‹ La main-d'œuvre industrielle dans l'ancienne GrèceChapitre 186 sur 235 · CIA, II, 834 bindd · texte numérisé non relu

CIA, II, 834 bindd

4. Ihid.. col. 1,1. 26 et suiv. : Tr/.TOTtv toï; -XivOoooXrJaaaiv àvopâaiv

Tpi3tv, TT,; f|;j.foa; ixâaT(;> o'i/07;(t(;)) |- ^ ||| M'.aO'oToT; toï; zXivOoçopoCîaiv xai

TZT^Koozj'j-ryjaiv zai Ta ?jXa àvay.oafîagiv zal tov •/.ipaaov , àvopaiiv £?, Tw âvôpî o'./.oaiTi;), h llb

LE TUAVAIL LIIÎKE 173

de rErechthéion sont moins sommaires. Ici chaque ouvrier est appelé par son nom; sa condition sociale y est nettement déterminée, et on note s'il travaille à la journée ou à forfait. Or nous remarquons que, même sur les chantiers de TEtat, on ne mettait aucune diiférence entre les citoyens et les métèques. Les premiers n'étaient pas mieux traités que les seconds, ni quant au salaire, ni quant à la nature de la besogne ; on n'avait égard qu'aux qualités professionnelles.

Il serait utile de rechercher jusqu'à quel point la concurrence de la main-d'œuvre étrangère nuisait à la classe des citoyens. L'épigraphie seule nous éclaire sur ce point, et encore d'une lueur très incertaine.

CIA, I, 321 : Un citoyen el son « compagnon », peut-être citoyen

comme lui. — Trois métèques.

CIA, I, 324 : ^'ingt-sept citoyens et vingt-six métèques (en laissant

de côté les sculpteurs).

CIA, IV, 2, p. 70 : Huit citoyens et sept métèques. CIA, II et IV, 834 h : Vingt-quatre citoyens et trente-cinq

métèques ^.

CIA, II, 834 c : Huit citoyens et quatorze métèques.

Si l'on compare les trois premièi-es inscriptions, qui sont de la fin du v'" siècle, aux deux dernières, qui sont de la fin du iv*", on voit que dans les deux groupes la proportion des métèques au citoyens n'est pas la même. Dans l'un, ces deux catégories de travailleurs se font à peu près équilibre ; dans l'autre, le nombre des métèques dépasse sensiblement celui des citoyens. Cela suffit-il à prouver que les étrangers tendirent de plus en plus à supplanter leurs rivaux? II serait téméraire de tirer une conclusion aussi générale des rares textes que nous possédons. Il n'y a là ({u'un indice, malheureusement bien vague, qu'on aurait tort pourtant de négliger en un sujet qui malgré tout demeure si obscur. Au surplus, il faut se garder d'en exagérer la portée. Une phrase d'Isée nous montre qu'au iv'' siècle le métier de journalier était la ressource ordinaire des citoyens tombés dans le dénuement -, et Démosthène nous informe que, malgré leur répugnance « pour les occupations serviles et basses », les Athéniens s'y résignaient volontiers, cpiand ils ne pouvaient pas faire autre-

1. Pour éviter toute cliance d'erreur, je n'ai retenu ici (jue les noms suivis de l'indication de dème.

2. IsÉE, V, 39 : Eîj ~o'j; [j.tiOwTOÙ; to'vtaî Bi'ïvBstav -wv IrAirfii'Myj ,

ment'. 11 n'est donc pas probable qu'ils se soient laissé évincer par les métèques du champ de l'industrie, d'autant plus que cette époque est caractérisée par une sorte d'appauvrissement de la société, que le sol de l'Attique n'était pas plus productif qu'auparavant, et que la vie était devenue plus chère. Aristote d'ailleurs atteste dans sa Politique, écrite vers ce temps-là, qu'à Athènes, comme dans la plupart des démocraties, ce qui prévalait parmi les citoyens en résidence à la ville, c'étaient les marchands au détail, les artisans et les ouvriers salariés '. Trois quarts de siècle auparavant, cinq mille citoyens au plus, sur une ving-taine de mille, s'adonnaient exclusivement au commerce et à l'industrie-^.

Les témoio-nao-es de l'activité industrielle des citovens sont moins abondants pour les autres contrées de la Grèce. Ici ce sont surtout des renseignements généraux qu'on glane dans les documents. Quand Xénophon nous dit que les Mégariens « vivaient de la confection des exomides ^ », il est clair que cette remarque ne s'applique pas seulement aux étrangers, mais qu'elle vise toute la population. Je présume qu'à Corinthe la fabrication des céramiques et des bronzes, dont la vogue était si considérable, n'avait pas été accaparée par les métèques ; on ne comprendrait guère dans ce cas la réputation de richesse qu'avaient Içs gens du pays. Une anecdote racontée par Polyen nous permet d'apprécier l'importance numérique des citoyens artisans dans le Péloponnèse, en dehors de la Laconie. « Pendant une expédition, les alliés de Sparte se plaignaient d'avoir été appelés en plus grande quantité que les Lacédémoniens. Agésilas les sépara les uns des autres, et les lit asseoir. Puis le héraut s'écria : «Que les potiers se lèvent ! » et beaucoup d'alliés se levèrent. On procéda de même à l'égard des forgerons, des maçons, et des divers corps de métiers, en sorte qu'après cette épreuve presque tous les alliés se trouvèrent debout, tandis que tous les Lacédémoniens étaient restés assis. On s'aperçut alors que ceux-ci comptaient plus de vrais soldats que leurs auxiliaires''. » Ce récit se place au début du iv'' siècle.

1. Démosthène, LVII, 4S : IloÀÀà ôouXi/.à /.a'i Ta-itvà -pây^j-aTa Tojr iX^jOi-

2. Aristote, Politique, VII, 2, 7 : T6 -Xffio: -ô 7oiv ,jxvaJa")v /.x: iô twv ayopaîojv avOpoi-(ov /ixl tÔ 6r,T'.xdv.

Page 1