‹ La main-d'œuvre industrielle dans l'ancienne GrèceChapitre 144 sur 235 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

L'État usait parfois de sa toute-puissance pour affranchir des esclaves privés', au lieu de se borner à aiîranchir les siens-. Telle fut la récompense octroyée par les Athéniens aux esclaves qui avaient combattu aux îles Arg-inuses"^. Après Chéronée, on promit vme faveur pareille à ceux qui contribueraient à la défense nationale ; mais la prompte signature de la paix empêcha l'exécution de la loi '*. Pendant un siège qu'ils eurent à soutenir, les Rhodiens firent espérer la liberté aux esclaves qui montreraient le plus de vaillance •"'. Justin raconte que le tyran de Syracuse Agathocle enrôla en vue d'une expédition contre Carthage tous les esclaves qui avaient 1 âge militaire, après leur avoir procuré la liberté ^. Lors de la lutte suprême des Achéens contre Rome, Diaeos leur chef prescrivit aux cités de la ligue de choisir chez elles 12.000 esclaves, de les affranchir, et de les envoyer en armes à Corinthe^. D'après Aristote, les Samiens, pour accroître le nombre des citoyens que les tyrans avaient par trop réduit, promurent à cette dignité tous les esclaves qui furent capables de verser cinq statères par tête ^. On remarquera que ces mesures furent toujours adoptées dans des circonstances critiques. De

\. Voir Alfred Croiset, De l'affranchissement des esclaves pour faits de guerre [Mélanges Weil, p. 67-72).

2. Exemple d'un affranchissement en masse des esclaves publics : Michel, 518, 1. 26 (Pergame en 133 av. J.-C).

3. ScHOL. d'Aristophane, Grenouilles, 1H^. Cf. Xénopuon, Helléniques, I, 6, 24. Il n'est pas sûr que la même chose ail eu lieu lors de la bataille de Marathon (G. Foucart, De liherloruni condiliune apud Athcnicnscs, p. 2).

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