‹ La main-d'œuvre industrielle dans l'ancienne GrèceChapitre 217 sur 235 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

8. Hézyciiius, ©uXaxoçopor oi u£TaXX£Ï;. Sciiol. d'Aristophane, Plutus, 681 : AEpfxaT'.vov iKxxiov, onep OûXaxov Xc'yoaîv. Ardaillon, p. 23.

204 LA main-d'œuvre industrielle dans l'ancienne GRÈCE

teaii la paroi de la tranchée, et un autre apporte une corbeille qu'il va remplir des mottes détachées par son camarade ; un troisième soulève à deux mains une corbeille déjà pleine, et la tend à un de ses compagnons penché sur îe bord de la tranchée '. » Tous ces hommes sont nus. et deux dentre eux sont de jeunes g-arçons. M. Ardaillon incline à croire qu'il v avait des machines élévatoires, probablement des treuils, où s'enroulait ime corde qui descendait au fond du puits de sortie ; mais il avoue qu'aucun texte n'en parle -. C'est aussi à force de bras que l'ouvrier concassait le minerai dans des mortiers, à l'aide d'un pilon en fer, et qu'il faisait tourner la meule destinée à le réduire en menus fragments -^

L'outillage était tel, non seulen^ent dans cette industrie, mais encore dans toutes les autres, que l'homme était obligé de payer beaucoup plus de sa personne que chez nous. J'imagine cependant que, somme toute, il n'en résultait pas pour l'ouvrier hellénique un surcroît de fatigue. L'absence de machines avait pour etfet d augmenter le nombre des travailleurs nécessaires à l'exécution d une même besogne, et non l'elîort exigé de chacun d'eux. Là où nos puissants engins permettraient d'employer un ouvrier unique, on en employait dix ou cent, et l'équilibre se trouvait ainsi rétabli.

J'ajoute que dans les petits ateliers de la Grèce le travail était souvent plus attrayant que dans nos grandes usines. L'ouvrier y conservait plus d'initiative et d'indépendance. Au lieu d'être pris parla machine comme dans un engreiiage qui l'eût entraîné malgré lui et en eût fait presque un automate, il se sentait plus libre de ses mouvements, plus maître de son intelligence, et il avait conscience qu il entrait une part plus considérable de lui-même dans l'œuvre qu'il accomplissait. Il était en un mot un créateur, non un simple manœuvre, et il commandait à ses instruments, bien loin de leur obéir. Sa tâche en outre était plus variée, parce que le travail était moins divisé, et la diversité de ses occupations, dans le cercle un peu étroit où elles s'enfermaient, fournissait un aliment à la diversité de ses aptitudes, l'empêchait par suite de s'engourdir dans la routine, et tenait son activité et ses facultés en éveil.

Dans certains corps de métiers on avait coutume d égayer sa tâche par des chants. C'était l'usage notamment des meuniers,

1. Rayet et Coi.LtGxoN, //;.n7. (Ip la cf'rmn. grecque, p. 147 et 132.

i. AltDAILLON, p. .^7.

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