CHAPITRE I HISTORIQUE
À Sparte, l'enfant dès sa naissance, devenant propriété de l’état, était soumis à un examen médical, et tout nouveau-né qui présentait une malformation grave, etait sacrifié en vertu de la loi.
A Rome, le « paterfamilias » avait sur son enfant nouveau-né le droit de vie et de mort (jus vitae nocisque). Mais apparut le christianisme qui, proclamant l'inviolabilité de la vie humaine, mit fin à ces meurtres que la loi autorisait et même ordonnait lorsqu'il s'agissait de nouveau-nés malformés.
Ces préliminaires expliqueront peut-être en partie pourquoi l'étude des malformations ne semble pas avoir retenu l'attention des auteurs de l'antiquité ; cependant, il faut arriver jusqu’à Ambroise PARÉ pour en trouver des descriptions.
Une de celles-ci, bien que très insuffisante, pour pouvoir l’affirmer, paraît avoir trait à une main bote : « J'ai vu, dit-il, un enfant monstrueux âgé de neuf ans qui n'avait que deux doigts à la main droite, le bras était assez bien conformé depuis l'épaule jusqu’au coude, mais depuis l'épaule jusqu'aux doigts était fort difforme ».
Jean-Louis PETIT (2) rapporte à l’Académie des Sciences le cas d’un nouveau-né qui présentait une double main bote radiale par suite de l'absence des deux os de l’avant-bras.
Au début du xix® siècle, MECKEL et ZOERG apportent plus de précision à la question.
Dans l’atlas anatomique de CRUVEILHIER, nous trouvons cité le cas d’une double main bote radiale.
PRESTAT cite un cas remarquable d’avortement où l'œuf fut expulsé en entier, le fœtus présentait de nombreuses difformités, entr'autres une main bote. C’est une des observations les plus curieuses au point de vue de la pathogénie de cette affection, nous en reparlerons quand nous aborderons ce chapitre.
Divers cas furent successivement rapportés par ROGER et HOUEL, par DAVAINE, LEDRU, ERICHSEN ; mais les traités classiques sont assez sobres sur cette malformation. Le traité des maladies chirurgicales de HoLmës en parle à peine et le traité pratique de chirurgie infantile de AVEN ne lui accorde que quelques lignes.
BouviER, le premier dans le dictionnaire encyclopédique des Sciences médicales, fit une étude approfondie du sujet.
PrécHauD dans ses Leçons de chirurgie orthopédique donne des descriptions très précises.
Horra adopte les théories pathogéniques de BOUvIER et reconnaît les mêmes variétés de mains botes.
KIRMISSON, avec SAINTON et LONGUET donne des descriptions très complètes de mains botes dont il a pu faire la dissection.
À partir de cette époque, la question est étudiée dans les traités de chirurgie, nous la trouvons dans le traité d’orthopédie de REDARD, dans celui de KIRMISSON, ainsi que dans celui de LE DENTU et DELBET.
Les thèses de LEPRINGE et de SAVORNIN résument toutes les notions acquises pendant le xix° siècle, celle de GRANDJEAN, écrite en 1904 sous l'inspiration du.Professeur FRŒLICH, nous donne les méthodes de traitement alors employées avec leurs résultats.
BRocA dans son Traité de chirurgie infantile, OMBRÉ- DANNE dans son Précis clinique et opératoire, et POTEL dans son Traité pratique d’orthopédie reprennent l'étude de cette question.
Enfin, tout récemment, HOVELACQUE dans un important travail sur l’hémimélie intercalaire hémisegmentaire et KATSUJI KATO, dans une étude approfondie de l’absence du radius, exposent des notions intéressantes sur l’étiologie, la pathogénie et l’anatomopathologie et dans lesquelles nous avons puisé largement.
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