DES LARVES
Le but de l’étude suivante est de résumer aussi bien que possible la théorie traditionnelle de la constitution des larves afin de porter l’attention du lecteur sur certains faits d’occultisme pratique que nous nous sommes efforcé d’éclairer parquelcjues expériences personnelles.
Un travail complet sur cette importante question mérite d’être entrepris, surtout aujourd’hui où les théories les plus fantaisistes et les affirmations les plus saugrenues sont débitées dans les journaux quotidiens.
C’est en effet par les enseignements de l’ésotérisme concernant les larves qu’un occultiste vraiment instruit peut expliquer certains faits d’obsession ou de persécution qualifiés <t envoûtement » par les profanes, ainsi que certains cas d'aliénation mentale dont l’étiologie reste obscure pour les médecins.
(1) Initiation, juillet 1895.
LA MAGIE ET L’ilYPNOSE
Avant tout il faut bien se rappeler que le mot larve est pris par les occultistes-modernes dans une acception spéciale et ne désigne pas seulement les « esprits obsesseurs » conçus parles anciens sous ce nom.
La larve est un parasite psychique dont la constitution et la génération ont été parfaitement définies par Paracelse et, depuis, par Eliphas Lévi et Stanislas de Guaita.
Notre résumé portera donc :
P Sur la constitution de la larve et de sou origine ;
2“ Sur le moyen qui permet à la larve d’exister ;
3“ Sur la destruction de la larve.
§ 3. — Constitution-définition.
La figure placée dans cette étude (p. 338) montre la fixation d’une vision astrale dans un miroir magique au charbon. Un magiste y verra immédiatement la représentation du monde des élémentals et des larves.
La diversité et l’incohérence des figures évoquées indiquent bien l’origine de ces formes. Ce sont des images cérébrales, des idées, amenée s à 1 existence pour un temps plus ou moins long.
La larve est un être du plan astral constitué par une idée humaine comme principe supérieur (image de l’esprit dans l’homme), parla force vitale du créateur de la larve comme principe d’animation, et par un agglomérat de lumière astrale comme corps.
La forme de la larve dépend uniquement de l’imagination de l’homme qui a créé cette idée-vivante ; de là, la singularité et la multiplicité de ces formes astrales.
De plus la larve, origine du remords, vit de la vie même de son créateur et épuise progressivementle malheureux. Aussi la définition de Stanislas de Guaita estelle excellente :
LA MAGIE ET L’ilATNOSE
Larves. — « Substances fantastisques inconsistantes,
« mais réelles, dépourvues d’essence propre et vivant <( d’une vie d’emprunt. Elle s’attache à ceux qui leur ont « donné naissance et qui s’épuisent, à la longue, à les « nourrir. »
[Serpent de la Genèse, p. 364.)
Tout cela est encore obscur pour certains do nos lecteurs, peu familiarisés encore avec les questions touchant à la pratique.
Mais, comme nous avons l’intention d’aborder maintenant ces questions dans Vlnitiation^ nous allons faire le plus de citations possible afin d’éclairer ce résumé et, aussi, afin de bien montrer le caractère traditionnel de ces recherches.
A l’état normal nous générons une foule d’idées ; mais l’intensité de ces idées est rarement assez forte pour leur permettre de réagir sur notre organisme, en devenant des êtres psychiques.
Saint-Yves d’Alveydre dit très bien dans un de ses ouvrages peu connus : les Clefs de l Orient (1875) :
« Dans l’ordre invisible comme dans le visible, rien nj se perd et la substance première d’un astre quelconque garde, imprimés en elle, dans sa lumière secrète, jusqu’au mouvement d’une volonté, jusqu’à la radiation d’une passion, jusqu’à l’image d’une pensée. »
Mais pour permettre l’existence personnelle pendant un certain laps de temps à cette pensée, il faut une tension cérébrale toute spéciale.
C’est ce que nous montre le très bel extrait suivant d ; la lettre d’un initié indou publiée par M. Sinnett :