‹ La magie et l'hypnoseChapitre 60 sur 70 · ORIGINE DES LARVES · texte numérisé non relu

ORIGINE DES LARVES

« Dans son évolution invisible, toute pensée humaine passe dans l’endroit dont l’ordre physique est l’envers

et devient une entité active, en s’associant, en s’unissant avec un élément particulier, c’est-à-clire avec une des forces semi-intellectuelles des royaumes de la vie.

« Cette pensée survit comme une intelligence active, comme une créature engendrée de l’esprit pendant une période plus ou moins longue et proportionnelle à l’intensité de l’action cérébrale qui l’a générée.

« Ainsi, une bonne pensée se perpétue comme une puissance active et bienfaisante et une mauvaise comme un pouvoir démoniaque et maléfique;

« De sorte que l’homme peuple continuellement sa course dans l’espace d’un monde à son image, rempli des émanations de ses fantaisies, de ses désirs, de ses impulsions et de ses passions.

« Mais à son tour le milieu invisible de l’homme réagit, par son seul contact, sur toute organisation sensitive ou n.Tveuse, proportionnellement à son intensité dynamique. »

C’est seulement à la mauvaise pensée, agissant d’une façon dissolvante sur l’organisme et se perpétuant comme un pouvoir démoniaque et maléfique, que nous donnons le nom particulier de larve.

Les citations précédentes nous montrent que c'est l’idée qui détermine la forme elle mode d’action de cette larve ; mais d’où emprunte-t-elle le pouvoir de continuer son existence ?

La larve agit comme un cancer, siégeant, non pas en physique, mais en astral, et c’est à la force vitale même de son créateur qu’elle emprunte le moyen de poursuivre son existence.

C’est grâce à la faiblesse de la volonté de l’obsédé que l’obsession se coniinue, et jamais un magiste ayant convenablement dompté les impulsions de l’être psychique ne pourra subir l’influence de ces créations de la lâcheté ou de la peur.

Le moyen qui permet à la larve d’exister n’est donc

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point un principe métaphysique. C'est une force matérielle, facilement perceptible et localisée dans le globule sanguin qui va donner la force et la puissance à cette création éphémère.

U C’est à la vapeur du sang, dit Paracelse, que l’imagination emprunte tous les fantômes qu’elle enfante. »

Relatons à ce propos un souvenir personnel. Il y a quelques années, nous fûme.s mis à même d’assister à un phénomène d’écriture directe en pleine lumière en compagnie du D‘‘ Gibier. La scène se passait chez le magnétiseur Robert qui avait endormi deux sujets, un jeune homme et une jeune femme. Une feuille de papier écolier en marge de laquelle les vingt personnes présentes avaient apposé leurs signatures fut placée dans une enveloppe, en pleine lumière, et le sujet homme, toujours endormi, prit cette enveloppe entre le pouce et l’index de chacune de ses deux mains et la maintint verticalement sous la lampe allumée. A ce moment nous entendîmes distinctement un grattement spécial dans l’intérieur de l’enveloppe ; ce grattement dura trois minutes environ. Pendant ce temps, le sujet affirmait que s m sang s’échappait de ses mains et entrait dans l’enveloppe ; mais personne ne voyait rien d’objectif. Quand le grattement cessa, le sujet s’évanouit et eut une syncope de deux minutes. Pendant que je lui prodiguais les soins nécessaires, le D'" Gibier s’était emparé de l’enveloppe. On retira la feuille de papier écolier qui contenait une vingtaine de mauvais vers, signés « Corneille » et qui semblaient tracés avec une allumette carbonisée. L’enquête démontra que le jeune sujet, aspirant à la carrière dramatique, avait la tête bourrée de vers des grands classiques. De là, l'étiologie du nom de « Corneille ».

Ayant eu à quelque temps de là l’occasion d’analyser ce genre d’écritures directes, je constatai, sous le microscope, la présence de globules sanguins humains

c3.rhonisés. C’était bien le sang qui était la matière de ces manifestations. De là l’affaiblissement énorme du sujet. Il en est de même dans l'action de ces larves, témoin l’extrait suivant d’Eliphas Levi [Lim'e des Esprits^

§ 4. — Vie de la larve.

« Les hiérophantes de Baal et de Nisroch, dans une exaltation furieuse, se faisaient des incisions par tout le corps et demandaient soit des apparitions, soit des miracles, aux vapeurs de leur propre sang ; alors tout commençait à tournoyer devant leurs yeux égarés et malades : la lune prenait la teinte de sang répandu, et ils croyaient la voir tomber du ciel ; puis commençaient à sortir de terre, à voltiger, à ramper, à se traîner des choses hideuses et informes ; on voyait se former des larves et des lémures ; des têtes pâles et sordides comme les vieux suaires, et toutes barbues des moisissures de la tombe, venaient se pencher sur la fosse et tiraient leur langue sèche pour boire le sang répandu. Le magicien, tout affaibli et tout blessé s'escrimait contre elles avec le glaive jusqu’à l’apparition de la forme attendue et de l’oracle. »

Ces larves prennent naissance sous l’influence d’une idée d’intensité particulière et se perpétuent grâce à la force vitale de leur créateur.

Mais une idée intense peut se produire par réaction personnelle de la conscience (c’est-à-dire du plan supérieur) sur l’individu ; de là le remords et l’obsession ; mais elle peut aussi être produite par l’action d’une autre personne : de là la suggestion qui n’est en définitive qu’un procédé spécial de création de larves plus ou moins tenaces.

C’est là le danger de l’emploi de la suggestion par

des individus immoraux ou inexpérimentés. La puissance de la larve ainsi créée dépend uniquement de la résistance que la Volonté peut opposer à cette larve.

Lorsqu’on se trouve en présence d’un individu à caractère faible et qui se prétend « envoûté » ou « persécuté, il faut bien se rendre compte de l'origine de cette persécution et quatre-vingt dix-neuf fois sur cent on se trouvera en présence d’une auto-suggestion servie par une conscience troublée. Stanislas de Guaita nous fournit à ce sujet la remarquable description suivante de Berbiguier :

« Berbiguier est certainement la victime d’une nuée de larves ; mais il attribue ces vexations à des sorciers métamorphosés en monstres de toute sorte et de toute grandeur.

« L’examen de ses gravures et des plus curieux à ce point de vue ; ceux dont les yeux ne sont pas faits pour l’astral peuvent du moins étudier en ce miroir la nature protéenne des larves, aptes à revêtir, avec une inconcevable souplesse, les formes les j)lus paradoxales et les plus variées ; il suffît que le pauvre possédé, que leur présence horripile, ait l’appréhension ou l’obsession de quelque hideuse figure, et les larves de se modeler aussitôt en conséquence ; c’est une hallucination qui prend corps, c’est une pensée qui s’objectivo et s’informe dans la substance plastique ambiante (1). »

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