DU CERCLE MAGIQUE
Le cercle magique est destiné à isoler l’expérimentateur du monde des forces invisibles avec lesquelles celui-ci doit entrer en rapport. Pour se garder des attaques du dehors, les hommes entourèrent les villes de remparts solides ; pour éviter les grossières réactions du
monde physique, l’âtne immortelle s’entoure d’un corps de chair et d’os. De même le magiste se reconnaît à travers tous les âges par cette précaution capitale de la constitution du cercle qui lui permet de se soustraire à volonté à l’action des forces ou des êtres qui se manifestent pendant l’opération.
Aussi retrouverons-nous l’emploi du cercle à travers tous les âges. En Egypte, nous voyons figurer le cercle formé d’êtres humains dans les danses sacrées, ainsi qu’en Grèce. La tradition nous enseigne que les grands initiés d’Egypte, renfermés dans le sanctuaire, faisaient le cercle autour de celui d’entre eux qui personnifiant Osiris, s’élançait dans l’astral pour interroger Isis. Voulons-nous remonter encore plus haut, nous retrouverons dans la race rouge le cercle formé par les chefs autour du feu et le lien magnétique établi entre les membres du cercle parle calumet sacré.
De même les « palabres » de la race noire reflètent une même origine.
Plus près de nous, nous voyons utiliser le cercle par les Templiers, de même que la légende la Table ronde en avait révélé l’emploi bien avant.
La franc-maçonnerie, héritière des traditions diverses de certaines fraternités anciennes, emploie :
1“ Le cercle vivant pour les transmissions du mot de semestre.
2° Le cercle magique véritable dans les rites spiritualistes (32® écossais) où l’on en révèle plusieurs mystères.
Enfin le catholicisme fait du cercle, symboliquement matérialisé par l’hostie, le plus grave de ses mystères.
Et si l’on étudie les détails de certaines pratiques utilisées à Lourdes pour concentrer le magnétisme énorme qui dynamise ce lieu de pèlerinage, on constatera avec intérêt que le cercle magique formé d’êtres humains y est très souvent employé à l’insu même des opérateurs.
On voit en effet souvent les pèlerins les moins souf-
LA .MAGIE ET L’IIYPXOsE
frants d’une même contrée agenouillés en cercle autour des plus malades devant qui se tient debout le prêtre qui dirige cette section de pèlerins. Tous chantent un même cantique scandé par les invocations à la Vierge et, par ce fait, unissent tous les dynamismes en un seul faisceau. C’est alors que le prêtre concentrant toute cette force magnétique, fait un suprême appel très souvent suivi de la guérison de malades incurables.
On trouve cette pratique du cercle, mais combien dégénérée, jusque dans les milieu.v spirites où les assistants font le cercle autour de la table qu’ils char» gentde dynamisme humain ou font le cercle autour du médium (dans les séances de matérialisation) en unissant leur astral par un même refrain, souvent un cantique, que tous entonnent à la fois.
Enfin nous pourrions pousser plus loin encore nos investigations et nous retrouverions bien souvent cette pratique de la défense par le cercle employé soit consciemment, soit, le plus souvent, tout à fait instinctivement.
Le Magicien fait soit (le plus souvent) des cercles entiers et concentriques, soit quelquefois des quarts de cercles (1).
Le cercle peut être tracé, soit sur la terre avec la pointe de l’épée, soit sur les dalles avec de la poudre de charbon (le meilleur procédé), soit simplement avec de la craie. On peut aussi tracer d’avance, sur sept toiles, les sept cercles de la semaine et utiliser chaque jour l’un d’eux. Enfin on peut remplacer le cercle graphique par le cercle humain et c’est là le procédé utilisé dans toutes les cérémonies.
Les quelques expériences suivantes indiquent du reste ces différents cas.
Dans nos expériences nous avons fait usage d’un cer-
(1) Voy. Mar Unes de Pasqually.
LA MAGIE ET L’ilYlNOSE
de simple (c’est-à-dire à un seul trait) tracé sur le sol soit au moyen du charbon, soit au moyen de la craie. Partant de l’étude du cercle simple nous avons par la suite, compliqué la figure par l’adjonction de lettres hébraïques, de symboles ou de noms mystiques. Le cercle était assez grand pour renfermer au besoin trois personnes debout.
Le cercle étant décrit sur le sol, le sujet est placé à V extérieur du cercle et invité à gagner le centre de ce cercle.
Le sujet placé à l’état somnambulique (comme dans presque toutes nos expériences) fait le tour du cercle et déclare ne pouvoir y entrer. Une barrière lumineuse constitue en effet ce cercle, d'après le sujet, et cette barrière empêche absolument de passer au centre du cercle. Deux suggestions impératives échouent malgré les efforts du sujet pour obéir à la suggestion. Ce n’est qu’en persuadant longuement au sujet qu’il peut passer sans se brûler en saulant par dessus les flammes qui entourent le cercle, que cet ordre s’exécute avec peine et que le sujet gagne d’un bond l’intérieur du cercle.
Dans une seconde série d’expériences le sujet gagnait très facilement le centre du cercle quand nous avions eu soin de ménager une ouverture en laissant une interruption de 50 centimètres environ dans le tracé du cercle.
Ces premières expériences confirment en tous points les recherches du baron du Potet sur l’action dos lignes tracées avec une certaine tension de la volonté.
Le sujet étant placé dans le cercle fermé, on ordonne au sujet de sortir.
Dès son entrée dans le cercle, le sujet est tranquille et n’a plus aucune appréhension. 11 décrit des têtes qui lôdent autour du cercle en dehors ; mais qui ne peuvent entrer.
Le sujet ne voit rien dans l’intérieur du cercle.
C’est alors qu’on ordonne de sortir.
Le sujet déclare qu’il lui est impossible d’exécuter cet ordre. Il fait des efforts pour obéir, mais vainement.
Alors on ouvre le cercle. Immédiatement toutes les têtes se précipitent au point qui a été ouvert, mais elles
Tabl£ji7 des Instrument.
C Epée.
le ûnlet.
Dûrars pour It: operations ds Venus.
s’arrêtent à l’entrée. Le sujet dit dans son langage pittoresque que le 9 têtes sont à genoux. Cela veut sans doute dire qu’elles se sont abaissées vers le sol.
Le sujet ne peut sortir du cercle qu’en éloignant les têtes avec l épée. Nous reviendrons sur celte expérience.
LA MAGIE ET L’ilYI'XOSE
Le cercle viimnt étunt formé, le sujel ôtant placé au centre de ce cercle on évoque une larve qui cherche ci s'incarner.
A. — Si les assistants se tiennent debout et maintiennent le cercle fermé, la larve tourne autour du cercle sans pouvoir entrer.
B. Si l’on rompt le cercle, la larve se précipite immédiatement sur le sujet et cherche à l’étrangler.
C. — Si, sans briser le cercle, les assistants se baissent, la larve peut pénétrer dans le cercle quand les mains des assistants ne sont plus qu’à 0 m 40 du sol.
La larve s’efforce alors d’étrangler le sujet, qu’on débarrasse du parasite en appuyant la pointe de l’épée sur le front du sujet (1).
Le sujet voit le cercle très brillant, mais non flamboyant. Le cercle est entouré d’êtres divers changeant à mesure qu’on fait les signes magiques, mais ces êtres ne peuvent pénétrer dans le cercle.
{Expérience de contrôle par Sédir) (2).
De l'emploi de l' électricLé . — Le cercle électrique.
Enfin le» résultats sont encore plus nets si l’on fait le cercle au moyen d’un fil métallique nu dans lequel circule un courant électrique (4 éléments Leclanché).
Los résultats varient encore quand on fait passer le courant d’une bobine Rhumkoff. Mais ce sont là des expériences complémentaires faciles à vérifier et à perfectionner.
(1) Expériences faites sous la direction de M. Leraerle (1893). t2) J'ai prié mon ami Sédir de faire de son côté et avec d’au-' très sujets des expériences de contrôle, sans lui avoir parlé des miennes, (.l’est le résultat de ces expériences que je publie à la suite de mon récit.
Le Cercle magique Prcparalifs d'inic évocation au moycn-âge