‹ La main-d'œuvre industrielle dans l'ancienne GrèceChapitre 164 sur 235 · IJ, I, p · texte numérisé non relu

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LE TRAVAIL LIliRE loo

eux. Dicéarque ne voyait pas en Béotie d'endroit où les étrangers eussent plus de sécurité qu'à Tanagra, peut-être parce que les indiiJ:ènes leur abandonnaient les métiers industriels'. Polvcrate attira à Samos beaucoup d'ouvriers du dehors par l'appât d'un fort salaire'-^. Solon défendit aux Athéniens d'accorder le titre de citoyen aux étrangers, sauf à ceux qui se fixeraient en Attique avec leur famille pour y exercer une profession stable -^ et plus tard Thémistocle fit octroyer des faveurs exceptionnelles aux métècjues qui établiraient leur industrie dans le pays''. Il était même assez fréquent qu'une cité convoquât les étrangers à ses adjudications de travaux publics, et que, non contente d'aller les solliciter surplace, elle leur payât, pour les décider au voyage, des indemnités de déplacement '. C'était là un moyen d'obtenir par la concurrence des rabais plus considérables sur les mises à prix. On voit par le contrat d'Erétrie et par le « marché d'Oxford » que ces entrepreneurs pouvaient amener avec eux des équipes d'ouvriers'*. D'ailleurs, une foule d'entre eux étaient de petits artisans.

Les égards qu'on avait pour les étrangers se mesuraient en général aux profits que l'État et les particuliers attendaient d'eux. Athènes passait pour être la cité la plus hospitalière de la Grèce, et on était unanime à dire que nulle part la vie n'était plus facile ni plus douce. C'est parce qu'elle « avait besoin de métèques pour son industrie et pour sa marine ^ ». Il y avait là pour elle un gros intérêt enjeu ; aussi se gardait-elle de leur infliger la moindre humiliation. Ils avaient le même costume, la même tenue, la même liberté de langage que les cito3^ens, et on leur reprochait parfois d'abuser des complaisances dont ils étaient l'objet^. S'il

1. DieÉARQUE, fr. 59, 9 (Millier) : Kat £v8taTpt(}/at SI Çévot; ài<f'xliaxâ.-:ri îj no'Àt; x(ov za-à Tr)v Botforîav. Il ajoute que les Tanagréens sont tous ■^s.<^)pyo•., oùy. IpyâTai.

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