Y A-T-IL UNE MAIGREUR ESSENTIELLE
Arrivés au terme des chapitres des causes, ayant passé rapidement en revue les maladies si nombreuses qui s'accompagnent d'amaigrissement, nous pouvons nous demander si la maigreur n’est qu'un symptôme morbide, si elle n’est pas quelquefois une manière d'être indépen-
dante de tout trouble fonctionnel, s’il n'existe pas en un |
lé
mot une maigreur essentielle, physiologique. /
Si nous regardons tout d'abord, dès l'enfance nous ne voyons pas de différences très appréciables entre les nouveau-nés quand ils n’ont pas une hérédité pathologique immédiate (alcoolisme, syphilis). Les variations du poids que l’on constate à cet âge dépendent d’ailleurs du système locomoteur et non des réserves adipeuses: un peu plus tard, les maigres que l’on réncontre sont des sujets dont la nutrition est défectueuse (mauvaise alimentation, sevrage précoce, manque de soins, maladies diverses). Ce n'est guère qu'à la fin de la première année (Larry 600 observations) que les différences de poids commencent à s’accuser. Déjà dès la première enfance on voit des
maigres et des gras, mais il est intéressant de constater ce
go NV ONE
prenuer fait qu'il n'y a pas de maigreur essentielle, con- gémitale.
-Dans la clientèle hospitalière, les individus maigres sont presque tous tarés d'une diathèse où mieux d'une maladie quelconque. La plupart sont des phtisiques en évolution, des cancéreux, des dyspeptiques ou des convalescents de maladies aiguës. Reste un très petit nombre de sujets dont la maigreur semble constituer l'état habituel et pour ainsi dire le tempérament ; si on les interroge ils racontent qu'ils ont toujours été maigres et toujours bien portants. Mais à un examen attentif on peut découvrir chez eux des tares morbides qui, bien que compatibles avec une santé générale relativement bonne, n'en impriment pas moins à la nutrition des déviations pathologiques. On peut les diviser en quatre classes : les infantiles, les dyspeptiques, les hépatiques et les nerveux, chaque individu étant d’ailleurs susceptible ‘d’appartenir à l'une de ces classes aussi bien qu'à plusieurs d’entre elles.
Les infantiles sont des sujets dont le développement a été incomplet et la dystrophie générale de leurs différents systèmes a imprimé quelquefois à leur habitus extérieur rune apparences de gracilité et de maigreur qui contraste avec leur santé souvent bonne. Mais ici la maigreur n'est qu'un symptôme qui s'ajoute aux autres : le peu de développement des systèmes osseux ou musculaires, l'absence relative de poils, la petite. amplitude du thorax, etc... il n'ya pas heu d'insister.
D'autres sujets accusent un appétit excellent, des digestions régulières, mais l'examen physique permet de
vonstater un estomac dilaté et des signes fonctionnels de
De ESS peu d'importance pour le malade, quelques flatulences, une constipation rebelle, la somnolence après le repas permettent le diagnostic de dyspepsie qui explique suffisamment le défaut d'embonpoint.
Une coloration plus ou moins jaune du visage, un foie .sensible au palper et débordant légèrement les fausses côtes, la notion d'un ou plusieurs ictères antérieurs, des traces d’urobiline dans l’urine peuvent, chez certains sujets persister pendant de longues années sans amener de troubles fonctionnels appréciables. Mais la cellule hépatique est déviée de son fonctionnement nor-
mal. Ces sujets dits de tempérament bilieux sont presque
toujours des maigres, et leur maigreur peut s'expliquer
soit par une variation de la composition chimique de la
bile ne permettant pas ou plutôt aidant mal l’'émulsion
des graisses, soit par une suractivité fonctionnelle du foie :
occasionnant une aclion exagérée de la lipase sur les réserves adipeuses. Quoi qu'il en soit la maigreur n'est ici encore que symptomatique.
Enfin il est des sujéts maigres à système nerveux très impressionnable, susceptibles d'efforts vigoureux toujours suivis d’une dépression rapide et exagérée. Ce sont quelquefois de gros mangeurs à estomac dilaté, mais ce sont avant tout des névropathes et l'absence relative de graisse dans leur tissu cellulaire dépend de l'influence nerveuse qui imprime à tous leurs systèmes une manière d’être particulière et comme une physionomie spéciale.
Ces deux dernières catégories d'individus font d'ailleurs pare de la grande classe des arthritiques à nutrition
ralentie et il est intéressant de constater que la maigreur