous, était très impressionnant.
11 régnait un silence absolu, aussi bien à notre fenêtre, où personne ne bougeait, qu’en dehors ; personne sur la route. La porte, les volets des fenêtres et autres issues de l’auberge d’en face étaient, comme d'habitude à pareille heure, fermés.
L’apparition se trouvant depuis deux à trois minutes
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sur la grille immobile, j’ai rompu le silence en demandant à haute voix à M. N. d’aller cherchant mon fusil de chasse et de le charger. M. N. refusa en me priant avec instance de ne pas parler ainsi. Moi-même, je ne pouvais me décider à quitter un instant la fenêtre pour ne pas perdre de vue le phénomène.
La courte conversation entre moi et N. n’avait rien changé à l’état des choses et la « lanterne » continuait encore de rester à sa place pendant deux minutes peutêtre, lorsqu’elle glissa comme surunplan inclinéduhaut de la grille, et, arrivée à un mètre à peu près du sol, elle reprit son mouvement oscillant en se portant en face à la porte de l’auberge où elle disparut comme une lumière qui s’éteint subitement.
Gustave Bojanoo.
§ 2. — Action des élémentals sur le sujet et sur les médiums. l’idée vivante. — LA LARVE.
L’union d’un élémental à une idée constitue un être particulier que nous appellerons être idéal, idée vivante quand ilagira d’une façon neutre ou bénigne', et que nous nommerons larve quand il agira d’une façon maligne sur le sujet. Ces mots sont uniquement employés pour la clarté de l’exposition et en soi l’idée vivante ou la * larve sont une seule et même chose comme constitution ne différant que par leurs effets. Abordons maintenant quelques détails qui feront mieux comprendre notre définition.