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8 LA main-d'œuvre industrielle dans l'ancienne PtRÈCE
des Achéens essayer de rivaliser avec ces modèles , parfois en y ajoutant une pointe d'originalité, qui était leur marque personnelle et comme leur signature '.
Ainsi, à l'époque mycénienne, on devine Texistence en Grèce de deux catégories d'artisans : d'une part des étrangers venus de force ou attirésparl'appât du gain, de l'autre desgens du pays, plus nombreux et moins expérimentés. Chacune d'elles comprenait à la fois des esclaves et des hommes libres, et, parmi ces derniers, beaucoup étaient réduits par intervalles à la servitude temporaire de la corvée. L'industrie n'était pas partout également prospère. Très active dans les Etats riches, comme l'Argolide et la Béotie, elle était encore rudimentaire dans les contrées pauvres, comme l'Attique. Elle avait d'ailleurs, à bien des égards, un caractère domesti([ue ; car il y a grande apparence que les vêtements communs, par exemple, et les meubles ordinaires, étaient fabriqués dans l'intérieur de chaque famille. Par contre, on travaillait déjà pour l'exportation; on expédiait fort loin, jusqu'en Egypte, en Italie, et peut-être en Espagne, des céramiques chargées sur des navires phéniciens -, et si nous ne connaissons pas exactement les ateliers d'où partaient ces poteries, nous savons en tout cas qu'ils étaient situés dans le bassin de la mer Egée.
Vers l'année il 00 survint un événement qui s'appelle l'invasion des Doriens dans le Péloponnèse. Ce ne fut pas, comme on l'a cru souvent, le brusque débordement d'un flot de barbares, ni l'assujettissement soudain de la Grèce méridionale à une armée conquérante. Les Doriens arrivèrent par bandes successives et isolées ^. Pendant un siècle ou deux, il v eut une infiltration lente, mais continue, de nouveaux éléments de population, qui de gré ou de force se firent une place au milieu des anciens habitants'' et finirent par les dominer complètement. Les .Vchéens ne furent ni exterminés ni expulsés en masse ; mais les opulentes dynasties qui les avaient gouvernés jusque-là succombèrent l'une après l'autre, entraînant dans leur chute les aristocraties qui partageaient avec elles le pouvoir et la richesse.
Il en résulta un appauvrissement graduel de la contrée, et,