‹ La main-d'œuvre à San Thomé et à l'Ile du PrinceChapitre 12 sur 22 · ENTRE · texte numérisé non relu

ENTRE

William A. Cadbury, assisté de Joseph Burtt

D'UKE PART

et les délégués des agriculteurs de S. Thomé et du Prince

D'AUTRE TJL-RT

TRADUCTION

Aux planteurs des Iles de S. Thomé et du Prince

Messieurs:

Lorsque pendant l'année 1903, j'eus l'honneur de visiter quelques-uns des planteurs de cacao les plus influents, à Lisbonne, et que je leur exposai les très graves accusations que nous avions entendues de divers côtés à propos des conditions de travail dans les deux îles de S. Thomé et du Prince, et des moyens employés pour obtenir de la main-d'œuvre sur le continent d'Angola, ces messieurs, qui écoutèrent attentivement mes raisons, m'assurèrent qu'elles étaient fort exagérées et que bientôt allait être mise en vigueur une nouvelle loi de rapatriement qui corrigerait les maux provenant encore du vieux système.

Us eurent encore l'obligeance d'ajouter que si en Angleterre nous avions encore quelque doute à cet égard, ils seraient fort heureux que nous envoyassions notre propre commissaire examiner les choses concernant cette tache et nous en présenter un rapport d'après des informations de première main.

Nous considérâmes que cette proposition était fort raisonnable et nous résolûmes de demander à Mr. Joseph Burtt et au Dr. W. Claude Horton de faire une enquête pour notre compte. Leur rapport a déjà été présenté au gouvernement portugais par le ministre plénipotentiaire d'Angleterre, et nous considérons comme un devoir de le communiquer à Lisbonne avant qu'il apparaisse publié d'une manière quelconque par la presse.

Nous désirons vous manifester notre reconnaissance pour la grande affabilité que vous et vos employés avez témoignée à Mr. Burtt dans toutes les propriétés qu'il a visitées, ainsi que pour celle que différentes personnes ont témoignée à ces deux messieurs à Angola.

Sollicité par les maisons Fry & Sons, de Bristol; Rowntree & Co., de York; Gebr. Stollwerck, de Cologne, et par ma propre maison Cadbury Bros., de Bournville, d'aller à Lisbonne conférer avec vous, je considérerais comme une grande faveur votre acquiescement pour un jour que vous pourriez m'indiquer. ', Je pense arriver à cette ville le 1 8 Novembre et y rester une ou deux semaines, suivant ce qui sera nécessaire.

Mr. Burtt, qui en ce moment se trouve à l'hôtel Bragance, à Lisbonne, est chargé de vous transmettre cette lettre de notre part, et lui-même aura le plus grand plaisir à m'accompagner à l'entrevue projetée.

En vous priant de bien vouloir lui envoyer vos réponses à cette lettre, je vous serai très reconnaissant de me fournir l'occasion de vous exposer mes considérations ainsi que celles des autres maisons anglaises sur cette matière et de leur transmettre votre obligeante réponse.

Très respectueusement je signe

W. A. Cadbury.

Le 14 Novembre 1907, les agriculteurs et les commerçants des îles de S. Thomé et du Prince ci-après mentionnés, se sont réunis pour prendre connaissance de la lettre d'invitation de William A. Cadbury et nommer une commission déléguée pour le recevoir et conférer avec lui au nom d'eux tous.

Cette commission a été composée de:

Marquis de Valle Flor, Alfredo Mendes da Silva, José Paulo Monteiro Cancella, Francisco Mantero, Salvador Levy et Joaquim d'Ornellas e Mattos ( 1 ).

Agriculteurs et commerçants présents ou représentés à la réunion :

Abeillard de Vasconcellos.

Adriano Julio Coelho.

Alberto Guedes Coutinho Garrido (Dr.)

Alfredo César Brandão (Dr.)

Alfredo Mendes da Silva.

Amâncio d'Alpoim Cerqueira Borges Cabral.

Antonio Elyseu de Macedo.

Antonio Ferreira Lima.

Antonio de Moraes.

Antonio Osório Sarmento de Figueiredo (Dr.)

Antonio da Silva.

Antonio da Silva Gouveia.

Augusto d'Albuquerque.

Banco Nacional Ultramarino (Banque Nationale Coloniale).

Bernardino Ferreira dos Santos.

Bernardo de Figueiredo de F. Freire (Prado).

Claudina Freitas Chamiço.

Compagnie Agricole de l'île de S. Thomé.

Compagnie Agricole de Praia-Grande.

Compagnie de l'Ile du Prince.

Compagnie de la Roça Vista Alegre.

(1) Le Marquis de Valle Flor et Salvador Levy durent s'absenter hors du pays avant le jour indiqué pour la conférence et ils ont été remplacés par Henrique José Monteiro de Mendonça et Nicolau Mac Nicoll.

Comte d'Almeida Araújo.

Costa & Braga.

Eduardo A. Pereira.

Entreprise Agricole de l'Ile du Prince.

Francisco Mantero.

Francisco Mendes Loja.

Jacob Levy Azancot.

Joaquim d'Ornellas e Mattos.

José Ferreira do Amaral.

José Paulo Monteiro Cancella.

José Rodrigues Simões.

Leão Amzalak.

Lima Gama.

Lourenço José Monteiro.

Luiz Gonçalves Santiago.

Luiz Virgilio Teixeira.

Macedo & Coelho.

Manuel Ferreira Lima.

Manuel da Graça Costa e Silva.

Manuel Jorge Bachá.

Manuel dos Santos Fonseca.

Marianno Ferreira Marques.

Marquis de Valle Flor.

Mendes Lopes e Araújo.

Nicolau Mac Nicoll.

Pinto & Albuquerque.

Salvador Levy.

Société d'Agriculture Coloniale.

Société Monte Forte.

Silva Gouveia & C.a

Vicomte de Cantim.

La conférence avec William A. Cadbury, qui se fit accompagner de Joseph Burtt, a eu lieu le 28 Novembre 1907, dans une salle du Centre Colonial, et commença par la lecture des deux lettres de Cadbury, de la même date, et qui suivent.

Lisbonne le 28 Novembre 1907.

Aux propriétaires des plantations de cacao de S. Thomé et du Prince.

Messieurs ,

Je vous remercie de vous être réunis ici aujourd'hui, et de me donner ainsi cette occasion d'exprimer l'opinion de ma maison et celle d'autres maisons fabricantes de cacao que j'ai mentionnées dans ma lettre du 1 2 courant.

Lors de ma première visite à Lisbonne en 1903, quelques-uns des principaux propriétaires de l'île de S. Thomé, que j'ai eu l'honneur de voir, me questionnèrent sur l'authenticité de bruits que j'avais entendus, et que j'ai répétés en leur présence, au sujet des conditions du travail indigène dans les plantations de cacao, aux îles de S. Thomé et du Prince, et sur les procédés employés pour recruter cette maind'œuvre sur le continent africain. Je dus admettre alors que j'avais seulement quelques rares preuves susceptibles de confirmer la véracité de pareils bruits et c'est pourquoi j'acceptai avec d'autant plus d'empressement l'invitation que vous nous aviez faite de vous envoyer un de nos représentants pour faire une enquête. Comme je ne pouvais pas disposer du temps nécessaire pour apprendre le portugais et faire moi-même cette enquête, nous demandâmes à Mr. José Burtt, mon ami personnel, éprouvé par vingt années d'amitié, mais absolument étranger à l'affaire du cacao, d'entreprendre pour nous ce travail. Son enquête dura près de deux ans. Le docteur W. Claude Horton, de Brigton, accompagna notre représentant pendant toute sa traversée de l'Angola.

Déjà dans ma lettre j'ai profité de l'occasion de vous remercier ainsi que vos agents pour toute l'amabilité que vous avez témoignée à Mr. Burtt. Je vous renouvelle ici ces remerciements, profondément touché de cette magnanime hospitalité, qu'en Angleterre nous avons pris l'habitude de rapprocher toujours du nom de Portugal.

Le rapport de MMrs. Burtt et Horton a déjà été remis entre vos mains; c'est pourquoi je puis m'abstenir de le suivre dans ses nombreux détails.

Ce rapport, en somme, établit pour nous les faits suivants:

Le plus grand nombre des indigènes d'Angola qui sont emmenés à S. Thomé sont conduits vers la côte et embarqués pour les îles contre leur gré ; donc, lorsqu'ils se laissent engager à la côte, c'est violentés par la force des circonstances et non par un acte de leur libre volonté.

Les bonnes lois qui établissent le rapatriement sont toujours lettre morte et par conséquent les travailleurs sont encore privés de leurs bienfaits, car, à l'exception de Cabinda, l'on n'a jamais fait le rapatriement des indigènes de S. Thomé à Angola.

En outre des preuves évidentes et des statistiques de la vie humaine que l'on possède maintenant, il y a et il y aura toujours, tant que vous n'introduirez pas le travail libre, d'innombrables «attentats contre les personnes des indigènes», qu'il est impossible de découvrir, mais qui sont la conséquence inévitable du système actuel.

Je désire me référer maintenant au chapitre du rapport de Mr. Burtt relatif aux îles. Il nous a été fort agréable de pouvoir noter que le traitement des travailleurs dans les îles est dans beaucoup de plantations excellent. Nous avons lu également avec beaucoup d'intérêt la publication en anglais intitulée «Les plantations de Boa Entrada» et nous en avons fait circuler quelques exemplaires parmi nos amis.

Nous nous réjouissons vivement qu'en ce moment le public anglais ait cette occasion d'étudier un si bon exemple d'excellent traitement dans une plantation de S. Thomé. Mais le taux de la mortalité, même dans cette plantation modèle, si l'on considère qu'il s'agit d'une population adulte, est effrayant, bien que ce bon et généreux propriétaire y fasse, nous en sommes convaincus, tout ce qui est possible pour le diminuer.

Or, en admettant que toutes les plantations aient également une direction exemplaire, il n'en est pas moins certain que le système que vous appliquez dans les îles produit une mortalité très élevée, et que la natalité est si restreinte que tous les ans il faut importer des milliers de travailleurs pour remplacer ceux qui meurent.

Le médecin d'une des plantations les mieux administrées affirme que les principales maladies causant la mort des travailleurs sont l'anémie et la dysenterie, maladies particulières aux peuples qui se trouvent dans un état de dépression mentale. 11 est établi aussi que la mortalité est plus grande chez les indigènes récemment arrivés et c'est justement ce à quoi l'on devait s'attendre, sachant que cette population est arrachée violemment de ses demeures pour aller travailler bien loin, au milieu de l'océan, sans aucun espoir de retour dans son pays.

Il est inutile de répéter l'affirmation que, à l'exception des indigènes de Cabinda, il n'y a pas de rapatriement vers Angola. Les vapeurs, qui partent chargés d'indigènes pour S. Thomé, n'en ramènent aucun dans leur pays. Tant que cet état de choses durera, il n'y a pas d'argument capable de prouver au monde que ce travail est un travail libre.

Il y aura bien des choses à modifier avant que les choses soient absolument parfaites et les réformes ne peuvent jamais s'opérer en une seule fois, mais il y a deux garanties essentielles de la liberté qui doivent être octroyées immédiatement. Ces deux garanties sont: — contrat libre et rapatriement également libre.

Ceci n'est point chose impossible et la preuve en est que la loi l'ordonne et que, pour sa gloire, la province portugaise du Mozambique l'accomplit. Bien que le travail dans les mines soit plus difficile que dans les plantations de cacao, il y a toujours une foule d'indigènes prêts à s'engager au Mozambique pour aller travailler,

pendant un temps limité et pour un salaire raisonnable, aux mines du Transvaal. Les colonies anglaises des Indes Occidentales traitent avec le gouvernement de l'Inde pour le recrutement de bras, et des milliers de coolies, hommes et femmes, sont emmenés à travers deux océans, mais après cinq ans de service, ils retournent avec leurs familles dans leur pays, emportant avec eux de bonnes sommes d'argent.

Une fois le système de rapatriement établi, les indigènes qui retourneront dans leur pays, hommes, femmes et enfants détermineront la confiance chez leurs amis en faveur du travail dans les plantations. Les îles ne seront plus considérées comme des sépultures d'où personne ne revient. La bonne alimentation, le travail modéré et le bon traitement à la plantation de «Boa Entrada» et à d'autres seront autant de sujets de conversation dans les villages de l'intérieur. Le travailleur rapatrié sera le meilleur agent de l'émigration et il ne manquera pas d'indigènes qui s'offriront et qui partiront joyeux et librement, parce qu'ils sauront qu'ils pourront revenir avec quelque argent au milieu de leurs amis. S'ils arrivent de leur plein gré dans les plantations, les cas d'anémie et de dysenterie diminueront et les travailleurs se porteront mieux de corps et d'esprit, dans l'espoir du retour. Dans toute plantation où le traitement ne sera pas encore parfait, il faudra établir une meilleure direction parce que le propriétaire saura que les travailleurs répandront partout les nouvelles des bons ou des mauvais traitements.

Ce que nous vous demandons, ce n'est pas quelque nouveau principe de liberté inconnu des portugais. Il y a bien des années que le Portugal s'honora en signant avec l'Angleterre et les principales puissances l'Acte de Bruxelles, «animé de la ferme volonté de protéger efficacement les populations indigènes de l'Afrique» et d'en finir une bonne fois dans ses possessions avec les restes de l'esclavage.

Nous sommes persuadés que les abus qui se produisent encore dans la province d'Angola n'indiquent pas le moins du monde que la nation portugaise ait abandonné ce haut idéal de liberté; ce ne sont au contraire que les derniers vestiges d'un mauvais système que tous vous déplorez et que, nous en sommes sûrs, vous extirperez d'une main vigoureuse pour que jamais plus on ne puisse associer le mot esclavage au nom glorieux du Portugal.

Nous avons toujours acheté le cacao de S. Thomé et dans l'espoir de continuer pendant de longues années notre amitié commerciale, nous vous conseillons de nouveau de faire les réformes nécessaires, qui certainement aboutiront si dans toute la province d'Angola et dans les îles on établit les principes du travail libre et du libre rapatriement.

Dans les journaux portugais l'on a publié des affirmations sans fondement sur notre objectif, ce qui fut dû certainement au manque d'informations de notre part. L'idée de rivalités commerciales est aussi absurde et aussi éloignée de la vérité que l'idée des industriels anglais du cacao de vouloir acheter les plantations de S. Thomé. Nos capitaux nous sont nécessaires pour notre affaire. Il y a beaucoup d'autres affirmations qui dénaturent nos intentions dans un sens défavorable, toutes, supposons-nous encore une fois, dans l'ignorance de toute la question et comme nous les trouvons si hors de propos, nous espérons que vous nous pardonnerez de les mettre de côté.

L'abondance de la production de bon cacao est un avantage pour les industriels et nous ne pouvons donc que nous réjouir de la continuation du progrès des plantations de S. Thomé.

Malgré tout ce qu'il nous en coûtera de cesser d'acheter votre excellent cacao, et même dans la conviction que cela nous sera préjudiciable, il faut que je vous dise, au moins au nom de ma propre maison, que notre conscience ne nous permettra pas de continuer à vous acheter la matière première pour notre industrie si nous n'avons pas la certitude qu'à l'avenir elle sera produite par un système de travail libre.

En terminant nous demandons une action immédiate et nous l'attendons avec confiance des agriculteurs qui sont parvenus par leur intelligence et par leur énergie à élever en une génération l'île de S. Thomé à la hauteur d'une colonie de premier ordre, et qui sauront compléter leur œuvre en collaborant avec leur gouvernement à extirper de leurs plantations ces restes de mauvais systèmes et à établir dans la province d'Angola un modèle de vraie liberté, digne de la patrie qui la première s'aventura sur les côtes africaines et qui est encore aujourd'hui une des principales puissances coloniales du monde.

Avec l'assurance de toute ma considération, je me dis, pour les industriels anglais du cacao etc. . . .

William A. Cadbury.

Lisbonne le 28 Novembre 1907.

Aux propriétaires des plantations de cacao de S. Thomé et du Prince.

Messieurs,

Bien que je n'aie pas eu le temps de consulter mes amis d'Angleterre depuis que j'ai reçu, il y a quelques jours, votre réponse à notre rapport concernant le travail des ouvriers agricoles à S. Thomé, je l'ai cependant lue et étudiée très attentivement.

Cette réponse traite avec une certaine étendue des droits d'une nation sur les indigènes de ses colonies.

Il me semble que vous entendez y suggérer l'idée que toute nation a le droit de déplacer les indigènes de l'une quelconque de ses colonies pour les transporter dans d'autres de ses possessions et les y conserver toujours.

Il est de mon devoir de manifester ma forte opposition à un tel principe et je doute même que les agriculteurs de S. Thomé aient l'intention de demander à leur gouvernement de mettre une telle théorie en pratique dans ses colonies.

Quant à la visite de Mr. Burtt aux îles, je vous demande la permission de vous rappeler que le but de sa visite a été clairement expliqué aux propriétaires résidant à Lisbonne et que ces mêmes propriétaires ont eu la bonté de lui fournir treize lettres de présentation afin de lui faciliter son enquête en Afrique. En voici une à titre d'exemple des autres:

«Monsieur Paulo de Mello Magalhães — S. Thomé. — Je prends la liberté de vous présenter Monsieur José Burtt qui se rend à S. Thomé en mission d'étude pour se rendre compte de la manière dont le travailleur est traité dans cette province.

Je signe comme toujours avec la plus grande estime

Votre ami dévoué et obligé, Comte de Valle Flor.»

C'est avec plaisir que j'enregistre votre affirmation que l'introduction de mesures de votre gouvernement pour assurer un système satisfaisant de réformes, vous serait agréable et favoriserait vos intérêts.

Je désire terminer en vous répétant une fois de plus ma conviction que les intérêts des industriels du cacao sont identiques à ceux des propriétaires des plantations et mon seul désir est de vous voir aider votre gouvernement à établir un système de travail sur une base juste et durable qui serve à avantager et à assurer vos intérêts financiers, le bien-être des indigènes et l'honneur du Portugal.

Veuillez agréer l'expression de toute ma considération,

William A. Cadbury.

Lisbonne le 4 Décembre 1907.

Monsieur William A. Cadbury:

Au nom de votre honorable maison commerciale et au nom de celles de vos collègues Fry & Co. et Rowntree & Co., vous avez sollicité une conférence avec nous en présence de Mr. Joseph Burtt, pour causer sur des questions qui intéressaient les dites maisons et les agriculteurs de S. Thomé et du Prince, et en même temps que votre lettre vous nous avez envoyé un «Rapport sur les conditions des travailleurs noirs employés dans les plantations de cacao de S. Thomé et du Prince, et la manière de les obtenir dans l'Angola», rapport écrit par Mr. Joseph Burtt.

Comme vous nous aviez fixé le 28 Novembre pour la conférence, nous nous sommes réunis ce jour-là à midi dans la salle du Centre Colonial de cette ville et après que vous nous eûtes présenté les excuses de vos collègues qui n'avaient pas pu comparaître, spécialement de Mr. Fry qui aurait beaucoup désiré assister à cette réunion mais qui avait dû entreprendre un voyage en Australie, vous avez inauguré les travaux par la lecture, que l'interprète, Mr. Silva, nous fit, de deux lettres écrites en portugais, dont la première était un exposé sur le thème annoncé dans votre lettre d'invitation, et la seconde une réponse au mémoire qui avait été rédigé au nom des agriculteurs de S. Thomé et du Prince, pour réfuter le rapport de Mr. Burtt.

Tous ces documents sont aujourd'hui du domaine public.

Une large discussion s'est ouverte sur les trois documents que vous nous avez présentés; tous les points qui nécessitaient une explication et une réponse ont été expliqués par Mr. Burtt et par vous et nous avons répondu.

Nous allons donc condenser dans un bref résumé ce qui s'est passé dans cette conférence, dans l'impossibilité matérielle où nous nous trouvons de la reproduire en son entier, et ce sera la meilleure manière de répondre par écrit à vos lettres et au rapport de Mr. Burtt.

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