A. — PETITE CULTURE
Ces parcelles sont souvent fort peu élenJncs. Ainsi h Donibur^j, station snr le Maut-Surinam, le total des parcelles concêd('»es est de 300 hectares d'un seul tenant et chacune d'elles est de !2 hectares au plus. Un même concessionnaire peut, il est vrai, en obtenir plusieurs. Le réyime de ces concessions est le suivant : Jl y a deux caté- {fories de terres, les unes destinées à être louées, les autres à être vendues. Les concessionnaires sont de petits cultivateurs noirs, coolies ou chinois.
a) Terres à louer. — Ce sont les lerres comprises dans les villages. Le concessionnaire en reçoit le libre usa(;e pour six ans, après quoi il a l'immeuble en location moyennant une redevance annuelle.
b) Terres à vendre. — Ce sont les terres non comprises dans les périmètres des villages. Le concessionnaire en reçoit là encore le libre usage pour six ans, après quoi il en acquiert la propriété, s'il justifie avoir rempli certaines conditions de mise en exploitation ou en culture. Si ces conditions ne sont pas remplies, la terre peut lui être cependant laissée en location. Enfin, si, dès le début, le concessionnaire a mis en valeur une Fraction très notable, il peut obtenir la propriété définitive au bout de deux ans. D'ailleurs il reste bien entendu que toutes ces concessions, en cas de non culture ou de mauvaise culture, peuvent être retirées à toute époque, bien avant les six années fixées par le délai.
B. GRANDE CULTUME
Les plantations sont d'immenses domaines possédés par des capitalistes qui les exploitent au moyen des immigrants coolies que leur fournit la colonie. Leur origine
remonte à un ou deux siècles et elles ont été alors données en toute propriété. Beaucoup portent encore des noms français et révèlent le plus souvent la trace d'une secte de protestants français qui vint se réfugier à Suriname, les labadistes : ainsi La Rencontre, Chatillon, etc. Après Taffranchissement des noirs, beaucoup de ces domaines ont été complètement abandonnés. Lorsqu'on voulut accorder des terres à la petite culture, on se trouva en face d'une situation analog^ue à celle qui motiva en Guyane française le décret du 3 avril 1900 et on dut prendre des mesures analogues. En remontant le Suriname ou son affluent, le Para, on ne voit guère plus que des pinots (espèces de palmiers très serrés ne fournissant pas de fruits), ou des mauriccs, autre espèce de palmier à aspect différent : et cependant tous ces terrains sont des plantations, sur la carte du moins. Aussi n'en accorde-t-on plus guère en concession, tout capitaliste n'ayant que l'embarras du choix pour acheter d'immenses surfaces, bien situées, riches, mais rendues à la végétation tropicale faute de brus pour les cul li ver.
G. — MINES d'or et concessions DE MINERAIS
Ici, changement de région : pour s'y rendre, il faut remonter plusieurs jours durant les rivières Maroiii, Avva on Lawwa, Tapaiiahoni, Gouimeiiyne, Suriname, Saraniacca, etc.- Les concessions des mines et des minerais divers sont données pour une période de un à quarante ans : elles sont renouvelables. Ces concessions donnent le droit de fouiller le terrain, mais elles ne peuvent constituer un droit de propriété du sol supérieur et, par conséquent servir à d'autres exploitations. Toutefois, pendant la durée de la concession minière, le sol et les produits qui y poussent ne peuvent être concédés à qui que ce soit, sauf au concessionnaire du sous-sol.
ANNEXES 16a
Formalités. — Le solliciteur établit une demande sur papier timbré de fr. 30 avec croquis ou plan des terrains désignés. Ce dossier est examiné par le gouvernement qui accorde ou qui refuse. En cas de refus, Tavis du conseil privé est nécessaire et les motifs du refus doivent toujours être notifiés au demandeur; cette dernière formalité a été instituée afin d'empêcher les donations de faveur.
Redevances, — Elles sont ainsi fixées :
1" et 2» année, l'hectare 10 cent» (0 fr. 20)
3e et 4* — — 25 cents (0 fr. 50)
4* année et suivantes, l'hectare. . 50 cents (1 fr. » )
11 y a^ en outre, un droit de découverte de l'or qui se confond avec l'entrée à Paramaribo. C'est plutôt un droit d'écoulement de Cor, car, pour venir des placers et atteindre les lieux où on peut lui trouver des débouchés, Tor doit traverser une série de postes étages sur le chemin des placers. Cet impôt d'entrée est de fr. 14 pour un gramme, (7 cents.)
Personnel dans les placers. — La main-d'œuvre dans les placers est sensiblement aux prix suivants, prix faits avec nourriture :
Ouvriers nourris 2 fr. 50 par jour.
Conducteurs nourris .... 200 à 300 francs par mois. Ingénieurs nourris 10 à 20.000 francs" par an.
Les ouvriers sont des hommes de couleur, au nombre de î2,500 environ. Les conducteurs de travaux sont créoles. Les ingénieurs sont des Européens ou des Américains de nationalités diverses. Le nombre des placers concédés est d'environ 400, celui des placers en exploitation de 200. Le maximum des concessions est de 200 hectares; mais il n'y a pas de minimum. Les transports par pirogues, bateaux, etc., dans un rayon de huit à dix jours se montent à cent francs la tonne environ. Le gouvernement accorde des permis
170 LA MAIN-D'OEDVUE DAISS LES GUYANES
d'exploration dans les endroits non concédés. Les droils perçus pour la délivrance d'un tel permis sont de sept francs par permis et la durée en est fixée pour une période de quatre mois à douze mois. Ce permis porte sur 20,000 hectares, avec (j^arantîe de concession pendant la période des recherches, de façon que le prospecteur ne puisse pas être frustré des résultats de ses recherches par un tiers. L'inscription au re^jistre des recherches donne droit à une concession de priorité pendant quarante-huit heures, cela, pour permettre au solliciteur de se procurer l'argent nécessaire etdefournir les pièces dudossier: demandes, plans, etc. Tel est le régime des mines d'or et autres minerais. On emploie dans les placers le ^meux appareil connu sous le nom de Long-Tom; on y broyé beaucoup de quartz aurifères. Mais, le grand obstacle qui s'oppose au bon fonctionnement de cette industrie est la pénurie d'eau sur les placers; l'eau manquant, on ne peut plus actionner les machines ou laver les minerais, on arrête le travail, et pendant ce temps, les frais généraux énormes courent toujours. On a conçu de grands espoirs sur ces placers, mais il semble qu'il faille être très prudent à cet égard. Telle a toujours été la conduite de la banque deSuriname, dont le directeur est M. Van Eweld, consul de France. La plus sérieuse et la plus importante de ces entreprises semble être la Compagnie françaises des mines d'or de la Guyane hollandaise (placers de l'Awa) dont l'agent général est M. Bosch (1 ).
D. — CONCESSIONS d'exploitation de balata
Elles se trouvent dans les mêmes régions que les placers, souvent attenantes, parfois enchevêtrées, quelquefois plus
(i) Dans tout ce qui précède^ nous avons, pour simplitier les calculs, considéré un florin comme 2 francs, au lieu de 2 fr. 10 ; en réalité, les chiffres sont légèrement plus élevés que ceux que nous avons indiqués.
rapprochées de la mer. Le régime de ces concessions est sensiblement le même que celui des mines. Il est réglé par une ordonnance du 21 janvier 1893. Nous retrouvons là encore une redevance annuelle de 10 cents (0 fr. 21) par hectare, portant sur le fonds qu'il soit exploité ou non. L^exploitation de la gomme de balata doit être ménagée de façon à conserver les arbres et ne pas dégrader les essences précieuses de la forêt ainsi concédée.