‹ La main-d'œuvre industrielle dans l'ancienne GrèceChapitre 121 sur 235 · XII. — Gliralu. — La main-d'œuvre · texte numérisé non relu

XII. — Gliralu. — La main-d'œuvre

114 LA mai.n-d'(i:lvri-: i.ndlstuiklij; da.ns l a.ncœ.n.ne grèce

pouvait jamais être astreint à une réparation pécuniaire. « Voulez-vous savoir, dit Démostliène, la différence qu'il y a entre la liberté et la servitude? La plus notable consiste en ceci que le corps de l'esclave répond de ses méfaits, au lieu que l'homme libre en répond presque toujours sur ses biens'. » De là vient que pour un même délit l'homme libre était frappé d'une amende, et l'esclave d'un châtiment corporel-. S'il arrivait que Tesclave fût condamné à une amende ou à des dommagesintérêts, le maître les payait, et le seul moyen pour lui de se soustraire à ce devoir, c'était d'abandonner l'esclave à la partie lésée. A Andanie, l'esclave qui avait volé pendant les fêtes de Déméter était fouetté et remboursait le double. « S il ne remboursait pas, le maître le livrait au volé, afin que ce dernier le fît travailler pour lui ; sinon, il restituait lui-même la somme dérobée •^. » A Gortyne, l'esclave saisi en état d'adultère avec une femme libre était forcé d'indemniser le mari; mais le maître était civilement responsable, et s'il ne s'exécutait pas, l'offensé s'appropriait l'esclave coupable, et le traitait comme il l'entendait^. A Athènes enfin, la loi imputait au maître « les amendes encourues par ses esclaves et les délits commis par eux ' ».

Quant aux obligations contractuelles de l'esclave, il est clair qu'elles incombaient également à son maître ; car comment les aurait-il remplies, lui qui n'avait rien? C'est ce qui ressort nettement du plaidoyer d'Hypéride contre Athénog-ène. L'esclave Midas gère au nom de cet individu un commerce de parfumerie, et en cette qualité il fait des dettes. Or il est manifeste que le vrai débiteur est Athénogène, puisqu'il a recours aux manœuvres les plus déloyales pour se débarrasser d'un fonds chargé d'un si lourd passif.

Au reste, l'esclave était incapable d'ester devant les tribunaux, tant au civil qu'au criminel''. S'il était impliqué dans un procès, son maître se substituait à lui. Son témoignage même n'était

1. Démosthène, XXII, îJîi: To?; alv oojXoiç tÔ Twtia Tôiv à8tZTiij.xTiiiv ii;:âvTojv •j-£y6uvdv siT'., Tol; o' sÀEuôspoi;, xav ta ixiyiix' aTu/toaiv, touto y' ïvsarv aoj'ja'." £t; -/yr[ij.x-x yàp oiy.r,v -spl T(ov TuXstaTwv -apà to'jtwv TïpoJTi'xî'. ÀaaSavt'.v.

2. CIA, II, 841; Michel, 694 (Foucart, Inscr. du Pélopon., 320 a), 1. 79.

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