La main-d'oeuvre à San Thomé et à l'Ile du Prince
Vous m'ave\ fait l'honneur de me désigner comme membre de la sous-commission chargée de répondre au questionnaire sur la main-d'oeuvre coloniale et en particulier vous m'ave\ manifesté le désir de me voir me charger de la partie relative à la province de S. Thomé et de l'Ile du Prince.
Le même désir m'a été exprimé par mes estimés collègues, membres de la sous-commission, dans la réunion que nous avons tenue le <) Novembre dernier.
Je n'avais donc pas d'autre parti à prendre que de faire abstraction de mon incompétence, d'accepter une mission si honorable et de chercher à m'en acquitter du mieux que je pourrais et que je saurais.
J'ai étudié le questionnaire , vaste et intéressant répertoire d'informations à réunir et je me suis appliqué à satisfaire jusqu aux limites du possible à ses exigences variées.
Il m'a paru cependant que la question spéciale de la main-d'oeuvre à S. Thomé, élevée au rang de débat mondial par les campagnes irritantes de certains anglais, peu amis de notre pays ou qui le connaissent mal, demandait plus d'éclaircissements que ceux qui peuvent prendre place dans un document destiné à un but général, et que le moment opportun était venu de dire quelque chose pour la défense de la plus portugaise de nos colonies, de celle qui est le plus en progrès.
De cette manière de voir est née Vidée, immédiatement mise en pratique, d'écrire les notes dont cette lettre est la préface, et qui constituent un travail séparé, auquel, avec l'autorisation nécessaire, sont annexés le questionnaire et la réponse dont j'ai été chargé, travail sans autre mérite que la bonne volonté avec lequel il a été fait et sans autre aspiration que celle de rendre quelque service au pays et de contribuer à éclairer l'opinion publique, tant nationale qu'étrangère, sur une question d'un intérêt capital, à l'intérieur pour notre vie économique et au dehors pour le bon renom de notre chère patrie.
Il y a plus de dix ans qu'en qualité de Directeur Général des Colonies vous avc\ suivi le développement économique de la province de S. Thomé et du Prince; il y a plus de dix ans que nous, agriculteurs de cette province, nous recevons de vous des encouragements pour notre oeuvre, la protection de nos droits, la justice pour notre cause. Il y a plus de dix ans que votre esprit cultivé, votre intelligence éclairée, votre caractère intègre et votre action patriotique se font sentir pour le plus grand bien des destinées de notre province, aujourd'hui opulente, de S. Thomé et du Prince.
Permette^ donc, cher ami, au plus modeste ouvrier de ce monument grandiose de civilisation que le travail portugais a créé en Afrique, de ce monument qui vit pour la gloire de la génération qui l'a érigé, et qui vivra pour perpétuer parmi les générations futures le renom toujours humanitaire, toujours digne, toujours honorable de notre vieux Portugal, permettez-lui, dis-je, de manifester publiquement la haute estime et la grande considération qu'il éprouve pour votre personne et pour les inestimables services qu'elle a rendus au progrès de S. Thomé, en vous offrant ce travail sans prétention.
En acceptant mon offre toute simple, vous acquerrez un droit de plus à la gratitude
De votre tout dévoué, reconnaissant et très affectionné ami
Le Conseiller Francisco Felisberto Dias Costa
Directeur Général des Colonies (1899 à 1910'. sous les auspices de qui ont commencé
les émigrations de travailleurs du Cap Vert et de Mozambique à S. Thomé
Ministre de la Marine et des Colonies de 1897 à iSqS et actuellement Ministre de l'intérieur