‹ La main-d'œuvre industrielle dans l'ancienne GrèceChapitre 225 sur 235 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

en vertu de la loi qui de tout temps avait régi son é^»«lution, et de même qu'auparavant il avait été successivement délaissé par les nobles et par les roturiers riches, de même aussi les citoyens pauvres tendirent de plus en plus à y renoncer.

Il fallait vivre pourtant, et puisqu'on se privait volontairement de son salaire, il fallait chercher ailleurs de quoi le remplacer. On eut donc recours à l'Etat. Les individus besogneux, qui dans bien des cités formaient la majorité de l'assemblée populaire, et les démagogues qui s'évertuaient à leur plaire, organisèrent tout un système de secours publics destinés à mettre la basse classe à Tabri du besoin. J'en ai parlé plus haut ', et je n'y reviens pas ici. J'insiste seulement sur ce point que c'était là une prime à la paresse, et qu'en débarrassant l'ouvrier de l'obligation de gagner son pain, on le dispensait par cela même de travailler. Si ces secours avaient été assez abondants pour faire de lui une sorte de rentier nourri par le Trésor, nul doute qu'il n'eût cédé aux charmes de l'oisiveté. Mais comme ils étaient insuffisants pour l'entretenir, lui et sa famille, d'un bouta l'autre de l'année, il ne pouvait se reposer que d'une façon intermittente, et il était forcé de reprendre ses outils plus souvent peut-être qu'il n'eût voulu. En tout cas, ces distributions d'argent et de vivres étaient une des ressources essentielles de la classe pauvre d'Athènes, et quand elles vinrent à lui manquer en 321 après la réforme d'Antipater, une foule de citovens durent émio-rer en Thrace ''.

Il semble que les Athéniens n'aient pas été mal inspirés en imposant au Trésor une charge pareille, si onéreuse qu'elle fût ; car leur ville fut à peu près la seule en Grèce qu'épargnèrent les révolutions sociales. On sait, au contraire, que partout ailleurs ce fléau se déchaîna avec une violence inouïe à partir du ui"' siècle. Les ouvriers des villes, qui étaient la partie la plus remuante de la population, participaient activement à tous ces troubles. Leur programme était très simple : il consistait à dépouiller les propriétaires et à s'emparer de leurs biens. A Athènes, on appauvrissait graduellement les riches par les lois tîscales ; dans les autres cités, on les ruinait d'un seul coup par la violence. La mesure était ici plus radicale, sans être cependant plus eflicace. Les victimes, en effet, au lieu de se résigner à leur sort, n'avaient qu'un désir, c'était de recouvrer ce qu'on leur avait enlevé et de tirer vengeance des maux qu'elles avaient soufferts. De là une suite

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