‹ La main-d'œuvre industrielle dans l'ancienne GrèceChapitre 188 sur 235 · Strabon, VIII, p · texte numérisé non relu

Strabon, VIII, p

8. CicÉRON, Pro Flacco, 8: « Opifices et tabernarios atque illam omnem faecem civitatum. » II parle de ces gens-là à propos d'une conlio.

9. Un auteur anonyme distingue les professions servilcs et les professions libres. 11 classe dans la première catégorie les cuisiniers et les cochers, dans la seconde le yaÀ/.£j;, le azuTcuç, le -rsztfov, le 7p'j'307ooç, sans spécifier si ce sont là des citoyens ou des étrangers (Mullacu, Frafjin. des pliilus. grecs, I, p. Tj.";!).

176 LA main-d'œuvre liNDUSTRlIiLLC: DANS l'aiNCIENNE GRÈCE.

prospère et fructueuse, les citoyens ne devaient pas être assez naïfs pour en abandonner tous les bénéfices aux métèques. Les auteurs, il est vrai, ne disent pas toujours en ternies formels qu'eux aussi y prenaient part ; mais il est légitime de suppléer à leur silence. Que dans une contrée agricole la production industrielle fût surtout aux mains des étrangers, cela se conçoit à la rigueur. On conçoit également que dans les villes industrielles les citoyens préférassent la condition de patron à celle d'ouvrier. Mais, sauf de rares exceptions, Tune et l'autre étaient recherchées par eux, dès qu'ils y avaient avantage.

Plusieurs noms d'industriels et d'artisans de cette classe surnagent çà et là dans les documents, alors même qu'on néglige les artistes, que pourtant l'opinion commune confondit longtenq)s avec les artisans proprement dits.

Nous connaissons au vu" siècle un potier sicyonien, Boutades, qui plus tard s'établit à Corinthe '. Thucydide et Hérodote parlent de deux célèbres constructeurs de navires, Ameinoclès de Coi'inthe, qui vivait à la tin du viir siècle, et Rhoïkos de Samos, qui vivait au début du vi" 2. Un autre Samien, Théodoros, partage avec ce dernier l'honneur d'avoir inventé ou tout au moins introduit d'Egypte en Grèce le procédé de la fonte en forme 3. Vers la même époque f se place le bronzier corinthien Eucheiros^. Mnésarchos, le père du philosophe Pythagore, était graveur en pierres fines -^ Le potier Lykios, d Eleuthères en Béotie, donna son nom à certains vases qu'il fut le premier à modeler''. Théophraste d'Erésos était tils d'un foulon', llérondas, dans son vu'^ mime, met en scène un cordonnier de Cos non moins habile à vendre ses chaussures qu'à les fabriquer ; bien qu'il ait treize ouvriers dans sa boutique, il travaille lui-même, « cloué sur sa chaise du matin au soir », et ses clientes réclament parfois « un ouvrage de ses mains ». Parmi les cuisiniers en renom, on vantait en particulier Agis le Rhodien, Néreus de Chios et Cariadès d'Athènes, qui tous apj^aremment étaient cito^'ens dans leur pays d'origine'*. Peut-être étaitce aussi le cas de ce cuisinier d'Epidaure qui indique bravement

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