Loi de Gorlyne, II, 2o et suiv
5. Contre Athénogène, X, 13-15 : Ta; ÇT)([i.taç a; av) Ipyot^iovra'. oî oizsxat zaï à([jiapTr||j.)a-a otaXûsiv tÔv Bs^roTr^v. Cf. Démosthène, LUI, 20.
6. AoTÉov ajvrlyopov tw oojXfo ot'. à-po'ato-o; lit'. (^Grégoibe de Corinthe, dans ^VALZ, Rhetores grneci, VII, p. 1283).
iAsclayage; llo
valable, sauf en matière de meurtre', que s'il avait été arraché par la torture; telle était du moins la règle à Athènes 2,
D'après Aristote, il ne peut y avoir de relations de justice entre le maître et l'esclave, vu que l'esclave est « une partie de son maître ». Le maître est pour l'esclave « ce que l'âme est pour le corps, ce que l'ouvrier est pour son outil ». Entre eux (( il n'y a pas de véritable association » ; car il n'y a point là deux êtres, mais un seul. « Le corps est l'instrument cong-énial de l'âme ; l'esclave est comme un instrument séparable du maître, et l'outil de l'ouvrier est une espèce d'esclave inanimé. » Est-ce à dire que le maître soit libre de faire de l'esclave ce qu'il lui plaît? Nullement. Bien que l'outil n'existe que pour l'avantag-e de celui qui l'emploie, « on en prend soin dans la mesure qui convient pour l'ouvrage qu'on accomplit ». C'est ce principe qui régit les rapports de lame avec le corps, du maître avec l'esclave. L'intérêt de la partie et l'intérêt du tout étant identiques, il y a au fond harmonie, et non pas antag'onisme, entre l'esclave et le maître, comme entre le corps et l'âme. Nuire à l'esclave, c'est nuire au maître, et si le maître porte préjudice à l'esclave, il se porte en quelque façon préjudice à lui-même -^
Ces considérations philosophiques avaient sans doute peu d'action sur le vulgaire ; seuls, quelques esprits d'élite y étaient peut-être sensibles. Chacun se conduisait à sa manière avec ses esclaves, et s'il y avait des maîtres humains, il y en avait aussi de cruels, La condition des esclaves dépendait tout à la fois du caprice de leurs maîtres et de l'état général des mœurs. C'est chez les Athéniens, paraît-il, que leur sort était le plus doux. Un écrivain de la fin du v*" siècle constate les ménagements qu'on y avait pour eux, et son lang-age montre qu il n en était pas de même partout, principalement dans les cités aristocratiques^.
L'esclave pourtant n'était pas à la merci de son maître. La loi n'oubliait pas que cet objet de propriété était après tout un être humain, digne par conséquent de quelques égards, et elle lui assurait certaines garanties.
« L'homme libre et l'esclave, dit Euripide, sont pareillement protégés chez nous par la législation sur le meurtre '. » Cela