IJ., I, p
6. Hypéride, Contre Alhpiiogf'ne, VII, 1. J'ai suppose ailleurs [Propriété foncière, p. 27o), avec M. Caillemer, ([ue Tacquéreur était libre de garder l'esclave, moyennant une indemnité. Mais cela n'est point démontré (Beauchet, IV, p. 1.j4).
7. Platon, Lois, XI, p. 916. II y a dans ce passage beaucoup de détails de son invention.
8. Beloch, Die Bevôlkerung cler f/r.-rôin. Well, p. 500. Je néglige dans son tableau la Macédoine.
lOi LA main-d'œuvre industrielle dans l'ancienne GRÈCE
aucun esclave, et en outre parce qu'il est en désaccord formel avec les témoignag-es d'Aristote, de Timée et de Ctésiclès qui attribuent respectivement à Egine quatre cent soixante-dix mille esclaves, à Corinthe quatre cent soixante mille, et à l'Attique quatre cent mille'. M. Belocli, jugeant ces nombres très exagérés, les réduit considérablement, dans la pensée que les textes de ces auteurs ont été mal reproduits, et il donne à l^gine soixante-dix mille esclaves, à Corinthe soixante mille, et à l'Attique cent mille '-. Mais ce sont là des rectifications tout à fait arbitraires. J'ai pu moi-même démontrer ailleurs, d'après Hypéride^, que la population servile de l'Attique dépassait de beaucoup cent cinquante mille âmes^. Au fond, le problème est insoluble. On a cette impression générale que les esclaves étaient bien plus nombreux en Grèce que les hommes libres ; mais il est impossible de rien affirmer de plus.
Les esclaA'es avaient des origines très diverses. Si l'on fait abstraction de ceux qui naissaient dans la maison de leurs maîtres, on remarque que les Grecs étaient parmi eux en petite minorité. Dans les actes d'affranchissement, par exemple, on en compte peu qui soient de race hellénique. Sur un total de cent vingt-quatre esclaves, dont la patrie nous est révélée par le recueil de Wescher et Foucart, vingt-quatre appartiennent à la Grèce propre, et huit sont issus de l'Epire et de la Macédoine, contrées à demi hellénisées. C'est surtout à l'étranger que se recrutait la population servile. Dès le milieu du ix'' siècle, le prophète Joël reprochait aux Tyriens « de vendre les enfants de Juda et de Jérusalem aux enfants des Javanim (Ioniens^'). » D'après l'historien Théopompe, les Chiotes furent les premiers à acheter en masse des Barbares pour leur usage''. Quelle que soit la valeur de cette assertion, il est positif que les Grecs s'accoutumèrent de plus en plus à importer du dehors le personnel dont ils avaient besoin, et Démosthène constate un fait notoire, lorsqu'il dit que, de son temps, les Athéniens tiraient leurs esclaves des pays barbares^.