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LA VIE^DES OUVRIERS i20o
des broyeuses de grain, des baigneurs, des fileuses et des tisseuses. Parmi ces chansons, les luies remontaient à une origine très ancienne et étaient anonymes, les autres étaient attribuées k des poètes connus '. Au Pirée, on se servait de tlûtes, de fifres et de sifïïets pour donner de l'entrain aux ouvriers de l'arsenal maritime et régler leurs mouvements -. Partout enfin l'artisan avait auprès de lui les moyens de se désaltérer, comme le prouve la présence d'une amphore et d'une, œnochoé sur deux peintures de vases où sont figurées une carrière et une forge-'.
Lors même qu'il avait un emploi, l'ouvrier chômait fréquemment. A Tarente, le nombre des jours fériés finit par dépasser celui des jours ouvrables''. A Athènes les fêtes prenaient une soixantaine de jours dans l'année. Il y en avait moins, paraît-il, dans les autres cités de la Grèce ■'. Nous ignorons si dans toutes ces circonstances le repos était légalement obligatoire ; mais le Grec aimait trop à s'amuser pour négliger ces occasions de se distraire. En Attique, les artisans avaient une fête spéciale qu'ils célébraient, sous le nom de XxXxôCa, à la fin du mois de Pyanepsion (Octobre) en l'honneur d'Athéna et d'Héphaistos. Commune primitivement à tous les habitants, elle avait été restreinte aux gens de métier, surtout aux forgerons''.
L'épigraphie nous révèle dans tout le monde hellénique une multitude d'associations appelées thiases, éranes ou orgéons, qui étaient censées avoir pour objet le culte d'une divinité, et qui n'étaient guère que des réunions de plaisir '. Quelques-unes
1. Athénée, XIV, p. 618 et 619; Pollux, IV, 55; Sciiol. d'Aristophane, Gi'enouilles, 131').